Frise chronologique
Fin XIe siècle
Fondation du prieuré
Fondation du prieuré
Fin XIe siècle (≈ 1195)
Donation par Aymon I Pagan, seigneur de Mahun.
XIIe siècle
Agrandissement de l'église
Agrandissement de l'église
XIIe siècle (≈ 1250)
Nef surélevée, nouveau chevet et façade.
1362
Extinction des Pagan de Mahun
Extinction des Pagan de Mahun
1362 (≈ 1362)
Début du déclin du prieuré.
18 janvier 1939
Classement monument historique
Classement monument historique
18 janvier 1939 (≈ 1939)
Protection officielle de l'édifice.
1949-1951
Restauration de la toiture
Restauration de la toiture
1949-1951 (≈ 1950)
Sauvetage de la nef après effondrement.
2015
Rénovation contemporaine
Rénovation contemporaine
2015 (≈ 2015)
Toiture refaite après campagne de financement.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise de Veyrines : classement par arrêté du 18 janvier 1939
Personnages clés
| Aymon I Pagan - Seigneur de Mahun et fondateur |
Dona l'église pour créer le prieuré. |
| Foulques - Premier prieur de Veyrines |
Fils aîné d'Aymon I Pagan. |
| Saint Jean-François Régis - Missionnaire jésuite |
Y séjournait en 1640 avant sa mort. |
| Jean Zay - Ministre de l'Éducation (1939) |
Signe le classement monument historique. |
| Père Joannès Dufaud - Prêtre assomptionniste |
Célébra une messe en occitan (XXe siècle). |
Origine et histoire
L'église Notre-Dame de Veyrines, située dans le hameau de Veyrines sur la commune de Saint-Symphorien-de-Mahun (Ardèche), fut édifiée au XIe siècle puis agrandie au XIIe siècle. À l'origine, elle servait de chapelle à un prieuré bénédictin dépendant de l'abbaye Saint-Chaffre du Monastier-sur-Gazeille. Fondé vers la fin du XIe siècle par Aymon I Pagan, seigneur de Mahun, ce prieuré visait à renforcer l'influence de sa famille grâce à l'alliance avec l'abbaye. L'église fut agrandie au XIIe siècle avec une nef surélevée, un nouveau chevet, et une façade dotée d'un portail monumental, reflétant la prospérité du prieuré.
Au XIVe siècle, le déclin du prieuré s'amorce avec l'extinction de la famille Pagan de Mahun en 1362. Le prieuré passe sous la dépendance de Macheville en 1382, perdant son autonomie. Au XVe siècle, il tombe en commende, puis en déchéance, avec une vie monastique quasi inexistante. L'église, seule structure religieuse encore active, est rattachée au collège jésuite du Puy au XVIIe siècle. Elle est associée au culte de Saint Jean-François Régis, qui y séjournait en 1640 avant sa mort. Après la Révolution, elle devient une église paroissiale, puis est rattachée à Saint-Symphorien-de-Mahun en 1818.
Au XIXe siècle, l'église tombe en ruine faute d'entretien. Classée monument historique en 1939, sa restauration est reportée par la Seconde Guerre mondiale. Les travaux urgents de toiture débutent enfin en 1949, financés par l'État, le département et les habitants. En 1951, la nef est recouverte, sauvant l'édifice. Au XXIe siècle, l'association Les Amis de Veyrines, relancée en 2013, mène des campagnes de restauration, dont la toiture en 2015, et organise des événements culturels pour préserver ce patrimoine.
Architecturalement, l'église conserve des éléments romans remarquables : une nef non voûtée avec charpente apparente, une croisée de transept surmontée d'une coupole sur trompes, et un clocher-tour accessible par un escalier à vis. Trois chapiteaux sculptés du transept représentent des scènes bibliques (Adam et Ève, Descente du Christ aux limbes) et allégoriques (Combat des vices et des vertus). Le Christ en croix, autrefois présent dans l'église, est aujourd'hui exposé au musée Vivarois César Filhol d'Annonay.
L'église Notre-Dame de Veyrines est le dernier vestige d'un prieuré bénédictin florissant au Moyen Âge. Son isolement géographique, sur un replat dominant la vallée du Nant, et son rôle d'étape sur une voie médiévale reliant le Rhône au Puy-en-Velay, en font un témoignage rare de l'architecture religieuse rurale ardéchoise. Malgré des siècles d'abandon, sa structure robuste et son absence de modifications majeures après le XIIe siècle ont permis de préserver son ambiance originelle.