Frise chronologique
884
Martyre de saint Clair
Martyre de saint Clair
884 (≈ 884)
Décapitation près de l’ermitage local.
911
Traité de Saint-Clair-sur-Epte
Traité de Saint-Clair-sur-Epte
911 (≈ 911)
Signature sur les reliques de saint Clair.
IXe siècle
Fondation de l'église carolingienne
Fondation de l'église carolingienne
IXe siècle (≈ 950)
Vestiges découverts sous le chœur actuel.
1180
Incendie par les Anglais
Incendie par les Anglais
1180 (≈ 1180)
Reconstruction gothique de la nef ensuite.
Fin XIe siècle
Construction du chœur roman
Construction du chœur roman
Fin XIe siècle (≈ 1195)
Abside en cul-de-four et arcatures décoratives.
Fin XVe siècle
Ajout du collatéral sud
Ajout du collatéral sud
Fin XVe siècle (≈ 1595)
Style gothique flamboyant homogène.
1675
Réorganisation liturgique
Réorganisation liturgique
1675 (≈ 1675)
Échange des espaces paroissial et monastique.
1793
Fermeture révolutionnaire
Fermeture révolutionnaire
1793 (≈ 1793)
Vente des biens du prieuré.
1938
Classement monument historique
Classement monument historique
1938 (≈ 1938)
Reconnaissance tardive de sa valeur.
Années 1950-1980
Campagnes de restauration
Campagnes de restauration
Années 1950-1980 (≈ 1965)
Récupération des éléments romans cachés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 2 juin 1938
Personnages clés
| Saint Clair - Moine et martyr (VIIIe-IXe siècle) |
Reliques conservées dans l’église, objet du pèlerinage. |
| Saint Cyrin - Compagnon de saint Clair |
Reliques associées à celles de saint Clair. |
| Philippe de Villette - Abbé de Saint-Denis (XVe siècle) |
Transfère les reliques dans l’église en 1410. |
| Jean de Fauquenberg - Bienfaiteur (XVe siècle) |
Finance une châsse dorée pour les reliques. |
| G. van Laethem - Curé et historien (XXe siècle) |
Auteur d’un ouvrage sur l’histoire locale en 1977. |
| Pierre-André Lablaude - Architecte en chef (XXe siècle) |
Dirige les restaurations des années 1980. |
Origine et histoire
L’église Notre-Dame de Saint-Clair-sur-Epte, située dans le Val-d’Oise en Île-de-France, est un édifice religieux aux influences romanes et gothiques, construit entre les XIe et XIXe siècles. Son chœur du XIe siècle, avec son abside en cul-de-four et ses arcatures plaquées, est l’un des plus remarquables de la région. La nef, initialement romane, fut reconstruite dans un style gothique primitif après un incendie en 1180, tandis que le collatéral sud, de style flamboyant, date de la fin du XVe siècle. L’église est classée monument historique en 1938, après des siècles de modifications et d’oubli de sa valeur archéologique.
L’histoire de l’église est intimement liée à celle de saint Clair, un moine anglais martyrisé en 884 près du village, alors nommé Vulcassum. Selon la légende, il aurait porté sa tête jusqu’à l’oratoire avant de désigner sa sépulture dans l’église. Ses reliques, conservées sur place, attirent dès le IXe siècle des pèlerins, notamment pour la guérison des maladies oculaires. Le traité de Saint-Clair-sur-Epte, signé en 911 sur ses reliques, marque la fondation du duché de Normandie et confirme l’importance historique du lieu.
Les fouilles archéologiques menées en 1958-1959 ont révélé les vestiges d’une église carolingienne du IXe siècle sous le chœur actuel, prouvant l’ancienneté du site religieux. Malgré des restaurations successives, notamment aux XVIIIe et XIXe siècles, l’église conserve des éléments rares, comme des chapiteaux romans à motifs normands ou une flèche en charpente du XVIe siècle. Aujourd’hui, bien que le pèlerinage annuel persiste, l’édifice, dépourvu de prêtre résident depuis les années 1980, n’accueille plus que des célébrations occasionnelles.
Le mobilier de l’église inclut des objets classés, comme un groupe sculpté du XVIe siècle représentant la mise au tombeau, ou des stalles du XVIIe siècle. La statue céphalophore de saint Clair, datée du dernier quart du XVIe siècle, illustre la dévotion locale. Le collatéral sud, dédié à la Vierge depuis 1884, abrite un retable provenant de Versailles, tandis que le croisillon nord, transformé en chapelle, conserve les reliques des saints Clair et Cyrin dans des châsses du XIXe siècle.
Les campagnes de restauration, notamment au XXe siècle, ont permis de redécouvrir des éléments romans dissimulés, comme les arcatures aveugles du chœur ou les peintures murales. Malgré son classement, l’église reste méconnue des spécialistes, en raison de son isolement et de l’absence d’études approfondies. Son architecture hétéroclite, résultat de quatre périodes de construction distinctes, en fait un témoignage unique de l’évolution des styles religieux en Île-de-France.
Le culte de saint Clair, encore célébré le 16 juillet par un bûcher et une procession aux flambeaux, perpétue une tradition remontant au IXe siècle. Bien que le pèlerinage ait perdu de son ampleur, les habitants de Saint-Clair-sur-Epte préservent jalousement les reliques, symbole de leur identité historique et spirituelle.