Frise chronologique
781
Fondation de l'oratoire
Fondation de l'oratoire
781 (≈ 781)
Guilhem érige un oratoire après sa victoire.
800
Fondation de l'abbaye bénédictine
Fondation de l'abbaye bénédictine
800 (≈ 800)
Moines d’Aniane établissent un monastère.
1113 et 1119
Conflits juridictionnels
Conflits juridictionnels
1113 et 1119 (≈ 1119)
Papauté confirme les droits d’Aniane.
1150 (vers)
Reconstruction de l'église
Reconstruction de l'église
1150 (vers) (≈ 1150)
Édifice roman actuel bâti.
1214–1230
Dévastation par la croisade albigeoise
Dévastation par la croisade albigeoise
1214–1230 (≈ 1222)
Abbaye et église endommagées.
1570–1590
Guerres de Religion
Guerres de Religion
1570–1590 (≈ 1580)
Abandon du prieuré, conversion protestante.
1793
Effondrement de la voûte
Effondrement de la voûte
1793 (≈ 1793)
Dégâts structurels majeurs.
1823–1880
Travaux de consolidation
Travaux de consolidation
1823–1880 (≈ 1852)
Nef surélevée et renforcée.
8 mai 1939
Classement de l'abside
Classement de l'abside
8 mai 1939 (≈ 1939)
Inscription aux Monuments Historiques.
1956
Fermeture du moulin à huile
Fermeture du moulin à huile
1956 (≈ 1956)
Fin de l’activité après un hiver rigoureux.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Abside : inscription par arrêté du 8 mai 1939
Personnages clés
| Guilhem (vers 750–815) - Comte d’Aquitaine |
Fonda l’oratoire en 781. |
| Raymond de Saint-Gilles (1042–1105) - Seigneur local |
Céda l’abbaye à Cluny en 1065. |
| Antoine de Crussol - Duc d’Uzès |
Acheta la juridiction en 1571. |
| Jean de Pélegrin - Seigneur de la Bastide |
Acquit justice et biens en 1596. |
| Louise de Clermont (1504–1596) - Duchesse d’Uzès |
Inféoda la juridiction en 1578. |
| Pape Pascal II et Calixte II - Souverains pontifes |
Confirmèrent droits d’Aniane (1113, 1119). |
Origine et histoire
L’église Notre-Dame-et-Saint-Michel de Goudargues, édifiée vers 1150, est un témoignage des styles roman et gothique. Fondée sur les vestiges d’une villa gallo-romaine, elle fut d’abord un oratoire érigé en 781 par Guilhem, comte d’Aquitaine, après sa victoire contre les Sarrasins. L’abbaye bénédictine voisine, liée à Aniane, connut des conflits juridictionnels et religieux jusqu’au XVIIIe siècle, notamment avec Cluny et la Chaise-Dieu.
L’église, reconstruite au XIIe siècle après des destructions, conserve une abside pentagonale ornée d’arcatures et de chapiteaux historiés, comme celui des deux oiseaux s’abreuvant au calice. Voûtée en berceau, sa nef unique (37 m de long) fut consolidée aux XIXe siècle après des effondrements aux XVIe et XVIIIe siècles. Ses deux clochers, partiellement refaits, encadrent une façade remaniée.
L’abbaye, dévastée pendant la croisade des Albigeois (1214–1230) et les guerres de Religion (1570–1590), perdit son influence après la Réforme. Les prieurs, détenteurs de juridictions locales, vendirent leurs droits à la famille d’Uzès en 1571, puis à Jean de Pélegrin en 1578. La salle capitulaire, aujourd’hui espace culturel, et la chapelle de Caseneuve (1115), intégrée à une tour de défense, subsistent comme vestiges du monastère.
Le village se développa autour de l’abbaye, dont les moines aménagèrent canaux et douves pour l’irrigation et la protection. Un moulin à huile, actif jusqu’en 1956, témoigne de cette activité économique. L’église, classée partiellement en 1939, incarne les transformations architecturales et les luttes de pouvoir qui marquèrent le Languedoc médiéval.
Les chapiteaux de l’abside, mêlant motifs antiques et chrétiens (comme la tunique entre deux oiseaux), reflètent un art roman archaïsant. La voûte en cul-de-four, ornée de caissons en trompe-l’œil, et les arcatures sur colonnes engagées soulignent l’influence clunisienne. Les conflits entre catholiques et protestants (dès 1540) affaiblirent durablement le prieuré, dont les biens furent aliénés après la Révolution.