Origine et histoire de l'Église Notre-Dame-du-Puy
L'église Notre-Dame-du-Puy de Figeac, située dans le Lot en Occitanie, est la plus ancienne paroisse de la ville. Selon la légende, sa fondation au VIIIe siècle serait liée à un miracle : un arbre couvert de feuilles en hiver et un rosier fleurissant, désignant l’emplacement pour une église dédiée à la Vierge, alors nommée Notre-Dame-la-Fleurie. Des fouilles récentes ont révélé des murs antérieurs au XIe siècle, confirmant une occupation ancienne, bien que la première église romane documentée date du XIIe siècle, comme en témoignent des chapiteaux réemployés similaires à ceux de l’abbaye Saint-Sauveur.
La construction de l’édifice actuel débuta sous l’abbé Gaillard II de Montaigut (1260–1288), avec une structure en croix latine incluant une nef à collatéraux, un transept saillant et un chœur à abside. Au XIVe siècle, après l’émancipation de Figeac de la tutelle abbatiale, des chapelles funéraires furent ajoutées par les familles patriciennes, modifiant le transept et la façade ouest. L’église, épargnée pendant la guerre de Cent Ans, fut cependant transformée en fort protestant entre 1576 et 1622, subissant des destructions (clocher, voûtes, mur sud) après sa reprise par les catholiques.
La reconstruction majeure eut lieu entre 1666 et 1699 sous l’impulsion de l’abbé Antoine de Laborie, curé du Puy. Les travaux unifièrent les nefs en un vaisseau large de 15 mètres, intégrant des éléments anciens comme les chapiteaux romans du chœur. Le retable en noyer (1696) et des tableaux de Lofficial, peintre local, ornent désormais l’intérieur. Classée monument historique en 1916, l’église conserve aussi des sarcophages mérovingiens sous ses dalles, rappelant son ancrage millénaire.
L’architecture mêle ainsi des vestiges romans (chapiteaux sculptés, abside à cul-de-four), des ajouts gothiques (façade ouest, chapelles latérales) et baroques (voûtes du XVIIe siècle, retable). Les restaurations des XIXe et XXe siècles, bien que partielles, visèrent à retrouver un style néo-roman, tandis que des modifications comme l’abaissement des toitures des collatéraux (vers 1930) adaptèrent l’édifice aux besoins modernes.
Aujourd’hui, Notre-Dame-du-Puy reste un symbole de la vie religieuse et communautaire figeacoise, marquée par son rôle dans le pèlerinage médiéval (confrérie Saint-Jacques) et sa résilience face aux conflits. Son clocher, reconstruit après les dégâts des guerres de Religion, et ses décors intérieurs baroques illustrent les strata historiques de la ville, entre héritage monastique et influence laïque.