Frise chronologique
limite XIIe–XIIIe siècles
Construction du chœur et du transept
Construction du chœur et du transept
limite XIIe–XIIIe siècles (≈ 1350)
Style roman tardif, chevet plat.
milieu XIIIe siècle
Édification de la nef
Édification de la nef
milieu XIIIe siècle (≈ 1350)
Collatéraux et piliers ronds à chapiteaux.
XIVe siècle
Agrandissement et chapelles latérales
Agrandissement et chapelles latérales
XIVe siècle (≈ 1450)
Ajout de deux chapelles, réseau trilobé.
début XVIe siècle
Dégâts et remaniement nord
Dégâts et remaniement nord
début XVIe siècle (≈ 1604)
Revoûtement, modification des piles du transept.
2008
Découverte des peintures murales
Découverte des peintures murales
2008 (≈ 2008)
Cycle apocalyptique du XIVe siècle.
27 août 2010
Classement monument historique
Classement monument historique
27 août 2010 (≈ 2010)
Protection intégrale de l’édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église en totalité (cad. A 147) : classement par arrêté du 27 août 2010
Personnages clés
| Aresfaste (ou Herfaste) - Oncle de Richard II de Normandie |
Donateur partiel de Turqueville à Chartres. |
| Guillaume de Vernon - Seigneur local |
Dédicace de l’église avec sa mère, Luce. |
| Luce - Mère de Guillaume de Vernon |
Co-donatrice à l’abbaye de Montebourg. |
Origine et histoire
L'église Notre-Dame de Turqueville, située dans le département de la Manche en Normandie, est un édifice catholique érigé à la fin du XIIe siècle, marquant la transition entre les styles roman et gothique. Son chœur à deux travées et sa croisée du transept datent de la limite XIIe–XIIIe siècles, tandis que la nef, aveugle et flanquée de collatéraux, remonte au milieu du XIIIe siècle. L’agrandissement au XIVe siècle inclut deux chapelles latérales et une reprise des croisillons, reflétant l’évolution des besoins liturgiques et communautaires de l’époque. Le clocher carré, couronné d’une bâtière percée de lucarnes flamboyantes, domine l’édifice, tandis que des modifications majeures au XVIe siècle (revoûtement, suppression d’un croisillon) témoignent de dégradations subies.
L’histoire de l’église est liée aux abbayes normandes : initialement partagée entre les droits de patronage de Montebourg et Saint-Sauveur-le-Vicomte, elle fut donnée partiellement à l’abbaye de Montebourg lors de sa dédicace par Guillaume de Vernon et sa mère, Luce. Les revenus ecclésiastiques, disputés entre plusieurs institutions religieuses, sont documentés dans le Livre noir des abbés au XVIIe siècle. Une découverte majeure eut lieu en 2008 lors de la restauration du chœur : des peintures murales du XIVe siècle, exécutées en demi-fresque, illustrent le Christ de l’Apocalypse entouré des symboles des évangélistes et de six apôtres, offrant un rare témoignage de l’iconographie médiévale normande.
Classée monument historique en 2010, l’église abrite un mobilier remarquable, dont une poutre de gloire du XVIIIe ou XIXe siècle et des verrières de 1937 signées Bordereau (Angers), mêlant scènes religieuses (Nativité, Assomption) et symbolisme local. Le portail ouest, daté des XVIIe–XVIIIe siècles, et le sol pavé de calcaire (XVIIe–XIXe siècles) complètent ce patrimoine architectural. Les transformations successives — du roman tardif au gothique flamboyant — en font un témoin des dynamiques artistiques et spirituelles de la Normandie médiévale et moderne.