Frise chronologique
vers 1220
Début des travaux
Début des travaux
vers 1220 (≈ 1220)
Lancement sous la comtesse Mahaut.
1223
Charte d’affranchissement
Charte d’affranchissement
1223 (≈ 1223)
Octroyée par Mahaut aux serfs.
XIVe siècle
Achèvement des travaux
Achèvement des travaux
XIVe siècle (≈ 1450)
Finalisation de l’édifice et galerie.
1862
Classement monument historique
Classement monument historique
1862 (≈ 1862)
Protection par l’État français.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par liste de 1862
Personnages clés
| Mahaut de Nevers - Comtesse de Nevers |
Fondatrice, donatrice de la charte de 1223. |
| Pierre de Courtenay - Père de Mahaut |
Ascendance noble liée au monument. |
Origine et histoire
L'église Saint-Adrien de Mailly-le-Château, édifiée à partir de 1220 sous l'impulsion de la comtesse Mahaut de Nevers (fille de Pierre de Courtenay), incarne un mélange harmonieux de gothique primitif et lancéolé. Sa structure à trois nefs, typique du XIIIe siècle, s’enrichit d’une façade remarquable : un portail encadré de contreforts supportant un pignon triangulaire, surmonté d’une galerie d’arcatures ogivales du début du XIVe. Ces dernières abritent des statues, dont celle de Mahaut, célébrant son rôle dans l’affranchissement des serfs de Mailly par la charte de 1223. À l’intérieur, les travées ogivales et les chapelles latérales (XIVe et Renaissance) témoignent des évolutions architecturales sur deux siècles.
La fondation de l’église est indissociable de Mahaut, décédée en 1257, dont les travaux s’achevèrent au XIVe siècle. Classée monument historique dès 1862, elle conserve un mobilier précieux, comme des stalles du XVIIe siècle, et un tilleul quadricentenaire planté à l’époque de Sully, symbole vivant de son ancrage historique. La comtesse, par son acte d’affranchissement, marqua durablement la communauté locale, faisant de l’église un lieu de mémoire autant que de culte.
L’édifice illustre aussi les dynamiques sociales médiévales : la galerie statuaire, représentant à la fois des serfs et une noble, reflète les tensions et alliances entre classes. Les chapelles latérales, ajoutées postérieurement, soulignent l’évolution des pratiques religieuses et le mécénat local. Aujourd’hui, l’église-relais de l’archidiocèse de Sens-Auxerre reste un témoin majeur du patrimoine bourguignon, alliant art sacré, histoire féodale et architecture innovante pour son époque.