Frise chronologique
1967
Découverte du site
Découverte du site
1967 (≈ 1967)
Fouilles déclenchées par des travaux de sablière.
1967-1974
Campagnes de fouilles
Campagnes de fouilles
1967-1974 (≈ 1971)
Fouilles de sauvetage dirigées par Odouze.
2 février 1981
Classement monument historique
Classement monument historique
2 février 1981 (≈ 1981)
Protection des substructions et de la nécropole.
1992
Construction d'un bâtiment protecteur
Construction d'un bâtiment protecteur
1992 (≈ 1992)
Abritant les vestiges archéologiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Substructions de l'église et nécropole mérovingienne (cad. AC 16) : classement par arrêté du 2 février 1981
Personnages clés
| Jean-Louis Odouze - Archéologue |
Dirigea les fouilles de 1967 à 1974. |
Origine et histoire
L'église paléochrétienne de Chassey-lès-Montbozon, située dans le département de la Haute-Saône en Bourgogne-Franche-Comté, est un édifice religieux daté des VIe et VIIe siècles. Elle fut découverte en 1967 lors de travaux d'extraction de sable, alors qu'une partie des vestiges avait déjà été détruite. Ce bâtiment, utilisé comme centre religieux jusqu'au XIe siècle, était entouré d'une importante nécropole mérovingienne, attestant de son rôle central dans la communauté locale de l'époque. Les fouilles archéologiques ont révélé 165 sarcophages monolithes ou en dalles cimentées, tous pillés mais datés des VIe et VIIe siècles, ainsi qu'un mobilier varié (fibules, armes, céramiques) prouvant une occupation ancienne du site, remontant jusqu'au Néolithique.
L'église, de plan simple, comportait une nef courte de 15 × 10 mètres terminée par une abside semi-circulaire, flanquée ultérieurement de deux pièces asymétriques et d'une chapelle funéraire. Ses fondations légères (0,50 m d'épaisseur) suggèrent des murs en bois renforcés de poteaux, supportant une toiture légère, sans trace de tuiles. Un bassin circulaire de 4 mètres de diamètre, situé au centre de la nef, fut réutilisé comme four à chaux après la démolition partielle de l'édifice. Aujourd’hui, les vestiges, classés monument historique depuis 1981, se trouvent sur un îlot au centre du lac de Bonnal, formé par l'exploitation des sablières, et sont protégés par un bâtiment construit en 1992.
Les campagnes de fouilles, menées entre 1967 et 1974 par Jean-Louis Odouze, ont permis de sauver une partie des vestiges et du mobilier archéologique. Le site, toujours propriété privée, fait l'objet d'une valorisation touristique. Son plan rappelle celui de la première église de Romainmôtier en Suisse, soulignant les liens architecturaux de la période mérovingienne. La nécropole, avec ses sarcophages et ses objets funéraires, témoigne de pratiques religieuses et sociales propres aux communautés rurales de Franche-Comté au début du Moyen Âge.