Fondation de l'église XIe siècle (≈ 1150)
Construction initiale sous vocable Saint-Martin.
XIIe siècle
Achèvement et ajouts majeurs
Achèvement et ajouts majeurs XIIe siècle (≈ 1250)
Portail saintongeais et clocher érigés.
XIIIe siècle
Extension gothique
Extension gothique XIIIe siècle (≈ 1350)
Chevet rectangulaire et bas-côté nord ajoutés.
XVIe siècle (Guerres de religion)
Fortification du clocher
Fortification du clocher XVIe siècle (Guerres de religion) (≈ 1650)
Ajout de créneaux et mâchicoulis.
1835
Restauration structurelle
Restauration structurelle 1835 (≈ 1835)
Reconstruction de deux piliers porteurs.
1er décembre 1908
Classement monument historique
Classement monument historique 1er décembre 1908 (≈ 1908)
Protection officielle avec le prieuré attenant.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 1er décembre 1908
Personnages clés
Léon Drouyn - Architecte-restaurateur
Dirige les restaurations de la façade (XIXe).
Origine et histoire
L’église Notre-Dame de Peujard, initialement dédiée à Saint-Martin avant d’être placée sous le vocable de Notre-Dame, trouve ses origines au XIe siècle, avec une construction majoritairement achevée au XIIe siècle. Son architecture mêle influences romanes et gothiques, comme en témoignent son portail saintongeais orné de voussures et son clocher reposant sur la deuxième travée est. À cette époque, l’édifice présentait une nef non voûtée, partiellement achevée, et une coupole inspirée des modèles saintongeais, comme celle de Marignac. Les supports intérieurs, composés de pilastres à colonnes engagées, portent des chapiteaux sculptés de feuillages ou de motifs géométriques.
Au XIIIe siècle, un chevet rectangulaire est ajouté, marquant la transition vers le gothique tardif. Un bas-côté nord, correspondant aux trois travées orientales, est également construit, suggérant que l’église romane originale était plus courte. Les Guerres de religion (XVIe siècle) transforment le clocher en ouvrage défensif : créneaux, mâchicoulis et échauguettes y sont ajoutés, tandis que le sommet des murs est crénelé. Ces modifications reflètent les tensions religieuses de l’époque, où les édifices cultuels devenaient des refuges fortifiés.
Les siècles suivants voient des aménagements ponctuels : réparations mineures en 1623 (porte de l’église), réaménagement des fonts baptismaux au XVIIIe siècle, et pose d’un bourdon en 1874. En 1835, deux piliers supportant voûtes et clocher sont reconstruits, révélant des fragilités structurelles. La façade et l’intérieur sont restaurés à la fin du XIXe siècle sous la direction de Léon Drouyn, architecte régional connu pour ses travaux sur le patrimoine aquitain. L’église abrite aujourd’hui un retable baroque, une peinture du XVIIIe siècle (Le Baptême du Christ), et deux cadrans canoniaux gravés dans le mur sud, outils liturgiques médiévaux.
Classée monument historique le 1er décembre 1908, l’église Notre-Dame est indissociable de l’ancien prieuré attenant, dont subsistent des vestiges. Son histoire illustre les évolutions architecturales (roman → gothique), les adaptations défensives, et les restaurations modernes, tout en conservant des éléments liturgiques rares comme les cadrans solaires. Son clocher, symbole des tensions religieuses, et ses décors intérieurs (chapiteaux, coupole) en font un témoignage majeur du patrimoine girondin.
La localisation de l’édifice, au sud du bourg de Peujard sur la route départementale D115, en fait un point de repère historique dans le pays Blayais. Son adossement à un ancien prieuré souligne son rôle central dans la vie religieuse et communautaire médiévale, entre culte, défense et organisation seigneuriale. Les comptes de la fabrique, mentionnant des réparations, révèlent une gestion collective de l’édifice par les paroissiens, typique des églises rurales sous l’Ancien Régime.
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