Frise chronologique
1041
Première mention écrite
Première mention écrite
1041 (≈ 1041)
Charte de l’évêque Thibaud citant l’église.
1103
Disparition du baptistère
Disparition du baptistère
1103 (≈ 1103)
Charte de l’évêque Conon ne le mentionne plus.
1250
Devenue paroissiale
Devenue paroissiale
1250 (≈ 1250)
Donation de la cure par l’évêque Amédée.
1477
Construction de la flèche
Construction de la flèche
1477 (≈ 1477)
Ajout d’une flèche de 40 mètres.
1597
Dégâts pendant la guerre
Dégâts pendant la guerre
1597 (≈ 1597)
Destruction partielle par les soldats.
1597-1600
Dégâts pendant les guerres
Dégâts pendant les guerres
1597-1600 (≈ 1599)
Destructions par les troupes françaises et savoyardes.
1710
Restauration et voûtement
Restauration et voûtement
1710 (≈ 1710)
Transformation intérieure en style classique.
1794
Destruction de la flèche
Destruction de la flèche
1794 (≈ 1794)
Ordre révolutionnaire d’Antoine-Louis Albitte.
1831
Démolition partielle
Démolition partielle
1831 (≈ 1831)
Rasement de la moitié de l’église.
1966
Classement monument historique
Classement monument historique
1966 (≈ 1966)
Protection officielle de l’État.
2020-2023
Restauration récente
Restauration récente
2020-2023 (≈ 2022)
Travaux de conservation et mise en valeur.
2020–2023
Restauration récente
Restauration récente
2020–2023 (≈ 2022)
Travaux de conservation menés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Notre-Dame (cad. D 1418) : classement par arrêté du 20 décembre 1966
Personnages clés
| Thibaud (évêque, 1037-1056) - Évêque de Maurienne |
Auteur de la première charte mentionnant l’église. |
| Artaud (évêque, avant 1075-vers 1080) - Évêque de Maurienne |
Prescrit les messes dans les deux églises. |
| Amédée de Miribel (évêque, XIIIe siècle) - Évêque de Maurienne |
Donne la cure de Notre-Dame au chapitre. |
| Lesdiguières (maréchal de France) - Commandant militaire |
Responsable des dégâts en 1597. |
| François Grangier - Charpentier |
Dirige les réparations post-conflits (1599-1602). |
| Antoine-Louis Albitte - Envoyé révolutionnaire |
Ordonne la destruction de la flèche. |
| Cardinal Martiniana (évêque, 1757-1779) - Évêque de Maurienne |
Fait démolir la galerie reliant les églises. |
| Thibaud (évêque, 1037–1056) - Évêque de Maurienne |
Auteur de la première charte mentionnant l’église. |
| Artaud (évêque, avant 1075–vers 1080) - Évêque de Maurienne |
Confirme les messes dans les deux églises. |
| Amédée III (évêque, XIIIe siècle) - Évêque de Maurienne |
Relie le clocher au palais épiscopal. |
| Charles-Emmanuel Ier - Duc de Savoie |
Opposant d’Henri IV pendant les dégâts. |
| Lesdiguières - Chef militaire |
Responsable des destructions en 1597. |
| Maximilien Sibué Ducol - Syndic de Saint-Jean |
Ordonne le rasement partiel en 1831. |
Origine et histoire
L'église Notre-Dame de Saint-Jean-de-Maurienne, située en Savoie, fait partie d’un ensemble épiscopal médiéval. Construite simultanément à la cathédrale Saint-Jean-Baptiste après les destructions causées par les Sarrasins, elle est mentionnée pour la première fois dans une charte de l’évêque Thibaud en 1041. À l’origine, elle formait avec la cathédrale une « cathédrale double », incluant probablement un baptistère dont l’emplacement reste inconnu. L’église, de plan simple avec une nef unique et une abside voûtée, était précédée d’une avant-nef et d’un clocher-tour carré, servant aussi de refuge fortifié pour l’évêque et les chanoines.
Au XIIIe siècle, l’église Notre-Dame devient paroissiale, comme en témoigne une charte de l’évêque Amédée de Miribel en 1250. Son clocher, prolongé en 1477 par une flèche de 40 mètres, est relié au palais épiscopal par une ouverture aménagée vers 1249. L’édifice subit des dégâts majeurs lors des conflits opposant Charles-Emmanuel Ier de Savoie et Henri IV : en 1597, les troupes de Lesdiguières endommagent la toiture et le lambris, puis l’armée française aggrave les destructions en 1600. Les réparations, confiées aux charpentiers Pétremand Bertrand et François Grangier, s’achèvent vers 1602, bien que l’église subisse de nouvelles dégradations.
Au XVIIIe siècle, l’église est profondément transformée : en 1710, la nef est voûtée d’arêtes et divisée en travées par des piles massives, tandis que les baies romanes de l’abside sont modifiées, dont celle de l’axe transformée en oculus. La flèche du clocher, symbole de pouvoir épiscopal, est détruite en 1794 sur ordre d’Antoine-Louis Albitte, au nom des principes révolutionnaires. Sa chute endommage partiellement l’édifice. En 1831, la moitié de l’église et les bâtiments adjacents sont rasés, ne laissant subsister que le clocher, épargné pour des raisons économiques. Désaffectée, l’église est classée monument historique en 1966 et restaurée entre 2020 et 2023.
L’architecture de Notre-Dame reflète son évolution : nef unique de 50 mètres de long sur 12 de large, abside en cul-de-four, et portail roman en albâtre local. Le clocher, épais et carrée, illustre sa fonction défensive. L’église était reliée à la cathédrale par une galerie couverte, démolie en 1770 à la demande du cardinal Martiniana. Son histoire mêle ainsi dimensions spirituelle, politique et militaire, typique des édifices épiscopaux médiévaux en zone frontalière.
Les sources archéologiques et historiques, comme les travaux de Jean Hubert ou Raymond Oursel, soulignent son rôle dans le groupe épiscopal de Maurienne. Les chartes médiévales et les études récentes (Isabelle Parron-Kontis, 2002) confirment son importance dans l’organisation religieuse locale. Aujourd’hui, après sa restauration, elle témoigne de près de mille ans d’histoire savoyarde, marquée par les conflits, les reconstructions et les adaptations liturgiques.