Frise chronologique
1390
Fondation initiale
Fondation initiale
1390 (≈ 1390)
Chapelle et hôpital fondés par un seigneur lorrain.
1729
Première église paroissiale
Première église paroissiale
1729 (≈ 1729)
Construction modeste sans style marqué.
1849
Projet de reconstruction
Projet de reconstruction
1849 (≈ 1849)
L’église de 1729 jugée vétuste et exiguë.
1857–1860
Construction actuelle
Construction actuelle
1857–1860 (≈ 1859)
Financée par Napoléon III, style néogothique.
1863
Consécration du maître-autel
Consécration du maître-autel
1863 (≈ 1863)
Par Mgr Caverot, évêque de Saint-Dié.
20 juillet 1995
Protection monument historique
Protection monument historique
20 juillet 1995 (≈ 1995)
Inscription à l’inventaire supplémentaire.
2017–2019
Restauration de la toiture
Restauration de la toiture
2017–2019 (≈ 2018)
Financée par des dons associatifs.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. AC 153) : inscription par arrêté du 20 juillet 1995
Personnages clés
| Napoléon III - Empereur et mécène |
Finança la construction et offrit 5 000 francs. |
| Abbé Balland - Initiateur du projet |
Porta la reconstruction de l’église. |
| Léon-Charles Grillot - Architecte |
Conçut les plans, conseillé par Viollet-le-Duc. |
| Eugène Viollet-le-Duc - Architecte consultant |
Influença le style néogothique choisi. |
| Charles Petit - Entrepreneur |
Réalisa les travaux de construction. |
| Nicolas Deschaseaux - Charpentier |
Participe à l’édification de la tour. |
Origine et histoire
L’église Saint-Amé de Plombières-les-Bains, dédiée aussi à saint Blaise, remplace un édifice du XVIIIe siècle jugé vétuste dès 1849. Sa reconstruction (1857–1860) fut impulsée par l’abbé Balland et financée par Napoléon III, qui y contribua personnellement à hauteur de 5 000 francs et acheta des terrains pour 112 640 francs. Le projet initial, confié à l’architecte Léon-Charles Grillot (conseillé par Viollet-le-Duc), opta pour un style gothique du XIVe siècle après l’abandon d’un avant-projet roman. L’emplacement, d’abord contesté, fut fixé sur la rive gauche de l’Augronne après la visite impériale de 1858.
La construction mobilisa l’entrepreneur Charles Petit et le charpentier Nicolas Deschaseaux. La tour, achevée en 1860, culmine à 61 mètres avec une flèche en fonte ornée d’une couronne impériale en hommage à Napoléon III. Le maître-autel fut consacré en 1863 par Mgr Caverot, évêque de Saint-Dié. Les travaux d’ornementation se poursuivirent jusqu’en 1905, incluant la sculpture du portail par Maguin (1864) et l’agrandissement de la tribune d’orgue (1882).
L’édifice, en pierre de grès vosgien et brique, présente un plan basilical à trois vaisseaux, un transept saillant et des voûtes ogivales. Sa fragilité, due à la friabilité de la pierre, nécessite un entretien constant. Classée monument historique en 1995 (après le classement de ses mobiliers en 1982), l’église bénéficia d’une restauration majeure de sa toiture entre 2017 et 2019, financée par des dons.
L’église Saint-Amé s’inscrit dans le diocèse de Saint-Dié et fait partie de la paroisse Notre-Dame-des-Sources, aux côtés des clochers de Ruaux et Bellefontaine. Son histoire reflète les tensions locales lors de sa construction, entre partisans d’un projet ambitieux et détracteurs jugeant les coûts excessifs. Symbole de la vie mondaine sous le Second Empire, elle fut conçue pour accueillir les élites thermales, ses dimensions répondant aux exigences des crinolines.
Son architecture néogothique, inspirée des modèles du XIVe siècle, contraste avec la modestie de l’ancienne chapelle du XVIIIe siècle, elle-même succédant à une fondation seigneuriale lorraine de 1390. L’influence de Viollet-le-Duc, bien que indirecte, transparaît dans le choix des matériaux (grès, brique) et des détails décoratifs (gargouilles, pinacles végétaux).