Origine et histoire de l'Église Notre-Dame-du-Calvaire
L'église Notre-Dame-du-Calvaire de Châtillon, située boulevard de Vanves, est l’une des deux églises de la commune. Construite entre 1932 et 1934 sous l’égide des Chantiers du Cardinal (fondés en 1931 par le cardinal Verdier), elle incarne l’effort de reconstruction religieuse en région parisienne. Son architecture néo-byzantine, marquée par trois coupoles et une façade en briques rouges de Bagneux, lui vaut le surnom d’« église rouge ». Elle est inscrite aux monuments historiques depuis 2004, à l’exclusion de son sol.
La conception de l’édifice est attribuée aux architectes Joseph Flandrin (décédé en 1934) et Yves-Marie Froidevaux, tandis que sa décoration intérieure, réalisée entre 1935 et 1962, fut dirigée par Yvonne Diéterle Laurens, veuve de Jean-Pierre Laurens. Ce dernier, initialement chargé des fresques, n’en réalisa que les esquisses avant sa mort en 1932. Ses élèves — Georges Cheyssial, Gabriel Genieis, Pierre Guyenot, Jean-Henri Couturat — exécutèrent un ensemble monumental de fresques inspirées des Écritures, organisées en trois coupoles dédiées à la Trinité (Père, Fils, Saint-Esprit).
L’iconographie intérieure mêle scènes bibliques et vie des saints, avec une attention particulière pour Sainte Jeanne d’Arc, en hommage à l’amitié entre Laurens et Charles Péguy. Les bas-reliefs de la façade, œuvres de Marius Petit, Paul Flandrin, Madeleine Froidevaux et Paul-François Niclausse, représentent les vertus théologales et cardinales. Une piéta en pierre domine l’entrée, symbolisant Notre-Dame des Douleurs.
La chapelle latérale, sobre et reculée, abrite un triptyque reproduit par Gabriel Genieis d’après les œuvres de Laurens (1929) : L’Annonciation, La Vierge au pied de la Croix et L’Adoration des bergers. Le chœur, orné d’une fresque du Couronnement de la Vierge, s’inspire d’Enguerrand Quarton et unit liturgie terrestre et céleste. L’église, propriété de l’association diocésaine, reste un lieu de culte actif et un témoignage artistique majeur de l’entre-deux-guerres.
Les matériaux — briques rouges, ciment armé — et le style néo-byzantin reflètent les innovations architecturales des années 1930, tandis que les fresques, par leur ampleur et leur symbolisme, illustrent le renouveau de l’art sacré sous l’impulsion du cardinal Verdier. L’édifice allie modernité technique et tradition spirituelle, servant à la fois la communauté locale et le patrimoine religieux francilien.