Frise chronologique
1929–1931
Construction du pavillon des Missions
Construction du pavillon des Missions
1929–1931 (≈ 1930)
Pour l’Exposition coloniale de Paris.
1932
Reconstruction à Épinay-sur-Seine
Reconstruction à Épinay-sur-Seine
1932 (≈ 1932)
En béton armé, sur un nouveau site.
1933
Inauguration par le cardinal Verdier
Inauguration par le cardinal Verdier
1933 (≈ 1933)
Présence de Lyautey et Lacaze.
14 juin 1994
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
14 juin 1994 (≈ 1994)
Protection de l’édifice et de ses décors.
2016
Émission d’un timbre postal
Émission d’un timbre postal
2016 (≈ 2016)
Dessiné par Christophe Laborde-Balen.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. C 199) : classement par arrêté du 14 juin 1994
Personnages clés
| Paul Tournon - Architecte |
Concepteur du pavillon et de l’église. |
| Hubert Lyautey - Maréchal, instigateur |
Promoteur de la reconstruction à Épinay. |
| Lucien Lacaze - Amiral, mécène |
Soutien financier et moral du projet. |
| Jean Verdier - Cardinal |
Inaugura l’église en 1933. |
| Marguerite Huré - Maître-verrière |
Créatrice des vitraux et briques colorées. |
| Carlo Sarrabezolles - Sculpteur |
Auteur des statues et acrotères. |
| Maurice Denis - Peintre, cofondateur |
Des Ateliers d’Art sacré. |
Origine et histoire
L'église Notre-Dame-des-Missions d'Épinay-sur-Seine trouve son origine dans le pavillon des Missions catholiques de l’Exposition coloniale internationale de 1931 au bois de Vincennes. Conçu par l’architecte Paul Tournon à la demande du maréchal Hubert Lyautey et de l’amiral Lucien Lacaze, ce pavillon célébrant la « conquête missionnaire » de l’Église catholique devait être détruit après l’exposition. Grâce à une souscription nationale et au don d’un terrain par la famille Firmin-Didot, il fut reconstruit en 1932 à Épinay-sur-Seine en béton armé, remplaçant les matériaux légers initiaux. L’édifice devint alors une église paroissiale, inaugurée en 1933 par le cardinal Jean Verdier, dans le cadre de l’Œuvre des Chantiers du Cardinal visant à christianiser les banlieues parisiennes.
La façade de l’église, d’inspiration mi-annamite mi-Art déco, intègre des éléments architecturaux variés : une pagode chinoise à trois toits, des motifs bouddhiques et africains, et un clocher évoquant un minaret. La maître-verrière Marguerite Huré y utilisa sa technique innovante de « brique Huré » (1930), tandis que des artistes des Ateliers d’Art sacré — fondés par Maurice Denis et Georges Desvallières — réalisèrent vitraux, fresques et sculptures. Les douze fresques de la nef retracent l’évangélisation à travers les siècles, coordonnées par Henri de Maistre, et les vitraux, dominés par des bleus dégradés, furent créés sous la direction de Jean Hébert-Stevens.
Classée Monument Historique en 1994, l’église est considérée comme un chef-d’œuvre de l’art sacré du XXe siècle, aux côtés du Palais de la Porte Dorée, autre vestige de l’Exposition coloniale. Propriété du diocèse de Saint-Denis, elle reste un lieu de culte actif, avec des messes célébrées chaque semaine. En 2016, elle fut honorée par un timbre postal dessiné par Christophe Laborde-Balen. Sa restauration dans les années 2000 permit de préserver ses décors uniques, dont les quatre statues colossales du clocher, symbolisant les « Quatre races », sculptées en béton par Carlo Sarrabezolles selon sa technique de taille directe.
L’édifice illustre aussi les liens entre colonisation et mission catholique, son iconographie glorifiant l’action des missionnaires à travers le monde. Les fresques, comme celle de saint François Xavier en Inde ou des martyrs canadiens, reflètent cette vision universaliste. Enfin, son baptistère, décoré par Élisabeth Branly (épouse de Tournon), et sa crypte sous le maître-autel témoignent d’une conception spatiale innovante pour l’époque, mêlant symbolisme religieux et audace architecturale.