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Église Notre-Dame de Runan en Côtes-d'Armor

Patrimoine classé
Patrimoine religieux
Eglise gothique

Église Notre-Dame de Runan

    Place des Templiers
    22260 Runan
Propriété de la commune
Église Notre-Dame de Runan
Église Notre-Dame de Runan
Église Notre-Dame de Runan
Église Notre-Dame de Runan
Église Notre-Dame de Runan
Église Notre-Dame de Runan
Église Notre-Dame de Runan
Crédit photo : Auteur inconnu - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1400
1500
1600
1900
2000
1381
Fondation de la chapelle par Jean IV
1423
Construction du clocher-porche et maîtrise-vitre
1438
Réfection du bas-côté sud et portail méridional
1552
Construction de l’ossuaire
19 décembre 1907
Classement Monument Historique
1942-1949
Sauvegarde de la maîtrise-vitre
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Eglise (cad. B 143, 142) : classement par arrêté du 19 décembre 1907 ; Clôture du cimetière : inscription par arrêté du 6 mars 1925 ; Calvaire sis à l'angle de l'ancien cimetière : classement par arrêté du 4 décembre 1951

Personnages clés

Jean IV de Montfort - Duc de Bretagne (1364-1399) Fonda une messe en 1381.
Jean V de Montfort - Duc de Bretagne (1399-1442) Finança la maîtrise-vitre et concéda des foires.
Pierre de Keramborgne - Commandeur des Hospitaliers Finança le portail sud et le bas-côté en 1438.
Henri du Parc - Seigneur de La Roche-Jagu (d. 1423) Donateur, représenté avec son épouse sur le gisant.
Catherine de Kersaliou - Épouse d’Henri du Parc Armoiries présentes sur la maîtrise-vitre.
Jules Geslin de Bourgogne - Historien du XIXe siècle Redécouvrit la maîtrise-vitre cachée.

Origine et histoire

L'église Notre-Dame de Runan, située dans les Côtes-d'Armor en Bretagne, est un édifice religieux construit entre la fin du XIVe et le milieu du XVIe siècle. Elle doit son existence à la protection des ducs de Bretagne, notamment Jean IV et Jean V, ainsi qu’à l’appui des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, dont les commanderies du Palacret et de la Feuillée. Ces protecteurs ont financé différentes campagnes de travaux, comme le clocher-porche (1423), la chapelle seigneuriale, et le portail méridional sculpté (1438), reflétant leur influence dans la décoration de l’édifice.

La chapelle initiale, attestée dès 1381 sous Jean IV, est agrandie grâce aux foires concédées par les ducs, dont Jean V en 1423. Ce dernier finance aussi la maîtrise-vitre, chef-d’œuvre du vitrail gothique breton, ornée des armoiries des donateurs locaux et ducaux. Les Hospitaliers, seigneurs du lieu, jouent un rôle clé : Pierre de Keramborgne, commandeur, finance la réfection du bas-côté sud et du portail méridional en 1438. L’église, dépendante de la paroisse de Plouëc jusqu’en 1825, devient un symbole du mécénat aristocratique et religieux.

L’architecture de l’église allie des éléments gothiques flamboyants et des influences anglaises, visibles dans le chevet plat et la maîtresse-vitre. Le mur méridional, à file de pignons, est un exemple précoce en Bretagne. Le mobilier inclut un retable gothique en kersantite, initialement placé sous la maîtresse-vitre, et un gisant attribué à Henri du Parc, seigneur de La Roche-Jagu. Classée Monument Historique en 1907, l’église conserve aussi un calvaire-chaire extérieure et un ossuaire de la Renaissance.

Les restaurations des XIXe et XXe siècles, comme celle de 1895 (reconstruction du collatéral nord) ou la protection des vitraux pendant la Seconde Guerre mondiale, ont préservé son intégrité. Les armoiries martelées pendant la Révolution et les traces des donateurs (nobles locaux, Hospitaliers, ducs) témoignent de son histoire mouvementée. Aujourd’hui, l’église reste un témoignage exceptionnel du gothique breton, mêlant patrimoine religieux, pouvoir ducal et influence des ordres militaires.

Le site de Runan, mentionné dès 1182 dans une charte des Templiers, passe aux Hospitaliers au XIIIe siècle. La chapelle ducale, fondée par Jean IV en 1381, devient un lieu de pèlerinage grâce aux foires et pardons. Le calvaire et la chaire extérieure, associés à l’enclos paroissial, soulignent son rôle central dans la vie communautaire médiévale. Les fouilles et études récentes, comme celles de Gildas Durand sur le retable, ont affiné la compréhension de son évolution architecturale et de ses liens avec l’Angleterre.

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