Fondation du prieuré 1108 (≈ 1108)
Création par Bertrand de Baslade, évêque de Bazas
Vers 1115
Rattachement à La Sauve-Majeure
Rattachement à La Sauve-Majeure Vers 1115 (≈ 1115)
Le prieuré échut aux moines bénédictins
XIXe siècle
Transformations néo-gothiques
Transformations néo-gothiques XIXe siècle (≈ 1865)
Ajout d'une flèche et voûtement
1874
Destruction du porche roman
Destruction du porche roman 1874 (≈ 1874)
Modification majeure de la façade sud
1er décembre 1908
Classement du portail
Classement du portail 1er décembre 1908 (≈ 1908)
Protection au titre des Monuments Historiques
24 décembre 1925
Inscription de l'église
Inscription de l'église 24 décembre 1925 (≈ 1925)
Protection partielle (hors portail classé)
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le portail : classement par arrêté du 1er décembre 1908 - L'église, à l'exclusion du portail classé : inscription par arrêté du 24 décembre 1925
Personnages clés
Bertrand de Baslade - Évêque de Bazas et fondateur
Créa le prieuré en 1108
Léo Drouyn - Dessinateur et historien (XIXe s.)
Documenta les sculptures avant érosion
Origine et histoire
L'église Saint-Martin de Saint-Martin-de-Sescas, située en Gironde (Nouvelle-Aquitaine), fut fondée en 1108 par Bertrand de Baslade, évêque de Bazas, comme prieuré à double vocation priorale et paroissiale. Vers 1115, elle passa sous la dépendance des moines de l'abbaye de La Sauve-Majeure. Ce monument du XIIe siècle se distingue par son architecture modeste (nef unique, abside semi-circulaire) contrastant avec un décor sculpté d'une richesse exceptionnelle : plus de 500 ornements, dont 130 sujets figurés, ornent portails, chapiteaux et modillons.
Le portail sud, chef-d'œuvre de l'art roman saintongeais, présente cinq voussures sculptées de motifs variés (lièvres, entrelacs, personnages stylisés) et douze chapiteaux historiés. L'iconographie, entièrement profane, dénonce les vices (luxure, gourmandise, vanité) à travers des scènes moralisatrices comme des acrobates diaboliques ou des animaux symboliques. À l'intérieur, le chœur et le sanctuaire abritent dix chapiteaux et une frise sculptée, réservés aux moines, illustrant des mises en garde contre les tentations charnelles.
Classé Monument Historique en 1908 pour son portail (le reste de l'édifice étant inscrit en 1925), le bâtiment subit des modifications majeures au XIXe siècle : ajout d'une flèche néo-gothique, destruction du porche roman en 1874, et voûtement de la nef. Ces transformations, couplées à l'érosion, ont altéré une partie des sculptures, comme en témoignent les différences entre les descriptions de Léo Drouyn (1857) et l'état actuel. Le chrisme préservé dans le mur occidental, seul symbole chrétien explicite, rappelle la vocation religieuse originelle.
Les modillons (50 au total) et les chapiteaux intérieurs révèlent une iconographie dionysiaque, où satyres, hommes invertis et créatures hybrides illustrent les dangers moraux pour le clergé. La rareté d'une église romane à décor exclusivement profane, combinée à la qualité artistique des sculptures, fait de Saint-Martin-de-Sescas un site unique en Aquitaine. Les influences de l'abbaye de La Sauve-Majeure, visible dans le style des chapiteaux, soulignent les liens étroits entre ces deux monuments majeurs du patrimoine girondin.
L'édifice, propriété de la commune, conserve aujourd'hui son clocher du XIXe siècle et ses fenêtres romanes dépourvues de décoration. Les chapiteaux des fenêtres du chœur, ornés de feuilles d'eau et de raisins, rappellent le savoir-faire des artisans du XIIe siècle. Malgré les altérations, l'église reste un témoignage précieux de l'art roman aquitain et des préoccupations morales de l'Église médiévale.
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