Origine et histoire de l'Église Saint-Agnan
L’église Saint-Aignan de Chartres tire son nom de l’évêque d’Orléans Aignan (Ve siècle), qui y aurait fondé une première église pré-romane, remplacée après plusieurs incendies (XIIe et XIIIe siècles). Devenue paroisse des comtes de Blois et de Chartres, elle fut reconstruite au XIVe siècle en style gothique, comme en témoigne son portail principal, modeste en raison de l’étroitesse des ruelles médiévales. Son chevet s’appuyait sur les remparts du IXe siècle, alors désaffectés.
L’édifice actuel, érigé au début du XVIe siècle, mêle des éléments gothiques flamboyants (piliers, tympans) et des influences Renaissance (colonnettes à l’antique). La crypte, éclairée par des fenêtres donnant sur la rue Saint-Pierre, date de la fin du XVe siècle. Le projet initial prévoyait une voûte pour la nef, jamais réalisée, et des arcs-boutants inachevés subsistent sur les façades. La tourelle latérale, reliée par un escalier en 1541, fut complétée par une galerie en 1625 sous Louis XIII.
Sous la Révolution, l’église devint un bien national, servant tour à tour d’hôpital militaire, de prison, puis de magasin de fourrage, ce qui la sauva de la destruction. Rendue au culte en 1822, elle fut restaurée en 1869 par Émile Boeswillwald, collaborateur de Viollet-le-Duc, qui y ajouta des fresques polychromes romantiques. Depuis 1988, des instruments de mesure surveillent sa structure, fragilisée par des risques de chute de pierres (juillet 2024).
L’intérieur abrite 20 verrières classées, dont des vitraux du XVIe siècle (scènes religieuses, armes de familles donatrices comme les Chaline ou Godeffroy) et des créations des ateliers Lorin (XIXe siècle). La chapelle axiale, dédiée à la Vierge, est encadrée de vitraux de 1857. Six tableaux (XVIe–XVIIe siècles) et un orgue Merklin (XIXe) complètent son mobilier. L’église, rattachée à la paroisse Notre-Dame de Chartres, est desservie depuis 2008 par la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre.