Frise chronologique
1939
Église jugée vétuste
Église jugée vétuste
1939 (≈ 1939)
Décision de remplacement avant-guerre.
1944
Destruction par bombardements
Destruction par bombardements
1944 (≈ 1944)
Perte totale de l’édifice initial.
1956-1957
Reconstruction par Novarina
Reconstruction par Novarina
1956-1957 (≈ 1957)
Style art minéral et béton armé.
2004
Protection Monument Historique
Protection Monument Historique
2004 (≈ 2004)
Inscription en totalité avec parvis.
2012
Restauration du clocher
Restauration du clocher
2012 (≈ 2012)
Intervention de Patrice Novarina.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église, en totalité, y compris son parvis (cad. B 788) : inscription par arrêté du 6 décembre 2004
Personnages clés
| Maurice Novarina - Architecte |
Concepteur de l’église en 1957. |
| Raoul Ubac - Peintre-verrier |
Auteur des vitraux sous direction. |
| Patrice Novarina - Architecte |
Restauration du clocher en 2012. |
| Elvire Jan - Peintre-verrier |
Vitraux de la sacristie. |
Origine et histoire
L’église Saint-André d’Ézy-sur-Eure, initialement jugée vétuste en 1939, fut détruite par les bombardements de 1944 pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce monument, situé dans le département de l’Eure, était à l’origine implanté dans le quartier de l’île avant d’être reconstruit dans le centre-ville. Sa destruction offrit l’opportunité d’une reconstruction moderne, reflétant les besoins spirituels et architecturaux de l’après-guerre.
La reconstruction de l’église fut confiée en 1956-1957 à l’architecte savoyard Maurice Novarina, figure majeure de l’art minéral. Ce courant se caractérise par l’usage du béton armé et des lignes épurées, inspirées des églises romanes du XIe siècle d’Italie du Nord. Novarina conçut un édifice rectangulaire en pierre, avec un volume unique soutenu par des fermes en tôle pliée, et un intérieur en sapin. Le clocher-campanile carré, typique de son style, fut restauré en 2012 par son fils, Patrice Novarina, également architecte.
Les vitraux, éléments marquants de l’église, furent réalisés par Raoul Ubac sous la direction de Maurice Novarina. La sacristie, reproduisant le plan de l’édifice principal, abrite également des vitraux d’Elvire Jan. Ces collaborations artistiques font de Saint-André un exemple rare d’architecture religieuse de la Reconstruction dans l’Eure. L’église, protégée en totalité (y compris son parvis) depuis 2004, dépend du diocèse d’Évreux et forme la paroisse rurale de Saint-André-Mesnille.
Le choix de Novarina s’inscrit dans une volonté de renouveau liturgique et esthétique, marquant une rupture avec les styles traditionnels. L’usage du béton et des matériaux modernes symbolisait alors l’espoir et la modernité, tout en ancrant l’édifice dans une tradition romane revisitée. Les vitraux abstraits d’Ubac, intégrés à la structure, créent une lumière tamisée propice à la méditation, illustrant l’alliance entre art sacré et innovation.
Aujourd’hui, l’église Saint-André témoigne de l’histoire mouvementée d’Ézy-sur-Eure, entre destruction et renaissance. Classée au titre des Monuments Historiques, elle attire les amateurs d’architecture religieuse du XXe siècle et reste un lieu de culte actif au sein de la communauté locale. Son parvis, inclus dans la protection, souligne son rôle central dans le paysage urbain reconstruit après-guerre.