Frise chronologique
Xe siècle
Première église *Ecclésia de Ulma*
Première église *Ecclésia de Ulma*
Xe siècle (≈ 1050)
Édifice initial avant le Xe siècle
1125
Intervention de Louis VI le Gros
Intervention de Louis VI le Gros
1125 (≈ 1125)
Demande infructueuse pour le patronage de l’église
1296
Cession d’une rente épiscopale
Cession d’une rente épiscopale
1296 (≈ 1296)
Hugues d’Arcy cède 6 livres à son chapitre
1591
Procession des mardis de Pâques
Procession des mardis de Pâques
1591 (≈ 1591)
Établie après la délivrance de Lormes
1620
Construction d’une chapelle sud
Construction d’une chapelle sud
1620 (≈ 1620)
Dédiée à saint Nicolas ou la Vierge
1667
Mission célèbre dans l’ancienne église
Mission célèbre dans l’ancienne église
1667 (≈ 1667)
Met fin à des rivalités locales
1658 et 1737
Fonte et refonte de la cloche
Fonte et refonte de la cloche
1658 et 1737 (≈ 1737)
Passe de 1,4 à 2,2 tonnes
7 janvier 1865
Démolition de l’ancienne église
Démolition de l’ancienne église
7 janvier 1865 (≈ 1865)
Prélude à la construction actuelle
1865–1867
Construction de l’église actuelle
Construction de l’église actuelle
1865–1867 (≈ 1866)
Style néo-roman par Paillard et Lutz
8 août 1997
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
8 août 1997 (≈ 1997)
Protection officielle de l’édifice
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. AM 89) : inscription par arrêté du 8 août 1997
Personnages clés
| Louis VI le Gros - Roi de France |
Demanda le patronage de l’église en 1125 |
| Honorius II - Pape |
Instruisit Louis VI pour cette demande |
| Étienne Ier de Baugé - Évêque d’Autun |
Conserva le patronage malgré la demande royale |
| Hugues d’Arcy - Évêque d’Autun (1296) |
Céda une rente sur l’église à son chapitre |
| Gabriel de Roquette - Évêque d’Autun (XVIIe s.) |
Suspendit puis rétablit la procession de Pâques |
| Louis de Mascrany - Comte de Château-Chinon |
Parrain de la cloche de 1737 |
| Gabrielle de Mesgrigny - Dame de Lormes-Châlons |
Marraine de la cloche de 1737 |
| Pierre Boillot - Curé de Lormes (1620) |
Tint les premiers registres paroissiaux |
| Claude Boillot - Curé et official (XVIIe s.) |
Interné pour aliénation mentale en 1670 |
| Jean Bion - Curé (1841–?) |
Initiateur de la construction actuelle |
| Pierre Hyppolyte Paillard - Architecte (Nevers) |
Co-concepteur de l’église néo-romane |
| Lutz - Architecte (Nevers) |
Co-auteur des plans avec Paillard |
| Jean Guillaumet - Sculpteur |
Auteur des chapiteaux bibliques |
| Lucien-Léopold Lobin - Maître-verrier |
Créateur des vitraux des bas-côtés |
Origine et histoire
L’église Saint-Alban de Lormes, construite entre 1865 et 1867, remplace un édifice médiéval du Xe siècle, remanié aux XIIe et XVIe siècles. L’ancienne église, peinte par Corot, fut démolie en 1865 pour laisser place à ce monument néo-roman conçu par les architectes Paillard et Lutz. Elle adopte un plan en croix latine avec trois nefs, un transept de 27,43 m et un clocher de 40 m, abritant trois cloches dont la plus lourde pèse 2 tonnes.
L’intérieur se distingue par ses 12 colonnes aux chapiteaux sculptés représentant des scènes bibliques ou des feuillages, œuvres du sculpteur Jean Guillaumet. Les vitraux, signés Lucien-Léopold Lobin, ornent les bas-côtés et les chapelles absidiales, tandis que 60 fenêtres hautes baignent l’édifice de lumière. Quatre lustres en fer forgé assurent chauffage et éclairage, complétant un mobilier riche : stalles du XVIIe siècle, tableaux copies de Van Dyck et Prud’hon, et statues comme celle de sainte Jeanne d’Arc.
L’église actuelle fut érigée grâce à l’initiative du curé Jean Bion, natif d’Auvergne, qui lança le projet en 1841. Elle fut inscrite aux monuments historiques le 8 août 1997. L’édifice médiéval précédent, transformé en temple de la Raison pendant la Révolution, abritait une confrérie du Corps de Dieu et une procession annuelle des mardis de Pâques, rétablie en 1670 après une suspension par l’évêque Gabriel de Roquette. Une cloche de 1658, refondue en 1737, pesait alors 2,2 tonnes, avec pour parrain le comte de Château-Chinon.
Autour de l’église, une croix monumentale en granite (XIXe siècle) marque l’emplacement de l’ancienne église peinte par Corot, tandis qu’un monument rend hommage aux veuves et orphelins de guerre. Le parvis abrite un canon en fonte du XIXe siècle. Les pierres de taille proviennent de la carrière de la Manse, et les entrepreneurs furent Jacques Rougemont et les frères Desjobert. Les architectes, originaires de Nevers, s’inspirèrent du style néo-roman auvergnat pour ce projet ambitieux.
Le mobilier disparu inclut une chaire en bois du XIXe siècle, dont les panneaux furent réutilisés pour le maître-autel, ainsi que des reliquaires et des croix en bronze doré volés. L’orgue actuel est électronique, remplaçant un instrument historique. Les registres paroissiaux, tenus depuis 1620 par le curé Pierre Boillot, témoignent de la vie religieuse locale, marquée par des conflits comme la suspension de la procession de Pâques ou la folie du curé Claude Boillot, interné en 1670.
L’église symbolise aussi les tensions entre pouvoir épiscopal et communauté : en 1125, Louis VI le Gros demanda en vain à l’évêque d’Autun de céder le patronage de Lormes au prieuré de La Charité-sur-Loire. En 1296, l’évêque Hugues d’Arcy céda une rente sur l’église au chapitre d’Autun. Au XVIIe siècle, les habitants supplièrent l’évêque Gabriel de Roquette d’unir les revenus des oratoires Saint-Pierre et Notre-Dame à ceux de Saint-Alban pour financer un second prêtre, sans succès.