Frise chronologique
Fin XIIe siècle
Fondation bénédictine
Fondation bénédictine
Fin XIIe siècle (≈ 1295)
Construction initiale par les Bénédictins de Toulouse.
1473
Fonte de la cloche
Fonte de la cloche
1473 (≈ 1473)
Cloche décorée classée en 1914.
1892
Travaux de Romestier
Travaux de Romestier
1892 (≈ 1892)
Construction du clocher-mur et modification des bas-côtés.
1901
Installation des vitraux
Installation des vitraux
1901 (≈ 1901)
Ouvertures percées pour les vitraux actuels.
1995
Classement complet
Classement complet
1995 (≈ 1995)
Église classée monument historique.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chevet et clocher : inscription par arrêté du 9 juillet 1926 ; Eglise, sauf parties déjà inscrites (cad. A 475) : inscription par arrêté du 27 février 1991
Personnages clés
| Abbé Joseph Colombe - Prêtre et artiste |
Auteur présumé des décors peints au pochoir. |
| Bernard de Gramont - Seigneur de Saubens (XVe s.) |
Mentionné sur la cloche de 1473. |
| Romestier - Architecte (XIXe s.) |
Conçut le clocher-mur en 1892. |
Origine et histoire
L’église Notre-Dame de Saubens fut fondée à la fin du XIIe siècle par les Bénédictins de la Daurade de Toulouse. De style roman, elle conserve un chevet et un clocher d’origine, tandis que sa nef et ses bas-côtés furent reconstruits aux XVIIe et XIXe siècles. Classée monument historique depuis 1995, elle se distingue par sa construction en grès tendre et sa corniche de modillons sculptés, dont une tête de démon et une femme au serpent, symbole de luxure.
Les travaux majeurs des XVIIIe et XIXe siècles ont transformé l’édifice : la nef et les bas-côtés furent remaniés, et en 1892, l’architecte Romestier érigea le clocher-mur du porche d’entrée. En 1901, des vitraux furent installés, et l’abbé Joseph Colombe, selon la tradition locale, décora les murs intérieurs au pochoir avec des motifs géométriques et floraux. Ces peintures, restaurées avec l’aide de l’école des Beaux-Arts de Toulouse, sont aujourd’hui inscrites aux monuments historiques.
Pendant la Révolution, l’église devint un « Temple de la Raison », et sa cloche de 1473, classée depuis 1914, échappa de justesse à la fonte pour être transformée en canon. Cette cloche, ornée de bas-reliefs représentant le Christ, une Vierge à l’Enfant et saint Michel terrassant le démon, porte une inscription mentionnant Bernard de Gramont et Castelmaricitart, seigneurs de Saubens au XVe siècle. L’édifice, entouré de son cimetière jusqu’au XIXe siècle, illustre l’évolution architecturale et religieuse de la plaine garonnaise.
Constituée initialement d’une abside semi-circulaire et d’une nef unique, l’église s’enrichit ultérieurement de chapelles et d’une sacristie. Son plan s’inspire des basiliques romaines, tandis que ses décors intérieurs, restaurés au XXe siècle, témoignent de l’influence de l’abbé Colombe. La présence de modillons sculptés, bien qu’usés, offre un rare exemple d’iconographie médiévale dans la région.
Propriété de la commune, l’église Notre-Dame de Saubens est protégée pour son chevet et son clocher depuis 1926, puis dans son intégralité depuis 1991. Son grès tendre, typique du lit de la Garonne, et ses éléments architecturaux en font un patrimoine remarquable de l’Occitanie, entre héritage roman et transformations modernes.