Origine et histoire
L'église Notre-Dame-et-Saint-Tugen, située à Brasparts dans le Finistère, est un édifice emblématique de l'architecture religieuse bretonne. Construite principalement en granite, elle date en partie du XVIe siècle, avec des ajouts ultérieurs comme le transept et le chœur du XVIIIe siècle. Dédiée à la Vierge-Marie et à saint Tugen, un saint breton invoqué contre la rage, elle fut initialement placée sous la protection de saint Jaoua, neveu de saint Paul Aurélien, qui y mourut et fut enterré à Plouvien. Classée monument historique en 1914, elle s’inscrit dans un enclos paroissial typique, incluant un calvaire, un ossuaire, et un porche abritant les statues des Apôtres.
Le clocher, de style léonard avec galerie et lanternons, date du XIXe siècle, bien que sa base, marquée par la date de 1551, soit plus ancienne. Le porche sud, orné de statues et de peintures représentant les attributs des Évangélistes, porte la date de 1587. À l’intérieur, l’église conserve une nef de six travées avec bas-côtés, un chœur profond, et des vitraux remarquables, dont un du XVIe siècle illustrant la Passion, et un autre du XIXe siècle décrivant des scènes évangéliques. Le mobilier inclut un maître-autel du XIXe siècle, des statues en bois polychrome des saints protecteurs (Notre-Dame-de-Brasparts et saint Tugen), ainsi qu’un autel du Rosaire de 1658, œuvre de Maurice Le Roux.
L’enclos paroissial abrite également un calvaire du XVIe siècle, représentant notamment saint Michel terrassant le dragon et une Pietà atypique, ainsi qu’un ossuaire de style Flamboyant reconstruit en 1711. Ce dernier, orné de symboles macabres comme un Ankou et un squelette, porte des inscriptions en breton et en français, rappelant la mortalité humaine. Les fonts baptismaux du XVIIe siècle, la chaire à prêcher de style Louis XIV, et une sacristie dotée de mobilier religieux ancien complètent cet ensemble patrimonial, témoin de la dévotion et de l’artisanat locaux.
Les cloches, datées de 1904, portent des noms féminins traditionnels (Marie Léonce Renée Charlotte, Marie Louise Suzanne, etc.), reflétant les pratiques de l’époque. L’église, propriété de la commune, reste un lieu de culte actif tout en attirant les visiteurs pour son architecture et son histoire. Son classement parmi les monuments historiques du Finistère souligne son importance dans le patrimoine religieux breton, mêlant héritage médiéval, Renaissance, et ajouts plus récents.
La statuaire intérieure, incluant une Piéta, saint André, saint Herbot, et saint Éloi, ainsi que les autels latéraux dédiés au Rosaire et à saint Pierre-aux-Liens, illustrent la richesse iconographique de l’édifice. Les vitraux, les peintures, et les sculptures racontent des épisodes bibliques ou hagiographiques, servant à la fois de support à la dévotion et d’outil pédagogique pour les fidèles. L’ossuaire, avec ses ouvertures en anse de panier et ses décors symboliques, rappelle quant à lui le rôle mémoriel de ces ensembles paroissiaux en Bretagne.
Enfin, l’église de Brasparts incarne la transition entre le Moyen Âge et l’époque moderne, avec des éléments gothiques flamboyants côtoyant des ajouts baroques ou classiques. Son enclos, typique de l’organisation spatiale des paroisses bretonnes, reflète une communauté rurale structurée autour de sa foi, de ses saints locaux, et de ses traditions funéraires. Aujourd’hui, ce monument continue de jouer un rôle central dans la vie locale, tout en étant un témoignage précieux de l’histoire religieuse et artistique de la région.