Origine et histoire de l'Église Notre-Dame et de la croix
L'église Notre‑Dame est une église catholique paroissiale implantée à Théméricourt, dans le Val‑d'Oise, au cœur du Parc naturel régional du Vexin français. Les parties les plus anciennes — la croisée du transept et la base du clocher jusqu'à l'étage de beffroi — datent d'une période comprise entre 1150 et 1180 et témoignent de la transition du roman au gothique, notamment par les chapiteaux des arcades autour du carré du transept et à l'ouest du chœur. Donnée au prieuré Saint‑Lô de Rouen en 1205, l'église a ensuite vu l'adjonction des chapelles latérales du chœur et la reconstruction de la nef, avec un gothique soumis à de nombreux remaniements liés aux réparations après la guerre de Cent Ans et à l'installation de retables. À la seconde moitié du XVIe siècle, sous l'impulsion du seigneur Achim d'Abos, la nef a été voûtée d'ogives dans un style de la Renaissance ; ces voûtes, aux clés richement décorées, retombent sur des consoles engagées placées au‑dessus de chapiteaux du début du XIIIe siècle, disposition d'ensemble assez rare. Les hautes fenêtres de la nef ont été obturées et les peintures murales du XIIIe siècle au‑dessus de l'arc triomphal sont cachées au public, visibles seulement depuis les combles. Classée monument historique le 7 mai 1929, l'église n'a reçu que des restaurations limitées et présente aujourd'hui un état préoccupant, ayant nécessité des consolidations urgentes en 2014. Elle dépend de la paroisse d'Avernes et Marines ; il n'y a plus de prêtre résident et les messes dominicales y sont désormais très rares, deux ou trois fois par an.
Située place Saint‑Lô sur l'emplacement d'un ancien cimetière, l'église donne sur une place engazonnée ; l'ancien presbytère vendu à la Révolution se trouve à l'ouest et le château abritant l'administration du parc à l'est, tandis que les anciens communs accueillent les collections du musée du Vexin français. L'ancien cimetière a été transféré en dehors du village sur la route d'Avernes et le terrain autour de l'église est resté clos de murs; on y trouve notamment une statue de la Vierge à l'Enfant et la croix pattée dite de l'Ormeteau‑Marie, datée du XIIe siècle et classée monument historique le 21 avril 1938. De la façade occidentale on n'aperçoit guère que le mur du bas‑côté sud; son portail est généralement ouvert mais fermé par une grille permettant l'aération.
Le plan de l'édifice, légèrement dévié de 13° vers le sud, comprend une nef de quatre travées flanquée de deux bas‑côtés, la base du clocher correspondant à la croisée du transept, un chœur d'une travée à chevet plat et deux chapelles latérales qui englobent les anciens croisillons ; la longueur intérieure est d'environ 24,50 m pour une largeur d'environ 15 m. Excepté les bas‑côtés, l'ensemble de l'édifice est voûté d'ogives ; l'accès principal se fait par un portail latéral nord donnant sur la place Saint‑Lô, le portail occidental débouchant aujourd'hui sur une propriété privée.
L'intérieur présente de grandes arcades du début du XIIIe siècle et des voûtes d'ogives du XVIe siècle qui ont profondément transformé l'aspect primitif de la nef ; les arcades, à double rouleau et simplement chanfreinées, retombent sur des chapiteaux sculptés de grandes feuilles et de motifs polylobés. Des traces de polychromie ancienne subsistent dans les ébrasements et sous des badigeons, et au‑dessus de l'arc triomphal se trouvent des peintures du XIIIe siècle représentant le Christ en gloire et les symboles du Tétramorphe, restaurées en 1999 et visibles depuis les combles. Les piliers monocylindriques portent des bases ornées et, au‑dessus des tailloirs du début du XIIIe siècle, des consoles de style Renaissance engagées soutiennent une corniche d'où retombent les nervures des voûtes ; plusieurs clés de voûte secondaires et centrales portent un décor héraldique et floral, certaines centrales exhibant les armes d'Achim d'Abos et d'autres écussons familiaux en hommage aux donateurs.
La base du clocher et le chœur forment un ensemble homogène, déliminé par quatre piles et des doubleaux en arc brisé à double rouleau ; colonnettes appareillées, chapiteaux sculptés de palmettes et d'acanthes et bases à tores et griffes composent cette architecture raffinée qui conserve des détails archaïques, notamment dans le profil des ogives et dans la faible élévation de la voûte du chœur. Les chapelles latérales, assimilées aux croisillons, présentent des fenêtres à deux lancettes surmontées d'un oculus au remplage de type rayonnant tardif et des voûtements divers résultant des campagnes successives de construction et de réparation ; la chapelle latérale nord présente au chevet une baie gothique flamboyante plus tardive.
Extérieurement, la façade occidentale et les élévations des bas‑côtés ont été largement remaniées aux XIXe et XXe siècles et n'offrent guère d'éléments antérieurs significatifs ; elles associent moellons et pierre de taille, contreforts à ressauts et baies en plein cintre, tandis que le portail latéral nord relève d'une reprise néoromane. Le clocher, à trois étages intérieurs, présente en élévation des baies géminées, de nombreuses colonnettes d'angle et une corniche mutilée ; l'étage supérieur, moins élevé, a un caractère moins cohérent stylistiquement.
Le mobilier de l'église comprend plusieurs pièces classées au titre des objets : peintures murales visibles depuis les combles, deux dalles funéraires à effigies gravées, les statues polychromes de saint Blaise et de saint Lô datées du XVIe siècle, des stalles individuelles du XVIIe siècle, une statue de la Vierge à l'Enfant du XVe siècle, le grand tableau de l'Assomption du maître‑autel donné par le président Chevalier et divers retables et éléments de mobilier classés ou restaurés ; certaines dalles funéraires importantes, dont celle d'Achim d'Abos, ont été replacées dans la chapelle latérale nord.