Frise chronologique
1025
Fondation de l'église
Fondation de l'église
1025 (≈ 1025)
Par Hugues IV de Lusignan en l'honneur de Notre-Dame.
1110-1130
Seconde campagne de construction
Seconde campagne de construction
1110-1130 (≈ 1120)
Initiée par Hugues VI après une croisade.
1168
Destructions partielles
Destructions partielles
1168 (≈ 1168)
Conflit entre Henri II Plantagenêt et les Lusignan.
1373
Effondrement du clocher
Effondrement du clocher
1373 (≈ 1373)
Pendant la guerre de Cent Ans.
1377
Restauration par Jean de Berry
Restauration par Jean de Berry
1377 (≈ 1377)
Réparation des voûtes et de la façade.
1862
Classement monument historique
Classement monument historique
1862 (≈ 1862)
Protection officielle de l'édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par liste de 1862
Personnages clés
| Hugues IV de Lusignan - Fondateur de l'église |
Seigneur de Lusignan, initiateur de la construction en 1025. |
| Hugues VI de Lusignan - Mécène de la seconde campagne |
Agrandi l'édifice après 1110. |
| Jean de Berry - Comte de Poitou et restaurateur |
Finança les réparations en 1377. |
| Bertrand Du Guesclin - Chef militaire |
Assiégea Lusignan en 1373, causant des dommages. |
Origine et histoire
L’église Notre-Dame-et-Saint-Junien de Lusignan, fondée en mars 1025 par Hugues IV de Lusignan, est dédiée à la Vierge Marie. Sa construction s’étale sur deux campagnes majeures : la première, au début du XIe siècle, concerne les murs nord et sud de la nef, le croisillon nord et son absidiole ; la seconde, entre 1110 et 1130, est initiée par Hugues VI de Lusignan après son retour d’une croisade. L’édifice, de style roman, intègre des éléments gothiques comme les seize piliers supportant les voûtes, ajoutés après les destructions liées au conflit entre Henri II Plantagenêt et les seigneurs locaux en 1168.
Au XIVe siècle, l’église subit de lourds dommages lors de la guerre de Cent Ans. En 1373, les Anglais s’emparent de Lusignan, et Bertrand Du Guesclin assiège la forteresse voisine. Le clocher s’effondre et les voûtes cèdent, nécessitant des restaurations ordonnées par Jean de Berry, comte de Poitou, en 1377. La façade occidentale et les voûtes des cinq premières travées de la nef sont alors reconstruites. L’extérieur de l’édifice se distingue par son chevet sculpté, orné de chapiteaux représentant des créatures mythiques comme des dragons, un lion ailé, ou Mélusine, figure légendaire liée à la dynastie des Lusignan.
Le porche sud, voûté en berceau brisé, ouvre sur une porte flamboyante du XVe siècle, tandis que le porche nord, datant du XIIe siècle, mène à l’ancien prieuré dépendant de l’abbaye de Nouaillé-Maupertuis. Son archivolte est décorée d’un bestiaire varié, incluant des animaux réels et fantastiques. À l’intérieur, la nef de 57 mètres de long alterne voûtes à croisées d’ogives et berceau brisé. La crypte du XIIe siècle, voûtée d’arêtes, repose sur des colonnes aux chapiteaux ornés de volutes. Les vitraux, créés au XIXe siècle par les ateliers Eugène Denis et Guérithault, illustrent des scènes religieuses comme l’Assomption de la Vierge ou saint Martin de Tours.
Classée monument historique en 1862, l’église incarne près d’un millénaire d’histoire religieuse et seigneuriale. Son architecture mêle influences romanes et gothiques, tandis que ses sculptures, comme celles de Mélusine ou des sirènes, reflètent les croyances et symboles médiévaux. Les restaurations successives, notamment après les conflits du Moyen Âge, ont préservé cet édifice emblématique du patrimoine poitevin, étroitement lié à la puissante famille de Lusignan, dont plusieurs membres devinrent rois de Chypre et de Jérusalem.
Les dalles funéraires des XVIe et XVIIe siècles, ainsi que le gisant mutilé du XIIIe siècle présent dans l’église, rappellent son rôle de lieu de sépulture pour les notables locaux. La légende de Mélusine, fée-serpent fondatrice mythique de la dynastie, est omniprésente dans l’iconographie, renforçant le lien entre le monument et l’identité historique de Lusignan. Aujourd’hui, l’église reste un témoignage majeur de l’art roman en Poitou, marqué par les conflits, les reconstructions et la dévotion mariale.