Frise chronologique
770
Donation du domaine à l'abbaye de Gorze
Donation du domaine à l'abbaye de Gorze
770 (≈ 770)
Angilran, évêque de Metz, offre Varangéville aux moines.
849
Première mention de la *cellula*
Première mention de la *cellula*
849 (≈ 849)
Chartes citent le prieuré de Varangéville.
1057
Révolte contre l’évêque de Toul
Révolte contre l’évêque de Toul
1057 (≈ 1057)
Habitants refusent sa juridiction.
XIIe siècle
Construction de l'église primitive
Construction de l'église primitive
XIIe siècle (≈ 1250)
Portail roman encore visible aujourd’hui.
1528
Achèvement de l’église gothique
Achèvement de l’église gothique
1528 (≈ 1528)
Date gravée sur une clé de voûte.
1603
Union à la primatiale de Nancy
Union à la primatiale de Nancy
1603 (≈ 1603)
Fin de l’autonomie du prieuré.
1907
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1907 (≈ 1907)
Protection de l’édifice et de son mobilier.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise prieurale (ancienne) (cad. AB 148) : classement par arrêté du 27 juillet 1987
Personnages clés
| Angilran - Évêque de Metz (VIIIe siècle) |
Dona le domaine de Varangéville à Gorze. |
| Jean de Lorraine - Prieur (1508-1545) |
Supervisa la construction de l’église gothique. |
| Éric de Lorraine-Chaligny - Évêque de Verdun (XVIIe siècle) |
Fonda le couvent des Capucins à Varangéville. |
| René II de Lorraine - Duc de Lorraine |
Y passa ses troupes en revue en 1477. |
Origine et histoire
L’église prieurale de Varangéville trouve ses origines au VIIIe siècle, lorsque l’évêque de Metz Angilran offrit en 770 un vaste domaine à l’abbaye de Gorze, incluant une seigneurie nommée Chaumont. Ce don permit la fondation d’un prieuré bénédictin, mentionné pour la première fois en 849 sous le nom de cellula de Varangéville. Les moines de Gorze, seigneurs spirituels et temporels, y exercèrent un pouvoir étendu, nommant maires et officiers de justice, et contrôlant les droits fiscaux et seigneuriaux sur Varangéville et ses environs, y compris Saint-Nicolas-de-Port.
Au XIIe siècle, le prieuré connut un essor significatif, marqué par la construction de l’église actuelle, bien que l’édifice gothique tardif visible aujourd’hui date principalement du XVIe siècle, sous le priorat de Jean de Lorraine (1508-1545). L’église, classée Monument Historique en 1907, se distingue par son architecture en église-halle, où les bas-côtés atteignent la hauteur de la nef, et un mobilier exceptionnel : une Mise au Tombeau du XVIe siècle à dix personnages, une Vierge allaitante du XIVe (typique de Lorraine), et des statues comme celle de saint Urbain. Le prieuré, sécularisé en 1572, fut uni à la primatiale de Nancy en 1603, transférant ses privilèges au chapitre canonial.
Le site fut également marqué par des conflits et des révoltes, comme celle des habitants de Varangéville contre l’évêque de Toul en 1057, ou les pillages du Bâtard de Bourbon en 1439. Au XVe siècle, René II de Lorraine y passa ses troupes en revue avant la bataille contre Charles le Téméraire (1477). Le prieuré déclina progressivement, notamment après la Guerre de Trente Ans (1618-1648), où Varangéville, ravagée par les logements de soldats, vit sa population fuir. En 1755, le prieuré fut définitivement réuni à la primatiale de Nancy, mettant fin à son autonomie.
L’église conserve des traces de son passé médiéval, comme le portail de l’église primitive (XIIe siècle), classé en 1987, et des vestiges du couvent des Capucins (XVIIe siècle), fondé par Éric de Lorraine-Chaligny. Ce dernier, ainsi que son neveu François de Lorraine, y furent initialement inhumés avant le transfert de leurs restes à Nancy. Le site abrite aussi une nécropole mérovingienne (VIe-VIIIe siècle), fouillée en 1943, révélant 34 sépultures à caractère potentiellement militaire.
Au XIXe siècle, l’industrialisation marqua Varangéville avec l’exploitation de la mine de sel gemme (à partir de 1855), dernière mine souterraine de France encore en activité. L’église, quant à elle, devint annexe de la paroisse de Saint-Nicolas-de-Port en 1802, après avoir été prieurale et paroissiale. Son patrimoine mobilier, incluant un orgue de 1904 et des verrières classées, témoigne de son importance historique dans la région, entre héritage monastique et vie communautaire lorraine.