Frise chronologique
1060
Fondation légendaire
Fondation légendaire
1060 (≈ 1060)
Fondation attribuée à Robert Ier de Vitré (source contestée).
1116
Donation aux bénédictins
Donation aux bénédictins
1116 (≈ 1116)
Marbode, évêque de Rennes, donne l'église à l'abbaye Saint-Melaine.
1440-1442
Croisée du transept
Croisée du transept
1440-1442 (≈ 1441)
Début des travaux majeurs du XVe siècle.
1480-1540
Façade sud
Façade sud
1480-1540 (≈ 1510)
Construction en deux campagnes, style gothique puis Renaissance.
1537
Vitrail des Rameaux
Vitrail des Rameaux
1537 (≈ 1537)
Création du vitrail *L'Entrée du Christ à Jérusalem*.
1704
Incendie du clocher
Incendie du clocher
1704 (≈ 1704)
Foudre détruit la flèche originale.
1840
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1840 (≈ 1840)
Parmi les premiers monuments classés en France.
1858
Reconstruction de la flèche
Reconstruction de la flèche
1858 (≈ 1858)
Flèche actuelle en pierre par l'architecte Raffray.
2007
Découverte de fresques
Découverte de fresques
2007 (≈ 2007)
Cycle du Rosaire mis au jour dans l'absidiole nord.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Notre-Dame (cad. AB 42) : classement par liste de 1840
Personnages clés
| Robert Ier de Vitré - Seigneur féodal |
Fondateur légendaire de la collégiale (vers 1060). |
| Marbode - Évêque de Rennes |
Donne l'église aux bénédictins en 1116. |
| Pierre Landais - Marchand et bienfaiteur |
Fonde la chapelle Saint-Jean-Baptiste en 1469. |
| Guy XV de Laval - Baron de Vitré |
Armes visibles sur la porte du transept sud. |
| Jean-Julien Hérault - Menuisier rennais |
Réalise le mobilier néogothique en 1852. |
| Paul-Alexandre Ducroquet - Facteur d'orgues |
Conçoit les grandes orgues primées en 1851. |
Origine et histoire
L'église Notre-Dame de Vitré, située dans le département d'Ille-et-Vilaine en région Bretagne, est une ancienne collégiale érigée principalement aux XVe et XVIe siècles. Ce monument gothique flamboyant, unique église paroissiale conservée de la ville close, fut édifié pour une paroisse de riches marchands d'Outre-Mer. Son histoire remonte cependant bien plus loin, avec des traces d'une institution religieuse dès le XIe siècle, bien que son statut de paroisse-mère revienne à l'église Saint-Pierre, aujourd'hui disparue.
La construction de l'édifice actuel s'échelonne entre 1440 et 1586, avec des campagnes majeures comme la croisée du transept (1440-1442), le collatéral nord (1467), ou encore la façade occidentale (1540-1570). La façade sud, particulièrement remarquable, fut édifiée en deux phases (1480-1500 et 1530-1540) et illustre l'évolution des styles, du gothique flamboyant à la Renaissance. L'église fut classée Monument Historique dès 1840, reconnaissant ainsi sa valeur patrimoniale exceptionnelle.
Sous l'Ancien Régime, Notre-Dame de Vitré jouait un double rôle : paroissial pour les habitants, et prieural pour les bénédictins du prieuré voisin. La nef était réservée aux paroissiens, tandis que le chœur, dédié à la Vierge, était utilisé par les moines. Cette séparation physique, matérialisée par un mur en 1624, reflétait la dualité de l'édifice. La Révolution française marqua un tournant, avec le saccage de l'intérieur et la disparition des bénédictins en 1791. Les curés concordataires restaurèrent ensuite l'église dans un style néogothique.
L'architecture de Notre-Dame de Vitré se distingue par son plan singulier, combinant une nef à six travées, deux collatéraux, et un chœur profond désaxé. La façade sud, tournée vers la ville, est ornée de sept pignons et d'une chaire extérieure sculptée, tandis que la façade ouest, de style Renaissance, présente un portail inspiré de l'Antiquité. Le clocher, reconstruit en 1858 après un incendie en 1704, domine l'édifice avec sa flèche octogonale.
L'intérieur abrite un mobilier riche, incluant des vitraux des XVe et XVIe siècles, comme L'Entrée du Christ à Jérusalem (1537), ainsi que des œuvres néogothiques du XIXe siècle. Parmi les trésors, on compte un retable émaillé limougeaud du XVIe siècle, des orgues primées à l'Exposition universelle de 1851, et des fresques redécouvertes en 2007. Ces éléments illustrent l'évolution artistique et religieuse de la région.
Notre-Dame de Vitré incarne aussi l'histoire économique de la ville, liée au commerce des toiles et aux confréries marchandes. La Confrérie des Marchands d'Outre-Mer, fondée en 1473, y joua un rôle central, financant chapelles et vitraux. Aujourd'hui, l'église reste un lieu de culte actif et un témoignage majeur du patrimoine breton, alliant histoire médiévale, Renaissance et restaurations du XIXe siècle.