Frise chronologique
Ve siècle
Fondation du monastère
Fondation du monastère
Ve siècle (≈ 550)
Création par saint Lupicin et saint Romain à Lauconne.
1110
Consécration de l'édifice roman
Consécration de l'édifice roman
1110 (≈ 1110)
Construction du premier art roman sur site mérovingien.
XIIe siècle
Ajout du clocher et des voûtes
Ajout du clocher et des voûtes
XIIe siècle (≈ 1250)
Transepts voûtés, clocher carré surélevé plus tard.
1634
Voûtement de la nef
Voûtement de la nef
1634 (≈ 1634)
Ajout de contreforts et baies nouvelles.
1841/1906
Classements monuments historiques
Classements monuments historiques
1841/1906 (≈ 1906)
Premier classement annulé, définitif en 1906.
2007
Fouilles archéologiques
Fouilles archéologiques
2007 (≈ 2007)
Découverte de la tombe présumée de saint Lupicin.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 10 octobre 1906
Personnages clés
| Saint Lupicin - Fondateur et abbé |
Moine mérovingien, fondateur du monastère au Ve siècle. |
| Saint Romain - Frère de Lupicin |
Co-fondateur de l’abbaye de Condat (Saint-Claude). |
| Grégoire de Tours - Historien ecclésiastique |
Auteur de la *Vie des Pères* (VIe siècle). |
| Oyend (Oyend de Condat) - Quatrième abbé de Condat |
Figure majeure du monachisme jurassien. |
Origine et histoire
L'église Notre-Dame de Saint-Lupicin trouve son origine dans un monastère fondé au Ve siècle par les frères saint Lupicin et saint Romain, figures majeures du monachisme jurassien. Ce monastère, initialement établi à Lauconne, devient un prieuré dépendant de l’abbaye de Condat (future Saint-Claude). Une bulle papale du XIe siècle renomme le bourg Saint-Lupicin, en hommage à son fondateur. L’édifice actuel, consacré en 1110, mêle des éléments du premier art roman (nef, façade occidentale) et des ajouts du XIIe siècle (clocher, voûtes des transepts). Des fouilles en 2007 ont révélé un monument funéraire mérovingien, probablement la tombe de saint Lupicin, confirmant l’ancienne vocation religieuse du site.
Au XVIIe siècle, l’église subit d’importants remaniements : les voûtes de la nef sont reconstruites en 1634 (date gravée sur les culots), nécessitant l’ajout de contreforts, et de nouvelles ouvertures sont percées. La façade, initialement dépourvue de décor sculpté, est modifiée aux XVIIIe–XIXe siècles avec l’ajout d’un oculus (1766) et de baies latérales (1880). Le clocher, surélevé d’une flèche octogonale au XIXe siècle, domine un chevet orné de bandes lombardes, caractéristique de l’art roman jurassien. Classée monument historique en 1841, l’église est temporairement rayée des listes en 1844 avant un nouveau classement définitif en 1906.
Le mobilier et les reliques témoignent de son riche passé : un évangile carolingien (835–845) associé à saint Lupicin, une plaque funéraire en plomb (Ve–VIIIe siècle) exhumée en 1689, et une chasse-reliquaire du XVIIe siècle. Le prieuré adjacent, construit au XVe siècle, abrite aujourd’hui la sacristie. Les restaurations récentes (2006–2008) ont rétabli la toiture d’origine à deux pentes et mis en valeur les vestiges archéologiques, dont la tombe présumée du fondateur, visible sous une dalle transparente.
L’église, de plan en croix latine, comprend une nef à trois vaisseaux, des transepts courts voûtés d’arêtes, et trois absides étagées. Son portail occidental, encadré de colonnes monolithes gallo-romaines en réemploi, est surmonté d’un décor en appareil réticulé triangulaire, typique du premier art roman. Malgré les transformations, l’absence de décor sculpté et la sobriété des élévations rappellent son origine monastique primitive. Les fouilles ont aussi révélé des moules à cloches de la Renaissance sous la croisée du transept, soulignant son rôle central dans la vie communautaire médiévale.
Le site, lié à la Vie des Pères de Grégoire de Tours (VIe siècle), illustre la transition entre le monachisme mérovingien et l’architecture romane. Le prieuré, actif jusqu’au XVIIIe siècle, devient paroissial en 1742 après la disparition de la vie monastique. Les reliquaires (buste de saint Lupicin, bras reliquaire du XVe siècle) et les tableaux des XVIIIe–XIXe siècles (saints André, Claude, Paul) reflètent la dévotion locale. L’orgue installé en 1966 et les trois cloches (1841–1887) complètent ce patrimoine vivant, toujours au cœur de la commune.