Frise chronologique
1077–1123
Donation à l'abbaye de Montierneuf
Donation à l'abbaye de Montierneuf
1077–1123 (≈ 1100)
Guillaume IX cède l’église à Cluny.
1123
Bulle de Calixte II
Bulle de Calixte II
1123 (≈ 1123)
Confirmation de possession par le pape.
Fin XIIe siècle
Première campagne de construction
Première campagne de construction
Fin XIIe siècle (≈ 1295)
Abside, transept et nef partielle.
1391
Première mention de la Sainte-Ceinture
Première mention de la Sainte-Ceinture
1391 (≈ 1391)
Relique majeure de l’église.
1481
Érection en collégiale par Louis XI
Érection en collégiale par Louis XI
1481 (≈ 1481)
Création d’un chapitre de chanoines.
1562–1598
Pillages pendant les guerres de Religion
Pillages pendant les guerres de Religion
1562–1598 (≈ 1580)
Sainte-Ceinture mise à l’abri.
1862
Classement monument historique
Classement monument historique
1862 (≈ 1862)
Protection de l’État français.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par liste de 1862
Personnages clés
| Guillaume IX d'Aquitaine - Duc d’Aquitaine |
Cède l’église à Cluny (1077–1123). |
| Calixte II - Pape |
Confirme la possession en 1123. |
| Louis XI - Roi de France |
Érige l’église en collégiale (1481). |
| Sixte IV - Pape |
Approuve la fondation collégiale (1483). |
| Alexandre VI - Pape |
Confirme les privilèges (1493). |
| Charles Joly-Leterme - Architecte |
Restaure le clocher au XIXe siècle. |
Origine et histoire
L’église Notre-Dame du Puy-Notre-Dame, située dans le département de Maine-et-Loire, trouve ses origines au XIe siècle. Entre 1077 et 1123, Guillaume IX d’Aquitaine cède l’église à l’abbaye Saint-Jean de Montierneuf de Poitiers, dépendante de Cluny. Une bulle papale de Calixte II en 1123 confirme cette possession sous le nom ecclesia Sancte Mariae de Puteo. L’édifice actuel, de style gothique angevin, remplace un premier bâtiment roman dont subsistent des vestiges, comme une porte murée et les deux premières travées du collatéral nord. Sa construction s’étale sur deux campagnes : la première à la fin du XIIe siècle (abside, transept, nef partielle), la seconde un demi-siècle plus tard.
L’église abrite une relique majeure, la Sainte-Ceinture de la Vierge, attestée dès 1391. Au XVe siècle, Louis XI érige l’église en collégiale par lettres patentes (1481), décision confirmée par le pape Sixte IV (1483) puis Alexandre VI (1493) malgré des contestations. Les guerres de Religion (1562–1598) marquent son histoire : pillages par les Huguenots, mise à l’abri de la relique, et reconstruction partielle (jubé en 1596, orgue en 1627). Le clocher et la sacristie sont ajoutés au XVe siècle, tandis que des restaurations ultérieures, comme celles de Charles Joly-Leterme, préservent son patrimoine.
Architecturalement, Notre-Dame illustre le gothique angevin avec une nef à trois vaisseaux de même hauteur, des voûtes à liernes, et des chapiteaux à crochets. Ses clefs de voûte historiées et ses arcatures aveugles s’inspirent de la cathédrale de Poitiers, avec des particularités locales comme les statuettes sur les murs-diaphragmes. Classée monument historique en 1862, l’église conserve aussi un mobilier remarquable, dont des stalles du XVIe siècle mêlant styles gothique et Renaissance, partiellement dispersées au château de Montreuil-Bellay.
Le pèlerinage lié à la Sainte-Ceinture, documenté depuis le Moyen Âge, attire les fidèles malgré les tumultes historiques. Les sources écrites, comme les bulles pontificales ou les chroniques locales (abbé Bédouët, 1868), soulignent son rôle spirituel et culturel en Anjou. Aujourd’hui, l’édifice témoigne à la fois de l’influence clunisienne, des conflits religieux, et de l’art gothique régional, tout en restant un lieu de dévotion active.