Origine et histoire
L'église Notre-Dame de Vétheuil, située dans le Val-d'Oise en Île-de-France, est un édifice religieux dont les origines remontent au moins à la fin du XIe siècle, avec une première mention écrite attestant son existence. Les parties les plus anciennes encore visibles aujourd’hui, comme les noyaux des piliers du clocher, datent du XIIe siècle. Ce clocher, initialement roman, fut reconstruit au XIIIe siècle dans un style gothique primitif, tandis que le chœur, achevé vers 1200, illustre la transition vers le gothique avec ses chapiteaux et son abside à sept pans. La nef et les collatéraux, quant à eux, furent entièrement reconstruits au XVIe siècle, intégrant des éléments de style gothique flamboyant et Renaissance, sous l’influence de maîtres-maçons comme Jean Grappin, appelé par les seigneurs locaux Louis de Silly et Anne de Laval.
La reconstruction de la nef au XVIe siècle s’inscrit dans un contexte de prospérité pour Vétheuil, alors bourg important du Vexin français comptant plus de 1 000 habitants au XIIIe siècle. Les travaux, financés en partie par les aumônes des pèlerins attirés par le culte de Notre-Dame de Grâce, s’étalèrent sur plusieurs décennies, avec des interruptions et des ajouts successifs. Le portail méridional, protégé par un porche, et la façade occidentale, ornés de sculptures Renaissance, furent réalisés vers 1551-1558, reflétant l’influence italienne et la richesse artistique de l’époque. L’église, classée monument historique dès 1840, a bénéficié de restaurations régulières, notamment après les dommages de la Seconde Guerre mondiale, préservant ainsi son mobilier exceptionnel et ses peintures murales.
Le mobilier de l’église Notre-Dame est d’une richesse remarquable, avec des statues classées des XVe au XVIIe siècles, dont une Vierge à l’Enfant du XIVe siècle et des œuvres Renaissance comme la Prudence ou la Charité. Le retable de la Passion, d’origine flamande, et les peintures murales de la chapelle de la Charité, illustrant des scènes apocalyptiques et des processions funéraires, témoignent de la vitalité religieuse et artistique de la paroisse. Les confréries locales, comme celle de la Charité fondée au XIVe siècle, jouèrent un rôle social majeur, organisant des sépultures et des aides aux pauvres, tandis que l’hôtel-Dieu et la léproserie, aujourd’hui disparus, complétaient ce réseau caritatif.
L’histoire de la paroisse est marquée par des événements comme la confirmation de plus de 1 000 personnes en 1783 ou les destructions révolutionnaires de 1793, où statues et emblèmes royaux furent vandalisés. Le curé de l’époque, Jean Nicolas Guillaume de Gouville de Bretteville, joua un rôle clé pendant cette période troublée, avant d’être déporté en 1799. Au XIXe siècle, des restaurations majeures, menées par des figures comme l’abbé Amaury ou l’architecte Alphonse Durand, permirent de préserver l’édifice, tandis que le chanoine François Lemaire, curé pendant 59 ans, contribua à la sauvegarde des vitraux et du mobilier après la Seconde Guerre mondiale.
Architecturalement, l’église se distingue par son plan à doubles collatéraux, rare dans les églises villageoises du Vexin, et par la juxtaposition de styles, du gothique primitif de l’abside aux éléments Renaissance des portails. Le clocher, haut de 34 mètres, avec ses baies géminées et ses contreforts plats, s’inscrit dans la tradition des clochers vexinois, tandis que les voûtes sexpartites du chœur et les oculi surplombant les lancettes créent un jeu de lumière caractéristique. Les élévations latérales, rythmé par des pignons à fleuron et des gargouilles, contrastent avec la façade occidentale, ornée de médaillons et de tourelles d’escalier, reflétant l’influence de Jean Grappin.
Aujourd’hui, l’église Notre-Dame de Vétheuil reste un lieu de culte actif, avec des messes célébrées régulièrement, tout en étant un site touristique majeur du Parc naturel régional du Vexin français. Son état de conservation, son mobilier classé, et son histoire mouvementée en font un monument emblématique du patrimoine religieux et architectural d’Île-de-France, attirant autant les fidèles que les amateurs d’art et d’histoire.