Frise chronologique
vers 1250
Fondation du couvent
Fondation du couvent
vers 1250 (≈ 1250)
Par Gisbert II de Thémines et Hélène de Gourdon-Salviac.
1266
Arrivée de Christophe de Ramandiola
Arrivée de Christophe de Ramandiola
1266 (≈ 1266)
Compagnon de saint François d’Assise, premier gardien.
1287
Achèvement de l’église
Achèvement de l’église
1287 (≈ 1287)
Date gravée sur une clef de voûte.
1356 et 1361
Nomination de deux cardinaux
Nomination de deux cardinaux
1356 et 1361 (≈ 1361)
Guillaume Farinier et Fontanier de Vassal, religieux du couvent.
1562
Destruction par les protestants
Destruction par les protestants
1562 (≈ 1562)
Bâtiments conventuels détruits, moines tués.
1790-1793
Confiscation révolutionnaire
Confiscation révolutionnaire
1790-1793 (≈ 1792)
Vente des biens, destruction des archives en 1793.
1817
Réouverture comme école
Réouverture comme école
1817 (≈ 1817)
Par les clarisses, jusqu’en 1902.
1895
Construction du clocher actuel
Construction du clocher actuel
1895 (≈ 1895)
Remplace un mur-clocher médiéval.
1929
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1929 (≈ 1929)
Inscription à l’inventaire supplémentaire.
années 1960
Désaffectation cultuelle
Désaffectation cultuelle
années 1960 (≈ 1960)
Devenue salle d’exposition municipale.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise des Cordeliers : inscription par arrêté du 3 octobre 1929
Personnages clés
| Gisbert II de Thémines - Seigneur de Gourdon et fondateur |
Fonda le couvent vers 1250 avec son épouse. |
| Hélène de Gourdon-Salviac - Héritière et co-fondatrice |
Épouse de Gisbert, héritière de la seigneurie. |
| Christophe de Ramandiola - Bienheureux et premier gardien |
Compagnon de saint François, dirige le couvent en 1266. |
| Guillaume Farinier - Religieux et cardinal |
Nommé cardinal en 1356, supérieur de l’Ordre. |
| Fontanier de Vassal - Religieux et cardinal |
Nommé cardinal en 1361, supérieur de l’Ordre. |
| Antoine François Hannibal d'Estrées de Lauzières-Thémines - Bienfaiteur (XVIIe siècle) |
Litre funéraire visible dans l’église. |
Origine et histoire
L'église Notre-Dame-des-Cordeliers de Gourdon, fondée au XIIIe siècle par Gisbert II de Thémines et son épouse Hélène de Gourdon-Salviac, s’inscrit dans l’histoire des franciscains (cordeliers) en Quercy. Le couvent, établi hors des remparts vers 1250, est dirigé en 1266 par le bienheureux Christophe de Ramandiola, compagnon de saint François d’Assise. L’église, achevée en 1287 (date gravée sur une clef de voûte), devient un lieu de rassemblement civique dès 1288, lors d’une crise fiscale opposant bourgeois et artisans. Son apogée spirituel au XIVe siècle est illustré par deux de ses religieux nommés cardinaux : Guillaume Farinier (1356) et Fontanier de Vassal (1361).
La guerre de Cent Ans amorce son déclin, aggravé par les guerres de Religion : en 1562, les protestants détruisent les bâtiments conventuels et massacrent des moines. Restaurés au XVIIe siècle, les lieux sont confisqués à la Rvolution (biens vendus en 1792, archives brûlées en 1793). L’église, transformée en caserne, magasin à fourrage puis poudrerie, devient paroissiale sous le Premier Empire. Au XIXe siècle, elle abrite une école de filles tenue par les clarisses (1817-1902), puis un petit séminaire (à partir de 1907). Désaffectée depuis les années 1960, elle sert aujourd’hui de salle d’exposition.
L’architecture, typique du gothique méridional, comprend une nef unique à quatre travées voûtées d’ogives, une abside à sept pans, et des chapelles latérales ajoutées postérieurement. Parmi les éléments remarquables figurent une cuve baptismale monolithe du XIVe siècle (sculptée d’un Christ et des douze apôtres) et des vitraux historiés (1874) signés Goussard et Anglade, représentant les apôtres, sainte Germaine de Pibrac et sainte Philomène. Le clocher actuel, bâti en 1895, remplace un mur-clocher médiéval jugé inefficace par les paroissiens.
Classée Monument Historique en 1929, l’église conserve des traces de son passé conventuel : vestiges du cloître gothique dans la cour du collège actuel, et une litre funéraire (XVIIe siècle) aux armes de la famille de Lauzières-Thémines, bienfaitrice du lieu. Son histoire reflète les bouleversements religieux, politiques et sociaux du Quercy, de l’époque médiévale à la laïcisation moderne.