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Église Notre-Dame-des-Missions d'Épinay-sur-Seine à Épinay-sur-Seine en Seine-Saint-Denis

Patrimoine classé Patrimoine religieux Eglise moderne

Église Notre-Dame-des-Missions d'Épinay-sur-Seine

    102 Avenue Joffre
    93800 Epinay-sur-Seine
Propriété d'une association cultuelle
Église Notre-Dame-des-Missions dÉpinay-sur-Seine
Église Notre-Dame-des-Missions dÉpinay-sur-Seine
Église Notre-Dame-des-Missions dÉpinay-sur-Seine
Église Notre-Dame-des-Missions dÉpinay-sur-Seine
Église Notre-Dame-des-Missions dÉpinay-sur-Seine
Église Notre-Dame-des-Missions dÉpinay-sur-Seine
Église Notre-Dame-des-Missions dÉpinay-sur-Seine
Église Notre-Dame-des-Missions dÉpinay-sur-Seine
Église Notre-Dame-des-Missions dÉpinay-sur-Seine
Église Notre-Dame-des-Missions dÉpinay-sur-Seine
Crédit photo : Chris93 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1929–1931
Construction du pavillon des Missions
1932
Reconstruction à Épinay-sur-Seine
1933
Inauguration par le cardinal Verdier
14 juin 1994
Classement Monument Historique
2016
Émission d’un timbre postal
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Eglise (cad. C 199) : classement par arrêté du 14 juin 1994

Personnages clés

Paul Tournon - Architecte Concepteur du pavillon et de l’église.
Hubert Lyautey - Maréchal, instigateur Promoteur de la reconstruction à Épinay.
Lucien Lacaze - Amiral, mécène Soutien financier et moral du projet.
Jean Verdier - Cardinal Inaugura l’église en 1933.
Marguerite Huré - Maître-verrière Créatrice des vitraux et briques colorées.
Carlo Sarrabezolles - Sculpteur Auteur des statues et acrotères.
Maurice Denis - Peintre, cofondateur Des Ateliers d’Art sacré.

Origine et histoire

L'église Notre-Dame-des-Missions d'Épinay-sur-Seine trouve son origine dans le pavillon des Missions catholiques de l’Exposition coloniale internationale de 1931 au bois de Vincennes. Conçu par l’architecte Paul Tournon à la demande du maréchal Hubert Lyautey et de l’amiral Lucien Lacaze, ce pavillon célébrant la « conquête missionnaire » de l’Église catholique devait être détruit après l’exposition. Grâce à une souscription nationale et au don d’un terrain par la famille Firmin-Didot, il fut reconstruit en 1932 à Épinay-sur-Seine en béton armé, remplaçant les matériaux légers initiaux. L’édifice devint alors une église paroissiale, inaugurée en 1933 par le cardinal Jean Verdier, dans le cadre de l’Œuvre des Chantiers du Cardinal visant à christianiser les banlieues parisiennes.

La façade de l’église, d’inspiration mi-annamite mi-Art déco, intègre des éléments architecturaux variés : une pagode chinoise à trois toits, des motifs bouddhiques et africains, et un clocher évoquant un minaret. La maître-verrière Marguerite Huré y utilisa sa technique innovante de « brique Huré » (1930), tandis que des artistes des Ateliers d’Art sacré — fondés par Maurice Denis et Georges Desvallières — réalisèrent vitraux, fresques et sculptures. Les douze fresques de la nef retracent l’évangélisation à travers les siècles, coordonnées par Henri de Maistre, et les vitraux, dominés par des bleus dégradés, furent créés sous la direction de Jean Hébert-Stevens.

Classée Monument Historique en 1994, l’église est considérée comme un chef-d’œuvre de l’art sacré du XXe siècle, aux côtés du Palais de la Porte Dorée, autre vestige de l’Exposition coloniale. Propriété du diocèse de Saint-Denis, elle reste un lieu de culte actif, avec des messes célébrées chaque semaine. En 2016, elle fut honorée par un timbre postal dessiné par Christophe Laborde-Balen. Sa restauration dans les années 2000 permit de préserver ses décors uniques, dont les quatre statues colossales du clocher, symbolisant les « Quatre races », sculptées en béton par Carlo Sarrabezolles selon sa technique de taille directe.

L’édifice illustre aussi les liens entre colonisation et mission catholique, son iconographie glorifiant l’action des missionnaires à travers le monde. Les fresques, comme celle de saint François Xavier en Inde ou des martyrs canadiens, reflètent cette vision universaliste. Enfin, son baptistère, décoré par Élisabeth Branly (épouse de Tournon), et sa crypte sous le maître-autel témoignent d’une conception spatiale innovante pour l’époque, mêlant symbolisme religieux et audace architecturale.

Liens externes