Frise chronologique
Ve siècle
Fondation légendaire
Fondation légendaire
Ve siècle (≈ 550)
Saint Amans, premier évêque de Rodez.
XIIe siècle
Construction romane
Construction romane
XIIe siècle (≈ 1250)
Édifice et cloître bâtis par les bénédictins.
1750
Fermeture pour péril
Fermeture pour péril
1750 (≈ 1750)
Effondrement imminent de la voûte.
1751
Sécularisation
Sécularisation
1751 (≈ 1751)
Indépendance retrouvée après bulle papale.
1757
Décision de reconstruction
Décision de reconstruction
1757 (≈ 1757)
Devis royal approuvé par Boësnier.
1758-1761
Reconstruction
Reconstruction
1758-1761 (≈ 1760)
Style hybride roman-baroque.
1885
Installation de l’orgue
Installation de l’orgue
1885 (≈ 1885)
Œuvre de Théodore Puget (34 jeux).
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Amans : inscription par arrêté du 17 décembre 1943
Personnages clés
| Saint Amans - Premier évêque de Rodez |
Fondateur légendaire, sépulture dans l’église. |
| Jean-Baptiste Boësnier - Ingénieur des Ponts et Chaussées |
Concepteur de la reconstruction (1758-1761). |
| François Cassagnes - Frère capucin |
Superviseur des travaux de reconstruction. |
| Salinier - Peintre |
Auteur de la fresque de la coupole. |
| Théodore Puget - Facteur d’orgues |
Créateur de l’orgue en 1885. |
| François Marty - Vicaire puis archevêque |
Servit à Saint-Amans (1933-1939). |
Origine et histoire
L’église Saint-Amans de Rodez, fondée au XIIe siècle sur la sépulture de saint Amans — premier évêque de Rodez au Ve siècle —, était à la fois église paroissiale du bourg comtal et église conventuelle d’une communauté bénédictine rattachée à l’abbaye Saint-Victor de Marseille. Bien que les archives manquent sur sa construction romane, son rattachement à une abbaye puissante a probablement permis son édification. Des travaux de consolidation eurent lieu aux XVIe et XVIIe siècles, mais en 1750, la rupture d’un tirant métallique menaça la voûte, conduisant à sa fermeture.
En 1751, une bulle papale sécularisa les biens de Saint-Victor, rendant Saint-Amans indépendante. La justice imposa alors aux religieux de financer la restauration du chœur, et aux paroissiens celle de la nef. Cependant, en 1757, l’ingénieur Jean-Baptiste Boësnier conclut à l’impossibilité de sauver l’édifice. Un devis royal fut établi pour sa reconstruction, avec un financement partagé par le roi. Boësnier, archéologue amateur et collaborateur du comte de Caylus, conçut un projet audacieux : conserver un style roman à l’intérieur (avec réemploi de chapiteaux médiévaux) tout en adoptant une façade baroque inspirée de la Contre-Réforme, s’éloignant des modèles « à la grecque » alors en vogue.
La reconstruction s’étala de 1758 à 1761 (ou 1764 selon les sources), utilisant des matériaux locaux comme le grès de Cayssiols ou le tuf de Bozouls. Le frère capucin François Cassagnes supervisa les travaux, tandis que le peintre Salinier décora la coupole d’une fresque. L’église intégra des éléments romans sauvés (chapiteaux sculptés, fresques) et des ajouts baroques, comme le portail à pilastres corinthiens. Au XIXe siècle, elle fut dotée d’un orgue de 34 jeux par la maison Puget (1885). Aujourd’hui, elle conserve sept tapisseries limousines du XVIe siècle illustrant la vie de saint Amans, ainsi que son corps, faisant d’elle un lieu de pèlerinage et de patrimoine majeur en Occitanie.