Frise chronologique
1107
Fondation religieuse
Fondation religieuse
1107 (≈ 1107)
Raoul de Brucourt installe des religieux.
1128
Dédicace à Notre-Dame
Dédicace à Notre-Dame
1128 (≈ 1128)
Ornementation et inscription de Turoldus.
XIe siècle
Origines présumées
Origines présumées
XIe siècle (≈ 1150)
Traces d'une église antérieure possible.
1165
Donation à Sainte-Barbe-en-Auge
Donation à Sainte-Barbe-en-Auge
1165 (≈ 1165)
Geoffroy de Brucourt cède l'église.
XIVe siècle
Peintures murales
Peintures murales
XIVe siècle (≈ 1450)
Création des fresques de sainte Barbe.
1888
Redécouverte des peintures
Redécouverte des peintures
1888 (≈ 1888)
Abbé Joubin révèle les fresques.
7 décembre 1970
Protection officielle
Protection officielle
7 décembre 1970 (≈ 1970)
Inscription aux monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. D 280) : inscription par arrêté du 7 décembre 1970
Personnages clés
| Raoul de Brucourt - Seigneur de Savigny |
Fonda la desserte religieuse en 1107. |
| Turoldus - Premier prieur de Savigny |
Mentionné dans l'inscription de 1128. |
| Geoffroy de Brucourt - Seigneur et donateur |
Céda l'église en 1165. |
| Abbé Joubin - Curé de Savigny |
Découvrit les peintures en 1888. |
| Charles Duhérissier de Gerville - Historien |
Étudia l'église en 1818. |
Origine et histoire
L'église Notre-Dame de Savigny, située dans le département de la Manche en Normandie, est un édifice catholique dont les origines remontent au moins au XIe siècle. Selon l’historien Charles Duhérissier de Gerville, elle pourrait être l’une des plus anciennes du diocèse de Coutances, avec des traces d’une église antérieure au Xe siècle. Les soubassements de la nef suggèrent un réemploi de pierres, indiquant une occupation religieuse précoce du site.
En 1107, Raoul de Brucourt, seigneur local, fait venir des religieux du prieuré de Sainte-Barbe-en-Auge pour éduquer ses enfants et desservir la chapelle seigneuriale. L’église est ornée et dédiée à Notre-Dame en 1128, comme en témoigne une inscription sur un chapiteau du chœur mentionnant Turoldus, premier prieur de Savigny. En 1165, Geoffroy de Brucourt donne l’église et ses dîmes à la collégiale de Sainte-Barbe-en-Auge, sous condition qu’un religieux du prieuré assure la fonction de curé, une disposition maintenue jusqu’à la Révolution.
Sous la Révolution, l’église est utilisée pour les réunions décadaires, le culte de la Raison, puis de l’Être suprême. Devenue mairie cantonale jusqu’en l’an VIII, elle subit au XIXe siècle des travaux majeurs : construction de la chapelle dite « aux hommes » en 1826, restauration des autels en 1855-1856, et ajout de verrières en 1862. En 1888, l’abbé Joubin découvre des peintures murales du XIVe siècle dans l’abside, représentant le martyre de sainte Barbe et la Cène, ainsi que des chapiteaux romans sculptés.
L’architecture de l’église, principalement du XIIe siècle, se caractérise par une abside en cul-de-four et un décor roman remarquable. Les modillons extérieurs, les chapiteaux sculptés (chevaux, lions, entrelacs) et les arcs en bâtons brisés illustrent l’art normand de l’époque. À l’intérieur, le Christ en majesté, taillé dans six pierres jointives, domine l’abside, tandis que les peintures murales du XIVe siècle, redécouvertes en 1888 et 1893, enrichissent son patrimoine artistique.
Le mobilier inclut des éléments classés monuments historiques, comme un bas-relief du Christ en majesté (XIIe siècle), une statue de sainte Barbe (XVIe siècle) et une Vierge à l’Enfant du XVe siècle, découverte en 1897. Ces objets, associés aux peintures et à l’architecture, soulignent l’importance historique et religieuse du site.
L’église est inscrite aux monuments historiques depuis le 7 décembre 1970, reconnaissant sa valeur patrimoniale. Son histoire, marquée par des transformations architecturales et des redécouvertes artistiques, reflète les évolutions religieuses, politiques et sociales de la Normandie du Moyen Âge à l’époque moderne.