Frise chronologique
1920 (environ)
Reconstruction post-guerre
Reconstruction post-guerre
1920 (environ) (≈ 1920)
Projet initié après la destruction de 1914–1918.
1928–1929
Réalisations des fresques
Réalisations des fresques
1928–1929 (≈ 1929)
Henri Lafitte décore nef et chœur.
1977–1979
Cession au diocèse
Cession au diocèse
1977–1979 (≈ 1978)
Transfert de propriété depuis l’usine.
1987
Remplacement des vitraux
Remplacement des vitraux
1987 (≈ 1987)
Modification majeure de l’éclairage intérieur.
6 janvier 2005
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
6 janvier 2005 (≈ 2005)
Protection intégrale de l’édifice (arrêté).
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église en totalité (cad. AK 150) : inscription par arrêté du 6 janvier 2005
Personnages clés
| Henri Lafitte - Architecte et fresquiste |
Conçoit l’église et réalise les peintures. |
| Jacques Lafitte - Architecte (probable co-auteur) |
Collabore à la reconstruction avec son frère. |
| Gaétan Jeannin - Maître verrier |
Crée la croix lumineuse et participe au décor. |
| S. Charlemagne - Artiste verrier |
Réalise le chemin de croix. |
Origine et histoire
L’église Notre-Dame-des-Glaces de Boussois, construite dans le 2e quart du XXe siècle, remplace un édifice détruit pendant la Première Guerre mondiale, lors du siège de Maubeuge. Sa reconstruction est initiée par la municipalité et financée par les ouvriers de la Manufacture des Glaces de Boussois, l’une des plus importantes d’Europe à l’époque. Ces artisans, spécialisés dans le travail du verre, réalisent non seulement la maçonnerie et le parement, mais aussi le décor intérieur, le mobilier et les objets de culte en verre. L’édifice, conçu par les architectes maubeugeois Henri Lafitte (1888–1966) et probablement Jacques Lafitte, s’inspire des églises de l’Avesnois du XVIIIe siècle, tout en intégrant des influences néo-classiques et un modèle basilical pour les volumes intérieurs.
L’intérieur de l’église se distingue par son éclectisme et son utilisation innovante du verre. Les grandes arcades reposent sur des piliers de béton armé ornés de pâtes de verre produites par la manufacture locale. Le second niveau est décoré de fresques réalisées par Henri Lafitte entre 1928 et 1929, tandis que le chœur conserve des peintures murales comme De Profundis et Magnificat. La nef, initialement couverte d’une charpente de bois apparente avec des caissons vitrés, était éclairée par des fenêtres en demi-lune, aujourd’hui remplacées par un plafond. Les bas-côtés présentent un soubassement en plaquettes de pâte de verre, et la croix lumineuse est l’œuvre du maître verrier Gaétan Jeannin, assisté de Mademoiselle S. Charlemagne, qui réalise aussi le chemin de croix.
L’église, cédée par l’usine au diocèse entre 1977 et 1979, subit des transformations majeures, comme le remplacement des vitraux en 1987. Bien que son extérieur soit sobre, son intérieur témoigne d’une collaboration unique entre artisans verriers et architectes, faisant de ce lieu un exemple remarquable du patrimoine industriel et religieux des Hauts-de-France. Classée Monument Historique en 2005, elle illustre la reconstruction post-Première Guerre mondiale et l’adaptation des techniques verrières à l’architecture sacrée.