Frise chronologique
1923
Début des travaux
Début des travaux
1923 (≈ 1923)
Construction lancée par les mines d'Aniche.
avril 1927
Bénédiction de l'église
Bénédiction de l'église
avril 1927 (≈ 1927)
Cérémonie présidée par l'archevêque de Cambrai.
8 mars 2010
Classement monument historique
Classement monument historique
8 mars 2010 (≈ 2010)
Protection officielle par arrêté ministériel.
30 juin 2012
Inscription UNESCO
Inscription UNESCO
30 juin 2012 (≈ 2012)
Intégration au patrimoine mondial.
4 mai 2014
Arrivée de la relique de Jean-Paul II
Arrivée de la relique de Jean-Paul II
4 mai 2014 (≈ 2014)
Morceau de sa soutane ensanglantée.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église en totalité (cad. AR 372) : classement par arrêté du 8 mars 2010
Personnages clés
| Louis-Marie Cordonnier - Architecte |
Concepteur de l'église avec son fils. |
| Louis-Stanislas Cordonnier - Architecte |
Co-auteur des plans innovants. |
| François Wojtyla - Prêtre polonais |
Cousin de Jean-Paul II, gestionnaire de l'église. |
| Jean-Paul II (Karol Wojtyla) - Pape (1978-2005) |
Relique de sa soutane conservée. |
| Jean XXIII (Angelo Roncalli) - Pape (1958-1963) |
Crucifix et calotte bénis exposés. |
Origine et histoire
L'église Notre-Dame-des-Mineurs de Waziers, située dans le quartier de la Clochette, fut construite dans les années 1920 par la Compagnie des mines d'Aniche pour accueillir la communauté polonaise venue travailler dans les mines locales. Conçue par les architectes Louis-Marie Cordonnier et son fils Louis-Stanislas, elle se distingue par une architecture innovante évoquant les galeries minières, avec un vaisseau unique en béton et des décors de brique. L'édifice, long de 60 mètres, pouvait accueillir 1 500 fidèles et fut béni en 1927 par l'archevêque de Cambrai.
L'église est marquée par une forte symbolique du chiffre 3, reflétant la Trinité : trois portes en façade, trois cités minières environnantes (Notre-Dame, la Clochette, Berce-Gayant), et trois vitraux sur chaque pignon. Son mobilier, incluant autels en pierre blanche incrustés de mosaïques et une chaire inspirée de l'artisanat polonais, est entièrement conservé. Le clocher tronqué et crénelé, ainsi que les vitraux sobres, renforcent son caractère sobre et massif, typique des églises industrielles.
Classée monument historique en 2010 et inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2012, l'église abrite des reliques exceptionnelles : un crucifix béni en 1946 par Mgr Angelo Roncalli (futur pape Jean XXIII), une calotte offerte par ce dernier, et un morceau de la soutane ensanglantée de Jean-Paul II après l'attentat de 1981. Ces reliques, obtenues grâce à l’influence du prêtre François Wojtyla (cousin de Jean-Paul II), font de ce lieu un site de pèlerinage unique.
L’histoire de Waziers remonte bien avant le XXe siècle, avec des mentions d’une église Sainte-Rictrude dès le XIIe siècle, liée à l’abbaye de Marchiennes et au chapitre de Douai. Au Moyen Âge, le village abritait déjà des chapelles castrales et des services religieux financés par les seigneurs locaux, comme Hellin de Wavrin en 1229. Cependant, l’église actuelle incarne surtout l’héritage industriel et migratoire de la région, marqué par l’arrivée massive de mineurs polonais dans l’entre-deux-guerres.
Depuis 2001, l’église est gérée par une association de sauvegarde, après que l’archidiocèse de Cambrai en eut cédé la gestion sous l’impulsion de François Wojtyla. Rénovée et dynamisée, elle accueille aujourd’hui des célébrations mensuelles (le 2 de chaque mois) autour de la relique de Jean-Paul II. Son architecture, son histoire migratoire et ses trésors religieux en font un monument à la fois patrimonial, spirituel et mémoriel, symbole de la fusion entre foi, travail minier et identité polonaise en France.