Frise chronologique
XIe siècle
Construction de la nef romane
Construction de la nef romane
XIe siècle (≈ 1150)
Quatre travées et chapiteaux historiés
Début XIIe siècle
Ajout des collatéraux
Ajout des collatéraux
Début XIIe siècle (≈ 1204)
Décors sculptés caractéristiques
Fin XIIe siècle
Édification du transept
Édification du transept
Fin XIIe siècle (≈ 1295)
Extension de l'édifice
XIVe–XVe siècles
Chœur et baies gothiques
Chœur et baies gothiques
XIVe–XVe siècles (≈ 1550)
Transformations médiévales majeures
Seconde moitié XVe siècle
Tour-lanterne Renaissance
Tour-lanterne Renaissance
Seconde moitié XVe siècle (≈ 1575)
Dôme octogonal après effondrement
1840
Classement monument historique
Classement monument historique
1840 (≈ 1840)
Première liste des MH français
1848
Reconstruction du clocher
Reconstruction du clocher
1848 (≈ 1848)
Restauration postérieure à 1840
1958
Création des vitraux
Création des vitraux
1958 (≈ 1958)
Œuvre de Philippe Devivier
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par liste de 1840 ; Sol de la place : classement par arrêté du 11 mai 1948
Personnages clés
| Henri Robert aux Espaules - Seigneur local et lieutenant-général |
Tombeau dans l'église (1562–1607) |
| Jeanne aux Épaules - Fille d'Henri Robert |
Commanditaire du monument funéraire |
| Philippe Devivier - Artiste verrier |
Auteur des vitraux (1958) |
Origine et histoire
L'église Notre-Dame de Sainte-Marie-du-Mont, située dans le département de la Manche en Normandie, trouve ses origines au XIe siècle avec une nef romane composée de quatre travées. Ses chapiteaux historiés, ornés de motifs végétaux, d'animaux et de chimères coiffées de bonnets phrygiens, préfigurent les décors des églises romanes du Plain. Ces éléments sculptés, uniques dans la région, suggèrent l'œuvre d'un même atelier actif au début du XIIe siècle. Certains modillons représentent des scènes narratives comme Samson terrassant le lion ou un homme enserré par un serpent, témoignant d'une iconographie riche et symbolique.
La structure actuelle résulte d'une construction échelonnée : les collatéraux datent du début XIIe siècle, le transept de la fin XIIe, tandis que le chœur et les baies furent ajoutés au XIVe siècle. La tour-lanterne, caractéristique des édifices de Montebourg ou Carentan, fut érigée dans la seconde moitié du XVe siècle après l'effondrement de la flèche, surmontée d'un dôme octogonal de style Renaissance. Le clocher, reconstruit en 1848, et la voûte rehaussée en 1870 achèvent les principales transformations architecturales. Les vitraux actuels, créés en 1958 par Philippe Devivier, remplacent les originaux détruits.
Classée monument historique dès 1840, l'église abrite un mobilier remarquable, dont le monument funéraire d'Henri Robert aux Espaules (1562–1607), seigneur local et lieutenant-général de Normandie. Ce tombeau, initialement placé à l'entrée du chœur, le représente en armure, agenouillé sur un coussin. Commandé par ses trois filles, dont Jeanne aux Épaules, il illustre l'importance sociale de la famille dans la région. Le sol de la place adjacente fut également classé en 1948, soulignant la valeur patrimoniale de l'ensemble.
L'édifice, dépendant autrefois du diocèse de Bayeux, partage des liens historiques avec les paroisses voisines comme Sainte-Mère-Église ou Vierville. Son architecture hybride — roman pour la nef, gothique pour les ajouts médiévaux, Renaissance pour le dôme — reflète les évolutions stylistiques normandes. Les décors sculptés, par leur originalité, en font un témoin clé de l'art roman régional, tandis que sa protection précoce (1840) en fait l'un des premiers monuments classés de France.
Au XVIIe siècle, une sacristie fut ajoutée, complétant les aménagements intérieurs. Le bâtiment, propriété de la commune, reste un lieu de culte actif et un symbole du patrimoine religieux normand. Son emplacement central, sur la place de l'Église, en fait un point focal du village, lié à des siècles d'histoire locale et de pratiques communautaires.