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Église ruinée de Champlieu à Orrouy dans l'Oise

Patrimoine classé Patrimoine religieux Patrimoine carolingien Eglise romane et gothique

Église ruinée de Champlieu

  • Champlieu vers
  • 60129 Orrouy
60320 Bethisy St Pierre, Champlieu vers

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
fin Xe - début XIe siècle
Construction du chœur et transept
1194
Première mention du vocable marial
XIIe siècle (seconde moitié)
Construction de la nef actuelle
XIVe-XVe siècle
Abandon du bas-côté nord
1620
Miracle marial rapporté
début XVIIe siècle
Rattachement aux Bénédictins anglais
1791
Serment constitutionnel du vicaire
1808
Fermeture au culte
1814
Destruction par la foudre
8 mars 1923
Classement monument historique
1977-1978
Fouilles archéologiques de Marc Durand
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Éléanore (comtesse) - Donatrice Mentionne le vocable marial en 1194.
Louis François Castella - Dernier vicaire desservant Prête serment en 1791.
Marc Durand - Archéologue Dirige les fouilles des années 1970.
Abbé Claude Carlier - Historien local Évoque un pèlerinage ancien.
Alfred de Roucy - Archéologue (XIXe siècle) Dirige les premières fouilles (1862-1870).

Origine et histoire de l'Église ruinée de Champlieu

L’église Notre-Dame-de-la-Nativité-et-Saint-Jacques de Champlieu, située à Orrouy dans l’Oise, est une ancienne église paroissiale dont les origines restent obscures. Construite sur un site stratégique, à proximité de la chaussée Brunehaut et d’un chemin de Compostelle, elle remplace un édifice carolingien au moins aussi imposant. Au Moyen Âge, elle dépend de l’abbaye bénédictine Saint-Crespin-le-Grand de Soissons, puis du prieuré Saint-Thibaut de Bazoches avant d’être rattachée, au XVIIe siècle, aux Bénédictins anglais de Paris. Ces derniers relancent le culte marial après un miracle rapporté en 1620, où une jeune fille aurait été sauvée des eaux par une apparition de la Vierge. L’église, dédiée à la Nativité de la Vierge et à saint Jacques, accueille jusqu’à 640 fidèles et sert aussi de lieu de pèlerinage, notamment pour les femmes enceintes et les enfants malades.

L’édifice, partiellement détruit par des incendies et un orage en 1814, est fermé au culte dès 1808 en raison de son état délabré. Classée monument historique en 1923, la ruine conserve des éléments architecturaux majeurs : une nef du XIIe siècle aux arcades brisées, un transept et un chœur préromans (fin Xe-début XIe siècle) voûtés en berceau, et des traces d’un ancien bas-côté nord abandonné entre le XIVe et XVe siècle. Des fouilles archéologiques, menées entre 1862 et 1978, ont révélé un cimetière mérovingien à médiéval ainsi que les fondations d’une église antérieure, dotée d’une abside en hémicycle et de croisillons plus profonds. Ces découvertes suggèrent une occupation continue du site depuis l’époque carolingienne, voire gallo-romaine, liée à la proximité des vestiges antiques de Champlieu.

L’histoire de l’église est marquée par des tensions ecclésiastiques, comme l’usurpation tentative de la cure d’Orrouy par les Bénédictins anglais au XVIIe siècle, ou son déclin progressif après leur départ. Devenue succursale d’Orrouy, elle est desservie par des vicaires jusqu’à la Révolution, période durant laquelle son dernier desservant, Louis François Castella, prête serment à la Constitution civile du clergé. Le prieuré associé, désaffecté avant 1789, disparaît totalement au XIXe siècle. Aujourd’hui, les ruines accessibles permettent d’observer l’évolution architecturale du site, des origines carolingiennes aux remaniements gothiques, ainsi que son rôle central dans la vie religieuse et sociale locale, entre culte paroissial, vie monastique et accueil des pèlerins.

Le site de Champlieu, isolé dans la vallée de l’Automne, conserve aussi les traces d’un village médiéval aujourd’hui disparu, dont ne subsistent qu’une ferme, un colombier et une maison à arcature trilobée, ancienne cure. Les registres paroissiaux, confondus avec ceux d’Orrouy, révèlent une démographie déclinante dès le XVIIe siècle, avec 30 à 58 naissances par décennie. L’abandon du bas-côté nord, réduisant la capacité d’accueil de 640 à 550 places, pourrait être lié à la guerre de Cent Ans ou à des difficultés économiques. Malgré son déclin, l’église reste un témoignage exceptionnel de l’architecture religieuse préromane et romane en Picardie, avec des caractéristiques rares comme son transept-bas carolingien et son chevet plat remanié.

Les fouilles successives, souvent motivées par la proximité du site gallo-romain voisin, se sont concentrées sur le cimetière entourant l’église, sans révéler d’objets liturgiques ou de traces tangibles du pèlerinage marial. Les dernières campagnes, dirigées par Marc Durand dans les années 1970, ont permis de préciser le plan initial de l’édifice, plus vaste que la version actuelle, avec des absidioles latérales et une nef antérieure plus courte. Ces découvertes confirment l’importance historique de Champlieu, lieu de culte ininterrompu depuis le haut Moyen Âge, malgré les lacunes documentaires sur son prieuré et sa fréquentation jacquaire. La ruine, stabilisée par des mesures conservatoires, offre aujourd’hui un aperçu unique des transitions architecturales entre les périodes carolingienne, préromane et gothique en Île-de-France.

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