Frise chronologique
vers 900
Fondation du prieuré
Fondation du prieuré
vers 900 (≈ 900)
Création par l’abbaye de Charroux, autorisée par le comte d’Angoulême.
XIe–XIIe siècles
Construction de l’église romane
Construction de l’église romane
XIe–XIIe siècles (≈ 1250)
Édification du clocher, de la nef et du chœur initial.
1259
Transformation de la redevance
Transformation de la redevance
1259 (≈ 1259)
Guillaume de Valence remplace l’hébergement annuel par 50 sous.
XIVe–XVe siècles
Remplacement du chœur roman
Remplacement du chœur roman
XIVe–XVe siècles (≈ 1550)
Nouveau chœur avec chapelle nord, après la guerre de Cent Ans.
2003
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
2003 (≈ 2003)
Protection intégrale de l’église et de ses vestiges.
2008–2014
Restauration des vitraux
Restauration des vitraux
2008–2014 (≈ 2011)
Création de vitraux contemporains sur l’histoire locale.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église en totalité (cad. A 206) : inscription par arrêté du 9 juillet 2003
Personnages clés
| Guillaume de Valence - Comte de Pembroke et seigneur de Montignac |
Transforma en 1259 l’obligation d’hébergement en redevance. |
| Abbé Malsacre - Dernier curé de Vouharte |
Représenté dans un vitrail du chœur restauré. |
| Serge Van Khache - Artiste peintre |
Collabora aux vitraux contemporains (2008–2014). |
Origine et histoire
L’église Notre-Dame de Vouharte, construite entre les XIe et XIIe siècles, est un témoignage majeur de l’architecture romane en Charente. Elle était initialement liée à un prieuré bénédictin fondé vers l’an 900 par l’abbaye de Charroux, après une donation du comte d’Angoulême. Ce prieuré, devenu seigneurie avec droit de haute justice, abritait des moines défricheurs et servait d’étape sur une variante de la via Turonensis, chemin de pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle passant par Nanteuil-en-Vallée et Angoulême. L’église actuelle résulte de plusieurs phases de construction : le clocher, érigé en premier, s’appuyait sur les murs d’une église antérieure, suivie par la nef au sud, puis par un chœur roman remplacé aux XIVe–XVe siècles après la guerre de Cent Ans.
Au Moyen Âge, Vouharte dépendait de l’abbaye de Charroux avant de passer, en 1360, à sa mense abbatiale. Le prieuré était tenu d’héberger annuellement le seigneur de Montignac, obligation transformée en 1259 en une redevance de 50 sous par Guillaume de Valence, comte de Pembroke. Les bâtiments conventuels, situés au sud et à l’ouest de l’église, furent détruits au XIXe siècle lors du percement d’une route. L’édifice perdit aussi sa travée occidentale de la nef, transformée en porche ouvert, tandis que sa façade ouest fut reconstruite au XVIIIe siècle. Les vitraux contemporains, restaurés entre 2008 et 2014, évoquent l’histoire locale, comme la patronne Notre-Dame de Vouharte, le fleuve Charente, et les abbayes voisines.
L’église, inscrite aux monuments historiques en 2003, conserve des vestiges du prieuré, dont des murs et une chapelle nord disparue avant le XVIIIe siècle. Son rôle dans la communauté était central : lieu de culte, étape pour les pèlerins, et symbole du pouvoir seigneurial lié à la châtellenie de Marcillac, puis au duché de La Rochefoucauld à partir de 1732. Les restaurations récentes ont mis en valeur son patrimoine, comme les vitraux du maître verrier Anne Pinto et de l’artiste Serge Van Khache, illustrant la genèse du village, les moines défricheurs, et le dernier curé de Vouharte, l’abbé Malsacre.