Fondation de l’*Universitas clericorum* 1240 (≈ 1240)
Création de la communauté de prêtres séculiers.
1263
Construction de la première église
Construction de la première église 1263 (≈ 1263)
Autorisée par Alphonse de Poitiers et Urbain IV.
1308
Incendie et reconstruction
Incendie et reconstruction 1308 (≈ 1308)
Édifice rebâti en style gothique méridional.
1438
Agrandissement de la façade
Agrandissement de la façade 1438 (≈ 1438)
Autorisé par Charles Ier de Bourbon.
1646–1648
Reconstruction du dôme
Reconstruction du dôme 1646–1648 (≈ 1647)
Destroyé par une tempête, puis rebâti.
1791
Érection en paroisse
Érection en paroisse 1791 (≈ 1791)
Sous la Révolution, malgré les nationalisations.
1823–1856
Restaurations par Chabrier
Restaurations par Chabrier 1823–1856 (≈ 1840)
Ajout de chapelles et portail néo-gothique.
1930
Classement monument historique
Classement monument historique 1930 (≈ 1930)
Protection définitive de l’édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Notre-Dame-du-Marthuret : classement par arrêté du 24 octobre 1930
Personnages clés
Alphonse de Poitiers - Comte d’Auvergne (XIIIe siècle)
Finança la première église en 1263.
Urbain IV - Pape (1261–1264)
Autorisa la construction de l’église.
Charles Ier de Bourbon - Comte puis duc de Bourbon
Permit l’agrandissement de la façade (1427–1438).
Pierre de Thury - Sculpteur (début XVe siècle)
Auteur présumé de la *Vierge à l’Oiseau*.
Pierre Chabrier - Curé (1823–1856)
Dirigea les restaurations du XIXe siècle.
Émile Thibaud - Maître verrier (XIXe siècle)
Réalisa les vitraux néo-gothiques vers 1843.
Origine et histoire
L’église Notre-Dame-du-Marthuret, située à Riom dans le nord de l’Auvergne, est un édifice gothique méridional marqué par une histoire complexe. Son origine remonte à 1240, lorsque des prêtres séculiers, organisés en Universitas clericorum riomensium, obtiennent l’autorisation de construire une chapelle dans le quartier du Marthuret, un terme occitan désignant un cimetière. Sous l’impulsion d’Alphonse de Poitiers, comte d’Auvergne, et avec l’appui du pape Innocent IV, la chapelle est érigée entre 1245 et 1263, puis transformée en église en 1291. Le vocable Notre-Dame reflète son dédicace à la Vierge Marie, objet d’un culte majeur à Riom, où jusqu’à vingt-cinq confréries locales étaient placées sous son patronage.
L’église primitive, achevée en 1291, est détruite par un incendie en 1308. Reconstruite dans le style gothique méridional, elle adopte une nef simple avec une abside à trois chapelles et un chœur remanié en 1340. Au XVe siècle, la façade est agrandie et embellie, notamment grâce à l’autorisation de Charles Ier de Bourbon, tandis que des chapelles Renaissance, comme celle de Saint-Jacques (XVIe siècle), sont ajoutées. Le dôme caractéristique de la tour nord, érigé en 1584 pour remplacer une flèche endommagée par des séismes, devient un symbole de la ville, bien qu’il soit détruit par une tempête en 1646 et reconstruit en 1648.
La Révolution française marque un tournant pour l’église : en 1789, ses biens sont nationalisés, et la statue emblématique de la Vierge à l’Oiseau (XVe siècle), attribuée au sculpteur Pierre de Thury, est préservée in extremis par les habitants. Classée monument historique en 1930 après des restaurations controversées au XIXe siècle (notamment par l’architecte Mallay), l’église abrite aujourd’hui des œuvres majeures, comme des vitraux des XVe–XIXe siècles, une Vierge noire médiévale, et un orgue Callinet de 1838. Son rôle pastoral et culturel perdure, témoignant de huit siècles d’histoire religieuse et artistique.
Parmi les éléments remarquables, la Vierge à l’Oiseau, classée en 1902, illustre un épisode apocryphe de l’enfance du Christ et incarne le savoir-faire des sculpteurs bourguignons. Les vitraux, comme celui de l’Annonciation (1450–1460) ou les verrières du XIXe siècle signées Émile Thibaud, reflètent l’évolution des techniques et des dévotions. Les confréries, actives jusqu’au XVIIe siècle, ont marqué la vie sociale de Riom, avec des corporations (orfèvres, tanneurs) célébrant leurs saints patrons dans ses chapelles.
L’architecture de l’église, mêlant gothique méridional et ajouts néo-gothiques, révèle les tensions entre préservation et modernisation. Déclassée puis reclassée au XIXe siècle, elle doit sa survie à des interventions locales, comme celle du curé Chabrier (1823–1856), qui agrandit l’édifice. Aujourd’hui, son dôme, ses chapelles latérales, et son mobilier en font un joyau du patrimoine riomois, indissociable de l’histoire de la Terre royale d’Auvergne et de son héritage médiéval.
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