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Église Notre-Dame-des-Accoules de Marseille à Marseille 2ème dans les Bouches-du-Rhône

Patrimoine classé Patrimoine religieux Eglise gothique

Église Notre-Dame-des-Accoules de Marseille

    Quartier des Accoules, 8 Place Daviel
    13002 Marseille 2ème

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1000
1100
1200
1300
1700
1800
1900
2000
1033
Premières mentions
1060
Rattachement à Saint-Victor
1205
Reconstruction médiévale
6 janvier 1794
Arrêté de démolition
1820
Crypte et calvaire
1824-1826
Construction nouvelle église
1940
Bombardement
7 juillet 1964
Classement du clocher
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Abbé de Forbin-Janson - Missionnaire Inspira le calvaire après 1820.
Eugène de Mazenod - Fondateur des Missionnaires de Provence Prêcha en provençal dans l’église.
Louis Gaufridy - Curé des Accoules Brûlé pour sorcellerie en 1611.
Charles-Fortuné de Mazenod - Évêque de Marseille Consacra la nouvelle église en 1828.

Origine et histoire

L’église Notre-Dame-des-Accoules, située dans le quartier éponyme de Marseille (2e arrondissement), était une collégiale médiévale de style gothique méridional. Son nom viendrait de sa structure en arc (per angulos et arcuatim constructa), bien que certains l’associent à une source antique voisine alimentant un ruisseau vers le port. Bâtie selon la tradition sur les ruines d’un temple dédié à Minerve, elle est mentionnée dès 1033 sous la tutelle de l’abbaye Saint-Sauveur, puis rattachée à Saint-Victor en 1060. Reconstruite en 1205 et probablement au XIVe siècle, elle présentait cinq travées marquées par des arcs-boutants, deux sanctuaires superposés, et un perron d’accès sur la montée des Accoules.

Pendant la Révolution, l’église devint un symbole de l’insurrection fédéraliste marseillaise contre la Convention. Après la défaite des fédéralistes en 1793, un arrêté du 6 janvier 1794 ordonna sa démolition, exécutée entre 1794 et 1808 par l’entrepreneur J.-Ch. Caillol. Seul le clocher, épargné pour son horloge publique, et le mur arrière aux traces ogivales subsistèrent. Classé monument historique en 1964, ce vestige rappelle l’ampleur de l’édifice original (50 m de long, 20 m de large, nefs de 10 à 17 m de haut).

La restauration religieuse post-révolutionnaire débuta en 1820 avec l’aménagement d’une crypte et d’un calvaire en rocaille, inspiré par l’abbé de Forbin-Janson après un voyage en Palestine. Une nouvelle église, de plan centré avec coupole à l’image du Panthéon, fut construite entre 1824 et 1826 à droite du calvaire, sur les plans de l’architecte inconnu. Consacrée en 1828 sous le vocable Notre-Dame-du-Bon-Secours, elle devint le siège des Missionnaires de Provence, fondés par Eugène de Mazenod, qui y prêcha en provençal. Endommagée en 1940, elle fut restaurée en 1951 puis entre 2007 et 2013, avec reconstruction de la coupole et canalisation de la source antique.

L’histoire de l’église est aussi marquée par des épisodes tragiques, comme le procès pour sorcellerie du curé Louis Gaufridy en 1610. Accusé par deux religieuses ursulines d’Aix-en-Provence, il fut brûlé vif en 1611, affaire qui eut un retentissement national. Le site, lieu de pèlerinage au XIXe siècle, incarne aujourd’hui les strates religieuses, politiques et architecturales de Marseille, du Moyen Âge à l’époque contemporaine.

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