Frise chronologique
576
Mention par Grégoire de Tours
Mention par Grégoire de Tours
576 (≈ 576)
Première trace écrite de l’abbaye.
VIe siècle
Fondation de l’abbaye
Fondation de l’abbaye
VIe siècle (≈ 650)
Abbaye fondée sous Childebert Ier, future paroisse.
1518-1520
Agrandissement des bas-côtés
Agrandissement des bas-côtés
1518-1520 (≈ 1519)
Travées nord ajoutées, style gothique.
1522-1549
Construction de la façade Renaissance
Construction de la façade Renaissance
1522-1549 (≈ 1536)
Portail et pignon datés par les sculpteurs.
1562
Incendie de l’abbaye
Incendie de l’abbaye
1562 (≈ 1562)
Guerres de Religion, interruption des travaux.
1592
Ajout de la sacristie
Ajout de la sacristie
1592 (≈ 1592)
Prolongement du collatéral nord.
Fin XVe siècle
Début de la construction actuelle
Début de la construction actuelle
Fin XVe siècle (≈ 1595)
Chœur et nef gothiques érigés.
1619-1623
Achèvement du clocher
Achèvement du clocher
1619-1623 (≈ 1621)
Reprise après les guerres de Religion.
1840
Classement monument historique
Classement monument historique
1840 (≈ 1840)
Première liste des monuments protégés.
2016-2020
Restauration majeure
Restauration majeure
2016-2020 (≈ 2018)
Campagne de 4 ans pour 2,2 M€.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par liste de 1840
Personnages clés
| Childebert Ier - Roi mérovingien |
Fonda l’abbaye au VIe siècle. |
| Grégoire de Tours - Historien franc |
Mentionne l’abbaye en 576. |
| Guillaume Le Houx - Artisan menuisier |
Auteur présumé des portes sculptées (1540). |
| Guillaume Pelard - Maître horloger |
Réalisa l’horloge du pignon (1615). |
| Pierre Mousseron et Gilles Dorléans - Maîtres maçons |
Achèvent le clocher en 1623. |
| Ferdinand Hucher - Vitrailiste |
Auteur des vitraux (1894). |
Origine et histoire
L’église Notre-Dame de Saint-Calais trouve ses origines au XIIIe siècle, bien que le site ait abrité dès le VIe siècle une abbaye fondée sous Childebert Ier, mentionnée par Grégoire de Tours en 576. Cette abbaye servait initialement d’église paroissiale avant qu’une première église en bois, modeste, ne soit construite pour la paroisse. La construction de l’édifice actuel débute à la fin du XVe siècle avec le chœur et les deux dernières travées de la nef, de style gothique, caractérisées par des voûtes à ogives triangulaires et des piles octogonales.
Au XVIe siècle, l’église s’agrandit avec l’ajout des trois premières travées du bas-côté nord (1518-1520), suivies de trois travées supplémentaires pour la nef et du collatéral sud. La façade, de style Renaissance, est érigée entre 1522 et 1549, comme en témoignent les dates gravées par les sculpteurs. Le portail conserve encore ses portes en bois d’origine, sculptées de scènes mariales et signées des initiales M. G. L. H., attribuées à l’artisan Guillaume Le Houx. Une sacristie est ajoutée en 1592, tandis qu’un oculus et une horloge (réalisée par Guillaume Pelard) sont installés en 1615.
Le clocher, commencé au XVe siècle, subit des interruptions pendant les guerres de Religion (l’abbaye est incendiée en 1562). Sa construction reprend en 1619 pour s’achever en 1623, avec des reconstructions ultérieures de l’étage octogonal et de la flèche (1667, XVIIIe siècle, 1893). Pendant la Révolution, l’église échappe aux dégradations majeures, malgré la confiscation de son trésor. Classée dès 1840, elle fait l’objet de multiples restaurations, dont une campagne récente (2016-2020) pour 2,2 millions d’euros.
L’intérieur mêle styles gothique et Renaissance, avec des voûtes à liernes et des chapiteaux ioniques inspirés de l’Italie. Parmi ses trésors, on compte un orgue du XVIIe siècle (buffet classé en 1971), des vitraux signés Hucher (1894), et le suaire de Saint-Calais, tissu persan sassanide (IIIe-VIIe siècle) enveloppant autrefois les reliques des saints locaux. Ce suaire, aux motifs d’arbre de vie et de scènes de chasse, aurait été rapporté par une ambassade carolingienne au IXe siècle.
L’église, longue de 41,50 m, comprend une nef centrale de 7 m de large flanquée de bas-côtés, et un chevet plat éclairé par une grande fenêtre. Son histoire reflète les évolutions architecturales et religieuses de la région, depuis l’époque mérovingienne jusqu’aux restaurations contemporaines.