Frise chronologique
832
Confirmation diocésaine
Confirmation diocésaine
832 (≈ 832)
Louis le Pieux rattache l’église au diocèse du Mans.
1095
Première citation écrite
Première citation écrite
1095 (≈ 1095)
Mentionnée comme *Ecclesia de Ham*, propriété de laïcs.
1576
Chapelle Notre-Dame de Pitié
Chapelle Notre-Dame de Pitié
1576 (≈ 1576)
Élevée par Jean Rabineau, curé et chanoine.
1742
Conflit ecclésiastique
Conflit ecclésiastique
1742 (≈ 1742)
Louis Launay maintenu malgré l’opposition de l’évêque.
1868
Construction de la tour
Construction de la tour
1868 (≈ 1868)
Réalisée par l’architecte Dromer pour 9 236 francs.
1906
Inventaire controversé
Inventaire controversé
1906 (≈ 1906)
Intervention de gendarmes face à 400 manifestants.
1962
Restauration intérieure
Restauration intérieure
1962 (≈ 1962)
Dirigée par l’abbé Bernard Chardon, modernisation des fresques.
1987
Statues du maître-autel
Statues du maître-autel
1987 (≈ 1987)
Sculptées en orme par Alain Legros.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Louis le Pieux - Empereur carolingien |
Confirme l’église au diocèse du Mans en 832. |
| Guillaume de Doucelles - Seigneur local |
Cède l’église aux religieux de Saint-Vincent en 1095. |
| Jean Rabineau - Curé et chanoine |
Fonde la chapelle Notre-Dame de Pitié en 1576. |
| Louis Launay - Curé contesté |
Maintenu en 1742 malgré l’opposition épiscopale. |
| Nicolas Lejolly - Vicaire |
Fait condamner des insultes en 1746 pendant la messe. |
| Abbé Bernard Chardon - Curé restaurateur |
Dirige les travaux de 1962 et invente une technique de vitraux. |
| Alain Legros - Sculpteur |
Réalise les statues du maître-autel en 1987. |
Origine et histoire
L'église Notre-Dame du Ham est une église catholique située dans le bourg du Ham, en Mayenne (Pays de la Loire). Son emplacement actuel, au croisement des routes départementales 219 et 264, résulterait selon une légende locale d’un miracle : la Vierge aurait tracé un ruisseau pour indiquer que le sanctuaire devait être bâti au Ham plutôt qu’à la Rousselière, village voisin. Ce récit populaire explique aussi la présence d’un ruisseau traversant l’ancien cimetière attenant à l’église.
L’histoire documentée de l’église remonte au moins au IXe siècle. En 832, Louis le Pieux confirme son appartenance au diocèse du Mans. En 1095, citée sous le nom d’Ecclesia de Ham, elle est alors propriété de laïcs avant d’être cédée aux religieux de Saint-Vincent du Mans par Guillaume de Doucelles, en échange de mille messes pour le salut de son épouse défunte. Un conflit oppose ensuite Guillaume de Doucelles à son vassal, Guillaume du Ham, qui revendique l’église. Le fils de Guillaume de Doucelles confirme finalement la donation aux moines, transformant l’église en prieuré.
Les archives révèlent des tensions religieuses aux XVIIIe siècle. En 1742, le curé Louis Launay, jugé « turbulent » par l’évêque, est maintenu en poste par un arrêt du Parlement. Quatre ans plus tard, en 1746, le vicaire Nicolas Lejolly fait condamner deux hommes pour outrage pendant la messe. L’inventaire de 1906, marqué par une résistance locale (400 personnes malgré la neige), se déroule dans un climat tendu, avec une intervention musclée de quinze gendarmes entrant par une fenêtre fracturée.
L’architecture actuelle de l’église résulte de remaniements majeurs aux XVIIIe et XIXe siècles. La tour, construite en 1868 selon les plans de l’architecte Dromer pour 9 236 francs, s’accompagne de modifications comme le bouchage des fenêtres à lancettes, remplacées par des pleins-cintres, et l’ajout de deux chapelles latérales. À l’intérieur, la chapelle Notre-Dame de Pitié (1576), les stalles et le confessionnal (1890), ainsi que le retable central (XVIIIe siècle) témoignent de cette évolution. Une restauration ambitieuse est menée en 1962 par l’abbé Bernard Chardon, qui modernise les fresques, les vitraux (technique économique à base de résine) et pose des céramiques au chœur en 1978.
Les dernières interventions artistiques datent de 1987, avec la sculpture de deux statues en orme pour le maître-autel par Alain Legros, complétées par deux statues en chêne dans les chapelles latérales. Ces ajouts contemporains s’intègrent à un édifice où se superposent légende médiévale, conflits seigneuriaux, et transformations architecturales liées aux besoins liturgiques et communautaires.