Origine et histoire
L'église Notre-Dame-de-Valvert, située à Allos (Alpes-de-Haute-Provence), est un édifice catholique inscrit sur la liste des Monuments historiques depuis 1846. La première mention de l'église apparaît vers 1300 aux archives du diocèse de Senez ; elle a été église paroissiale jusqu'à la Révolution. La datation de l'édifice fait l'objet d'interprétations divergentes : Jacques Thirion la rapproche du milieu du XIIIe siècle en la comparant à des bâtiments provençaux bien datés, tandis qu'une autre mention la situe à la seconde moitié du IXe siècle et au début du Xe siècle. Au début du XVIIe siècle, l'église subit des dommages liés aux guerres. En 1697, lors de l'invasion savoyarde, le clocher s'effondre ; l'évêque ordonne la réparation de la voûte du chœur et confie les travaux au maître-maçon Joseph Classe. L'oculus du pignon oriental de la nef a probablement été muré lors d'une surélévation liée à l'installation d'une charpente, à une date antérieure à 1723, époque à laquelle l'évêque mentionne déjà une couverture en mélèze. Un auvent en charpente, soutenu par des colonnes en pierre de taille et signalé en 1712, a disparu à une date inconnue. En 1727, le bâtiment, alors en très mauvais état, fait l'objet de travaux peu coûteux sur les voûtes et les murs de l'abside ; le clocher est abattu et une sacristie est édifiée sur ses fondations. L'incendie qui ravage le bourg en 1747 endommage gravement l'église ; une aide financière est accordée l'année suivante. En 1751, un clocher-arcade est construit au-dessus de l'arc triomphal. Des rapports de 1891, établis par les architectes Révoil et Boeswilwald, signalent des désordres importants dans la maçonnerie : contreforts affaissés, murs lézardés et décors du chevet en grande partie disparus. La première campagne de restauration, dirigée par Révoil entre 1894 et 1896, comprend la réfection de la base moulurée de la façade et des murs gouttereaux, la réparation des baies avec leurs glacis et moulures, la reconstruction complète des contreforts, la reprise en pierres de taille des parements extérieurs de l'abside et du mur nord de la dernière travée, le rétablissement de la corniche en doucine sous la toiture et de l'arcature du chevet, ainsi que la reconstruction de la voûte de la troisième travée de la nef. La seconde campagne, conduite par l'architecte Jacob de 1899 à 1904, porte sur la réfection des voûtes des deux premières travées, la restauration de la nef, la reconstruction du clocher-arcade et la remise en état de la couverture en bardeaux de mélèze ; de cette restauration date la disparition des peintures murales, dont il ne subsiste que quelques traces. Les travaux ont été suivis par Émile François-Bongarçon, inspecteur des édifices diocésains. Le mobilier comprend une chaire à prêcher, quatre verrières représentant saint Pierre, saint Paul, l'Assomption et un décor géométrique, une cloche dite de saint Jean-Baptiste, des statues (Christ en croix, Vierge à l'Enfant), un retable illustrant des scènes de la vie de la Vierge, plusieurs tableaux — dont le Couronnement de la Vierge, la Donation du Rosaire, saint Luc et saint Laurent (avec cadre) et la Vierge délivrant les âmes du Purgatoire — ainsi qu'un bénitier ; un cimetière entoure également l'édifice. Malgré les restaurations importantes de la fin du XIXe siècle, Notre-Dame-de-Valvert demeure un témoignage notable de l'art roman dans les Alpes.