Frise chronologique
1641
Début de la construction
Début de la construction
1641 (≈ 1641)
Remplacement de l’ancienne église paroissiale.
1686
Achèvement des gros œuvres
Achèvement des gros œuvres
1686 (≈ 1686)
Nef et quatre chapelles latérales terminées.
1752
Érection en collégiale
Érection en collégiale
1752 (≈ 1752)
Bulle papale de Benoît XIV.
1753
Installation du chapitre
Installation du chapitre
1753 (≈ 1753)
Par l’évêque Mathieu de Angelis.
1890
Construction de l’orgue
Construction de l’orgue
1890 (≈ 1890)
Œuvre d’Agati-Tronci et Saladini.
18 mars 2013
Classement MH
Classement MH
18 mars 2013 (≈ 2013)
Protection totale de l’édifice et mobilier.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église en totalité, y compris sa sacristie et son emmarchement, telle qu'elle est délimitée par un liseré rouge sur le plan annexé à l'arrêté (cad. D 261, 262) : classement par arrêté du 18 mars 2013
Personnages clés
| Benoît XIV - Pape |
Érige l’église en collégiale (1752). |
| Mathieu de Angelis - Évêque d’Aléria (1750-1769) |
Installe le chapitre en 1753. |
| Antonio Sicuri - Peintre |
Auteur des peintures monumentales (fin XIXe). |
| Agati-Tronci - Facteur d’orgues (Ville-di-Paraso) |
Conçoit la partie instrumentale (1890). |
| Antone Giuseppe Saladini - Ébéniste (Speloncato) |
Réalise la tribune d’orgue (1890). |
Origine et histoire
L’église paroissiale de l’Annonciation de Corbara, située en Haute-Corse, est une ancienne collégiale catholique construite à partir de 1641. Son chantier initial s’achève en 1686, avec une nef principale et quatre chapelles latérales dédiées à des saints et à la Vierge. L’édifice, de plan allongé, présente un chevet à pans coupés, une façade à pilastres et un clocher surmonté d’un lanternon. À cette époque, l’église abrite déjà une chaire en bois et un bénitier, reflétant son rôle central dans la vie religieuse locale.
Au milieu du XVIIIe siècle, une seconde campagne de travaux transforme l’église : le chœur est réaménagé avec un nouveau maître-autel et des stalles, et l’édifice est érigé en collégiale par le pape Benoît XIV en 1752. Le chapitre, installé en 1753, compte jusqu’à huit chanoines. Les interventions se poursuivent au XIXe siècle, avec des rénovations du chœur (1815), du frontispice (1855), du carrelage (1866), et du clocher (1899). Le peintre Antonio Sicuri décore alors l’abside de peintures monumentales néo-classiques.
Classée aux monuments historiques en 2013 (après une inscription en 1985), l’église conserve un mobilier exceptionnel : un maître-autel en marbres polychromes, une clôture de chœur du XVIIIe siècle, des statues des XVIe et XVIIe siècles, et un orgue baroque de 1890 signé Agati-Tronci et Saladini. Les tableaux d’autel, issus de l’école génoise du XVIIe siècle, et les tissus liturgiques brodés témoignent de son prestige passé. Des restaurations récentes (2006, 2009) ont préservé son architecture et ses décors.
L’édifice remplace une ancienne église paroissiale devenue trop exiguë, située dans le quartier de Villa-di-Mezzo. Son élévation antérieure, scandée de niches abritant les statues de l’Annonciation (Vierge, Colombe du Saint-Esprit, Archange Gabriel), et son fronton ondulé en font un exemple marquant de l’architecture religieuse corse. La sacristie et son emmarchement sont inclus dans la protection au titre des monuments historiques.
Le mobilier classé comprend également un chapier-armoire du XVIe siècle, un lutrin en bois fruitier du XVIIIe siècle, et une chaire en bois sculpté polychrome de 1750. Les fonts baptismaux en bois peint (fin XVIIIe siècle) et les peintures d’Antonio Sicuri complètent cet ensemble artistique. L’orgue, toujours en place, illustre le savoir-faire des facteurs d’orgues locaux, tandis que les vitraux et oculi éclairent une nef voûtée en berceau à lunettes.
Propriété de la commune, l’église de l’Annonciation reste un lieu de culte actif, rattaché au diocèse d’Ajaccio. Son histoire, marquée par des agrandissements et des embellissements successifs, reflète l’évolution des pratiques religieuses et artistiques en Corse, du XVIIe au XIXe siècle. Les archives conservent des traces des visites apostoliques, des bulles papales, et des correspondances des curés, comme celle de 1905 détaillant les travaux du siècle précédent.