Origine et histoire de l'Église Notre-Dame
L’église Notre‑Dame de Saint‑Calais, située dans la Sarthe, date essentiellement des XVe et XVIe siècles et a été classée au titre des monuments historiques par la liste de 1840. Avant le XIIIe siècle, la paroisse semblait ne pas disposer d’une église propre et utilisait l’église abbatiale de l’abbaye de Saint‑Calais, fondée sous Childebert Ier au cours du haut Moyen Âge. Grégoire de Tours mentionne l’abbaye et la vie des premiers abbés est conservée dans les recueils hagiographiques qui évoquent saint Calais et saint Siviard ; un acte tardif prétend une donation datant de 515. La première église paroissiale était modeste, en bois, et le curé était nommé par l’abbé. La construction de l’édifice actuel commence à la fin du XVe siècle avec le chœur et les deux dernières travées de la nef, de style gothique, voûtées d’ogives triangulaires à clés simples retombant sur des piles octogonales. En 1518 on refait partiellement le pignon du chevet et on agrandit la fenêtre ; les trois premières travées du bas‑côté nord sont alors construites et achevées en 1520, suivies de l’extension de la nef et du collatéral sud. La façade est engagée à partir de 1522 ; des dates sculptées de 1540 et 1549 figurent sur le pignon. Les portes anciennes du portail central, en bois, conservent quatre scènes de la vie de la Vierge encadrées par une guirlande et portent les initiales M.G.L.H., attribuées à un maître menuisier, peut‑être Guillaume Le Houx, qui aurait également été l’auteur d’un banc d’œuvre aujourd’hui supprimé. Une sacristie est ajoutée au nord du chœur en 1592 et, en 1615, un oculus recevant une horloge du maître horloger du Mans Guillaume Pelard est percé dans le pignon ; l’horloge a probablement été modifiée en 1769. Le clocher, placé au droit de la cinquième travée du bas‑côté sud et commencé lors de la première campagne, abritait la chapelle de la sonnerie ornée au XVe siècle de peintures de l’Annonciation ; il communique avec la chapelle Notre‑Dame‑du‑Rosaire, établie autour de 1612 à l’initiative du curé frère Jean Girard et achevée par le maître maçon Gervais Billot, sur un plan carré de 5,80 m et voûtée d’une coupole surbaissée. La construction du clocher a été interrompue lors des guerres de religion et de l’incendie de l’abbaye en 1562, reprise en 1619 et parachevée en 1623 ; l’étage octogonal et la flèche ont été remaniés en 1667, au XVIIIe siècle et en 1893, la base ayant été refaite en 1889. Pendant la Révolution le mobilier de trésor fut détruit ou confisqué, mais l’édifice échappa aux dégradations ; après le Concordat de 1801 l’église fut rendue au culte et l’intérieur badigeonné. La façade en tuffeau a fait l’objet d’une restauration en 1841, Prosper Mérimée déclina une aide une dizaine d’années plus tard, et plusieurs campagnes de restauration ont eu lieu en 1880, 1891, 1893, 1919, 1922, puis une restauration de quatre ans, achevée et inaugurée le 29 février 2020, pour un montant de 2,2 millions d’euros. L’église présente une nef de cinq travées et un chœur de deux travées sans fenêtres latérales, terminé par un chevet plat, avec des bas‑côtés qui longent la nef et la première travée du chœur. Les trois premières travées de la nef et des collatéraux, construites après 1518, sont gothiques : les voûtes d’ogives à liernes possèdent des clés pendantes et retombent sur des piles rondes coiffées de chapiteaux d’inspiration ionique, et la décoration reprend des motifs italiens ; la façade est de style Renaissance. L’orgue est classé au titre des objets ; son buffet date du XVIIe siècle et a été classé en 1971, tandis que la partie instrumentale, réalisée en 1845 par la maison Daublaine‑Callinet, a été classée en 1973. Les vitraux comprennent notamment un carton d’Henri‑Marcel Magne représentant l’archevêque Louis Dubois présenté par saint Louis, ainsi que des verrières signées Hucher, probablement Ferdinand Hucher, datées de 1894 et représentant notamment sainte Lucie, saint Laurent et la Vierge du Rosaire avec saint Dominique et sainte Catherine de Sienne. Le suaire de Saint‑Calais est un tissu d’origine sassanide représentant une scène persane avec un arbre de vie stylisé ; le fond est bleu foncé et le dessin ocre jaune. Il enveloppait depuis 1171 des reliques de saint Calais et de saint Besorius et, selon un document de 1653, ces reliques furent alors conservées dans la chapelle du château de Blois ; les reliques transférées en 1792 à l’église de Saint‑Calais furent placées dans une châsse, dans laquelle un tissu a été retrouvé lors d’une ouverture en 1947, ce qui permet de supposer que le suaire primitif avait été découpé pour être réparti avec les reliques.