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Frise chronologique
XIIe siècle
Première citation de l'église
Première citation de l'église
XIIe siècle (≈ 1250)
Édifice cité pour la première fois.
1687
Introduction du simultaneum
Introduction du simultaneum
1687 (≈ 1687)
Partage catholique-protestant du lieu.
1907-1908
Restauration majeure par Weigend
Restauration majeure par Weigend
1907-1908 (≈ 1908)
Travaux financés par F. Lorenz Falk.
20 septembre 1990
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
20 septembre 1990 (≈ 1990)
Protection de l'édifice et de ses vestiges.
21 décembre 1992
Classement de la cloche de 1552
Classement de la cloche de 1552
21 décembre 1992 (≈ 1992)
Protection au titre des objets.
1996
Classement de l'orgue
Classement de l'orgue
1996 (≈ 1996)
Buffet de Silbermann et instrument Link.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Totalité des vestiges, y compris le sol (cad. 01 31, 33, 34, 39) : inscription par arrêté du 10 septembre 1990
Personnages clés
| Gustave Weigend - Architecte |
Dirigea la restauration de 1907-1908. |
| F. Lorenz Falk - Bienfaiteur |
Finança la restauration du chœur. |
| Jean André Silbermann - Facteur d'orgues |
Auteur du buffet (1747). |
| Frédéric Barberousse - Empereur évoqué |
Représenté dans une verrière historique. |
| Johannes Haüss - Pasteur |
Monument funéraire présent dans l'église. |
Origine et histoire
L'église protestante de Balbronn, située dans le Bas-Rhin, est un édifice dont la chronologie architecturale s'étale principalement entre les XIIe et XVe siècles. Citée dès le XIIe siècle, sa nef rectangulaire et son clocher demi hors-œuvre témoignent de cette période. Le soubassement ouest, attribué par certains à une époque pré-romane (XIe siècle ?), et la tour-clocher datée de la seconde moitié du XIIe siècle, révèlent une construction progressive. Des modifications ultérieures, notamment aux XVe, XVIe et XVIIe siècles, ont marqué son évolution, comme la refonte de la porte de la nef vers 1500.
À partir de 1687, l'introduction du simultaneum (partage du lieu de culte entre catholiques et protestants) a divisé l'espace : le chœur fut réservé aux catholiques, tandis que la nef revenait aux protestants. Ce partage a perduré jusqu'au début du XXe siècle, lorsque les catholiques ont construit leur propre édifice après la suppression du simultaneum. Une restauration majeure, dirigée par l'architecte Gustave Weigend en 1907-1908, a concerné principalement le chœur, financée par F. Lorenz Falk, un bienfaiteur ayant fait fortune aux États-Unis. La dernière restauration date de 1976.
L'église abrite des éléments remarquables, comme une cloche de 1552 classée monument historique, une verrière évoquant l'empereur Frédéric Barberousse, et un orgue dont le buffet, œuvre de Jean André Silbermann (1747), est complété par un instrument des frères Link (1908). Quatre monuments funéraires, dont ceux du pasteur Johannes Haüss et d'Euphrosine von Schauwenburg, ainsi que des objets liturgiques protestants (calice, patène, chaire pastorale) enrichissent son patrimoine. L'édifice, inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis 1990, illustre l'histoire religieuse et architecturale de l'Alsace.
Architecturalement, le temple orienté nord-est présente une nef unique prolongée par un chevet plat. Le clocher, composé de moellons de grès et de pierre de taille, est couronné d'une frise d'arceaux en plein cintre et de baies géminées. Le chœur, voûté d'ogives, est flanqué de chapelles latérales voûtées d'arêtes. Le mur du cimetière fortifié, partiellement conservé, rappelle son rôle défensif passé. Les vitraux, dont celui représentant le Christ glorieux, et les sculptures (tête d'homme en haut relief sur le pilastre sud) soulignent son riche décor.
Le site conserve également des traces de son usage funéraire, avec des pierres tombales découvertes en 1861, comme celle de Hans von Mittelhausen (aujourd'hui perdue). Le coût des restaurations du XIXe siècle, s'élevant à 31 839,52 marks, témoigne de l'investissement consenti pour sa préservation. Aujourd'hui, l'église protestante de Balbronn, propriété mixte (commune et privée), reste un symbole du patrimoine alsacien, mêlant histoire médiévale, réformée et architecturale.