Origine et histoire
L'église paroissiale Saint-Léger, située à Saint-Lager, présente une architecture extérieure typique des églises de la région, à l'exception de son clocher hexagonal coiffé d'un dôme, qui apporte une touche d'originalité. Le plan quasi rectangulaire, les bas-côtés peu saillants et les baies cintrées en pierre dorée contrastent avec l'aspect massif du bâtiment. À l'intérieur, l'espace s'organise comme une basilique, avec des piliers carrés délimitant un ancien transept et un chœur semi-circulaire orné de voûtes en palmier. Les décors peints, inspirés de tapisseries et de vitraux, datent en partie du XIXe siècle, bien que des traces de peintures plus anciennes subsistent sous les couches ultérieures. La chaire à prêcher, retirée après Vatican II, a laissé une marque visible, tandis qu'un blason non identifié pourrait être lié aux familles seigneuriales locales, comme les d'Espaux ou les Chardonnay.
L'histoire de Saint-Lager est étroitement liée à ses seigneurs successifs. Au Moyen Âge, le territoire dépend des sires de Beaujeu, puis passe à la famille de Laye à partir de 1285, qui le conserve jusqu'à la fin du XVIe siècle. En 1589, Philibert de Laye lègue la seigneurie aux Chardonnay de Salornay, avant qu'Antoine de Chardonnay ne la perde en 1695 au profit de Gaspard Jourdan, procureur général à Lyon. La Révolution épargne les descendants de Jourdan, devenus de Brosses-de Cuzieu, qui restent propriétaires jusqu'à la mort sans héritier d'Aimé-Eugénie de Cuzieu en 1889. L'église, initialement dédiée à Saint-Clair sous l'archiprêtré de Belleville, est entièrement redécorée en 1856 par l'atelier lyonnais de Giovanni Zacchéo, marquant son aspect actuel.
L'édifice, classé Monument Historique en 2024, illustre les évolutions architecturales et artistiques de la région, des ajouts médiévaux aux transformations du XIXe siècle. Son clocher, construit derrière l'ancien chœur, masque partiellement les baies à remplages d'origine, aujourd'hui représentées en trompe-l'œil sur la voûte. Les décors intérieurs, mêlant motifs religieux et blasons, témoignent des influences successives des familles seigneuriales et des campagnes de restauration. La localisation de l'église, entre place de la Bascule et route des Brouilly, en fait un point central du village, lié à son histoire féodale et viticole, caractéristique du Beaujolais rhodanien.