Frise chronologique
1659
Dédiée à saint Paul
Dédiée à saint Paul
1659 (≈ 1659)
Agrandissement initial de l'église.
1760-1770
Construction et décors
Construction et décors
1760-1770 (≈ 1765)
Travaux dirigés par Frediani, achèvement en 1770.
3 mars 1918
Effondrement du clocher
Effondrement du clocher
3 mars 1918 (≈ 1918)
Clocher original détruit, haut de 57 m.
1929
Reconstruction du clocher
Reconstruction du clocher
1929 (≈ 1929)
Nouveau clocher érigé après l'effondrement.
1931
Baptême des cloches
Baptême des cloches
1931 (≈ 1931)
Trois cloches nommées Sainte-Marie, Saint-Pierre, Saint-Paul.
28 décembre 1984
Classement Monument historique
Classement Monument historique
28 décembre 1984 (≈ 1984)
Protection officielle de l'édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise paroissiale Saint-Pierre-Saint-Paul (cad. G 271) : classement par arrêté du 28 décembre 1984
Personnages clés
| Angelo Frediani - Architecte |
Dirigea les travaux d'agrandissement (1760-1770). |
| Monseigneur Rodié - Évêque d'Ajaccio |
Baptisa les cloches en 1931. |
| Père Bernardinu - Théologien de Casacconi |
Capturé en 1731 lors des révoltes contre Gênes. |
| Napoléon III - Empereur des Français |
Offrit *La Vierge aux raisins* à l'église. |
Origine et histoire
L'église Saint-Pierre-Saint-Paul de Campile, située dans la piève historique de Casacconi en Castagniccia, trouve ses origines au XVIIe siècle. Initialement dédiée à saint Pierre, elle fut agrandie en 1659 pour inclure saint Paul. L'édifice actuel, de style baroque, fut principalement construit entre 1760 et 1770 sous la direction de l'architecte Angelo Frediani de Penta di Casinca. Les décors intérieurs, dont une inscription latine datée de 1770 sur la voûte (« TU ES PETRUS... »), furent achevés cette année-là, marquant l'aboutissement des travaux.
Le clocher original, haut de 57 mètres et considéré comme le plus haut de Corse avec ses quatre étages, s'effondra le 3 mars 1918. Il fut remplacé par l'actuel clocher, construit au début du XXe siècle et surélevé en 1954. Les trois cloches, baptisées en 1931 par l'évêque d'Ajaccio (Sainte-Marie, Saint-Pierre et Saint-Paul), symbolisent l'importance religieuse du lieu. L'église, classée Monument historique en 1984, abrite des œuvres notables comme La Vierge aux raisins, offerte par Napoléon III, et un tableau du XVIe siècle, Le Christ en croix adoré par des apôtres.
L'édifice, de plan en croix latine, comprend une nef centrale voûtée en berceau à lunettes, deux bas-côtés, et un transept aux bras non saillants. La façade baroque, ornée de niches destinées aux statues des saints patrons, reflète l'influence artistique de l'époque. Huit chapelles latérales, dont celles du Rosaire et du Sacré-Cœur, complètent l'ensemble. L'église joua un rôle central dans la vie communautaire, notamment lors des révoltes corses contre Gênes (1729-1769), où la piève de Casacconi fut active.
Le site de Campile, chef-lieu historique de la piève de Casacconi, était un lieu stratégique dans la basse vallée du Golo. La région, marquée par des châtaigneraies couvrant 60 % du territoire, vit son économie et sa démographie façonnées par cette ressource. Les conflits avec Gênes, comme la bataille de Cardo en 1731 où le père Bernardinu de Casacconi fut capturé, illustrent l'implication locale dans les luttes pour l'indépendance. L'église, symbole de résistance et de foi, fut aussi un lieu de rassemblement pendant ces périodes troublées.
Au XIXe siècle, l'édifice subit des modifications, dont la reconstruction du clocher en 1929 après son effondrement. Le monument aux morts, érigé à l'emplacement de l'ancien clocher, commémore les conflits du XXe siècle. Les chapelles latérales, comme celle abritant Saint Nicolas (provenant d'une église détruite par les Génois au XVIe siècle), témoignent des liens entre patrimoine religieux et histoire locale. Aujourd'hui, l'église reste un pilier culturel et spirituel de Campile, classée parmi les Monuments historiques de Haute-Corse.