Frise chronologique
Ve siècle
Fondation légendaire
Fondation légendaire
Ve siècle (≈ 550)
Attribuée à Clovis pour saint Cérats
817
Première mention historique
Première mention historique
817 (≈ 817)
Citée au concile d’Aix-la-Chapelle
1141
Incendie de la ville
Incendie de la ville
1141 (≈ 1141)
Reconstruction près de l’abbaye
1292–1309
Construction de l’église actuelle
Construction de l’église actuelle
1292–1309 (≈ 1301)
Consacrée sous Auger de Montaut
1844–1858
Restauration par Viollet-le-Duc
Restauration par Viollet-le-Duc
1844–1858 (≈ 1851)
Transformation en style fortifié
1964
Découverte de peintures murales
Découverte de peintures murales
1964 (≈ 1964)
Dans le sacraire, XIVe siècle
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par liste de 1846
Personnages clés
| Clovis - Roi des Francs |
Fondateur légendaire de l’abbaye |
| Bernard II de Saint-Estier - Abbé de Simorre |
Initiateur de la reconstruction (1292) |
| Jean Marre - Évêque de Condom (1497–1521) |
Reconstructeur de la chapelle Sainte-Dode |
| Eugène Viollet-le-Duc - Architecte |
Restauration controversée (1844–1858) |
| Roger de Labarthe - Abbé (1492–1519) |
Commanditaire de vitraux |
Origine et histoire
L’église Notre-Dame de Simorre, ancienne abbatiale bénédictine, fut fondée selon la légende par Clovis au Ve siècle pour honorer saint Cérats, évangélisateur local. Son existence historique est attestée dès 817 lors du concile d’Aix-la-Chapelle, après des destructions par les Sarrasins (à partir de 722) et les Vikings (IXe–Xe siècles). L’abbaye, exemptée de tributs militaires, connut une renaissance aux Xe–XIIe siècles grâce à des donations et à la reconstruction de la ville après un incendie en 1141, les moines cédant des terres pour son extension.
La prospérité de l’abbaye au XIIIe siècle permit la reconstruction de l’église actuelle, initiée en 1292 par l’abbé Bernard II de Saint-Estier et consacrée en 1309 sous Auger de Montaut. Les revenus fonciers, sécurisés après un conflit avec le comte d’Astarac (arrêts royaux de 1284–1289), financèrent ce chantier. Le clocher nord, le sacraire, et la sacristie furent ajoutés vers 1350, tandis que la chapelle Sainte-Dode, bâtie en 1356 par Bernard de Roffiac, complétait l’ensemble. La nef fut allongée en 1442, et Jean Marre, évêque de Condom (1497–1521), y laissa son empreinte en reconstruisant la chapelle et commandant des stalles.
Placée sous commende en 1558, l’abbaye échappa aux guerres de Religion mais fut vendue à la Révolution, entraînant la démolition partielle des bâtiments conventuels. Entre 1844 et 1858, Viollet-le-Duc transforma radicalement son apparence en accentuant son caractère fortifié : suppression des toitures d’origine, ajout de crénelages, échauguettes, et modification des tours. Ces restaurations, critiquées pour leur manque d’authenticité, firent disparaître la sacristie et la chapelle Sainte-Dode (détruites en 1900), révélant cependant des peintures murales du XIVe siècle en 1964.
L’architecture actuelle, en croix latine, mêle éléments gothiques (voûtes ogivales, coupole sur trompes) et défensifs (tour-clocher carrée, donjon crénelé). Le portail sud, orné de chapiteaux sculptés (chimères, hippocampes), date du XIIIe siècle, tandis que les vitraux des XIVe–XVIe siècles, attribués à l’école d’Auch, illustrent des scènes religieuses et des donateurs comme Roger de Labarthe. Les stalles (38 sièges), offertes par Jean Marre, et un mobilier remarquable (buste reliquaire, olifant de saint Cérats) témoignent de son riche passé monastique.
Classée Monument historique dès 1846, l’église conserve des traces de son histoire mouvementée : vestiges de la chapelle Sainte-Dode, fresques médiévales, et modifications controversées de Viollet-le-Duc. Son plan initial, agrandi au fil des siècles (nef allongée, travées ajoutées), reflète les adaptations successives à des usages paroissiaux et défensifs, dans un contexte régional marqué par les conflits (guerre de Cent Ans, guerres de Religion) et la reconstruction post-Révolution.