Crédit photo : Paul Lancrenon (1857–1922) Autres noms Nom de nais - Sous licence Creative Commons
Frise chronologique
1383
Fondation du couvent
Fondation du couvent
1383 (≈ 1383)
Création par les Carmes sous Hervé V du Pont.
1411
Achèvement du gros-œuvre
Achèvement du gros-œuvre
1411 (≈ 1411)
Fin de la construction initiale.
1420–1426
Rose du chevet
Rose du chevet
1420–1426 (≈ 1423)
Remplage rayonnant avec armes des du Pont.
1603
Construction du clocher
Construction du clocher
1603 (≈ 1603)
Tour en ardoise à dômes superposés.
1896
Reconstruction du beffroi
Reconstruction du beffroi
1896 (≈ 1896)
Travaux par l’architecte Hyacinthe Guérin.
1914
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1914 (≈ 1914)
Protection officielle de l’édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. BC 67) : classement par arrêté du 9 mai 1914
Personnages clés
| Hervé V du Pont - Baron et fondateur |
Protecteur du couvent en 1383. |
| Hervé VI du Pont - Mécène |
Armes sur la maîtresse-vitre (mort en 1426). |
| Marie de Rosmadec - Épouse d’Hervé VI |
Représentée sur la verrière médiévale. |
| Bertrand de Rosmadec - Évêque de Cornouaille |
Soutien financier aux bâtiments conventuels (1416). |
| Hyacinthe Guérin - Architecte diocésain |
Reconstruit le beffroi en 1896. |
| Vincent L’Hénoret - Bienheureux martyr |
Oratoire dédié depuis 2016 (natif de Pont-l’Abbé). |
Origine et histoire
L’église Notre-Dame-des-Carmes de Pont-l’Abbé, fondée en 1383 par les Carmes sous la protection d’Hervé V du Pont, est l’ancienne chapelle du quatrième couvent de l’ordre en Bretagne. Sa construction, achevée vers 1411, s’inscrit dans un style gothique rayonnant, avec une nef rectangulaire à deux vaisseaux inégaux et une façade ouest dissymétrique. La rose du chevet (1420–1426), d’un diamètre de 7,20 mètres, et les vitraux originaux – aujourd’hui disparus – portaient les armes des familles du Pont et de Rosmadec, témoignages de leur mécénat.
Le clocher en ardoise, érigé en 1603 hors-œuvre au sud du chœur, est un rare exemple breton de tour à dômes superposés, couronnée d’un lanternon. À l’intérieur, le lambris en berceau plein-cintre couvre la nef, tandis que trois retables (XVIIe siècle) subsistent, dont un en pierre dédié à sainte Anne. L’orgue, partiellement issu de 1666, a été reconstruit en 1966–1968. La statuaire inclut une Pietà du XVIe siècle et un groupe sculpté de saint Joseph et l’Enfant Jésus (XVIIe siècle), reflétant la richesse artistique post-médiévale.
Le couvent, démoli en 1880, abritait un cloître aux arcades ajourées (avant 1444), remonté au séminaire de Quimper. L’église, classée Monument Historique en 1914, a subi des restaurations majeures : reconstruction du beffroi en 1896, remplacement du lambris en 1846, et suppression des badigeons intérieurs au XIXe siècle. Depuis 2016, un oratoire honore Vincent L’Hénoret, martyr laotien natif de Pont-l’Abbé.
Fondée comme lieu de culte pour une paroisse alors dépendante de Loctudy, l’église illustre l’architecture mendiante bretonne, mêlant influences locales (atelier de Pont-Croix) et protections ducales (Jean V, François II). Les chapelles latérales, comme celle de Sainte-Barbe (début XVIe siècle), soulignent les liens avec les familles nobles, tandis que les retables rappellent les corporations de cordonniers et d’apothicaires, actrices de la vie économique locale.
Les vitraux modernes, commandés au Carmel du Mans au XIXe siècle, ont remplacé les verrières médiévales, dont la maîtresse-vitre portait les effigies d’Hervé VI du Pont (mort en 1426) et de son épouse Marie de Rosmadec. Le jubé, aujourd’hui disparu, séparait autrefois l’espace monastique de la nef paroissiale, symbolisant la double vocation de l’édifice.