Origine et histoire de l'Église Notre-Dame des Cordeliers
L'église Notre-Dame-des-Cordeliers de Gourdon, fondée au XIIIe siècle par Gisbert II de Thémines et son épouse Hélène de Gourdon-Salviac, s’inscrit dans l’histoire des franciscains (cordeliers) en Quercy. Le couvent, établi hors des remparts vers 1250, est dirigé en 1266 par le bienheureux Christophe de Ramandiola, compagnon de saint François d’Assise. L’église, achevée en 1287 (date gravée sur une clef de voûte), devient un lieu de rassemblement civique dès 1288, lors d’une crise fiscale opposant bourgeois et artisans. Son apogée spirituel au XIVe siècle est illustré par deux de ses religieux nommés cardinaux : Guillaume Farinier (1356) et Fontanier de Vassal (1361).
La guerre de Cent Ans amorce son déclin, aggravé par les guerres de Religion : en 1562, les protestants détruisent les bâtiments conventuels et massacrent des moines. Restaurés au XVIIe siècle, les lieux sont confisqués à la Rvolution (biens vendus en 1792, archives brûlées en 1793). L’église, transformée en caserne, magasin à fourrage puis poudrerie, devient paroissiale sous le Premier Empire. Au XIXe siècle, elle abrite une école de filles tenue par les clarisses (1817-1902), puis un petit séminaire (à partir de 1907). Désaffectée depuis les années 1960, elle sert aujourd’hui de salle d’exposition.
L’architecture, typique du gothique méridional, comprend une nef unique à quatre travées voûtées d’ogives, une abside à sept pans, et des chapelles latérales ajoutées postérieurement. Parmi les éléments remarquables figurent une cuve baptismale monolithe du XIVe siècle (sculptée d’un Christ et des douze apôtres) et des vitraux historiés (1874) signés Goussard et Anglade, représentant les apôtres, sainte Germaine de Pibrac et sainte Philomène. Le clocher actuel, bâti en 1895, remplace un mur-clocher médiéval jugé inefficace par les paroissiens.
Classée Monument Historique en 1929, l’église conserve des traces de son passé conventuel : vestiges du cloître gothique dans la cour du collège actuel, et une litre funéraire (XVIIe siècle) aux armes de la famille de Lauzières-Thémines, bienfaitrice du lieu. Son histoire reflète les bouleversements religieux, politiques et sociaux du Quercy, de l’époque médiévale à la laïcisation moderne.