Frise chronologique
XIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIIe siècle (≈ 1250)
Édification romane : nef, clocher, abside.
1529
Sépulture seigneuriale
Sépulture seigneuriale
1529 (≈ 1529)
Inhumation de Robert de La Rochandry.
1543
Façade Renaissance
Façade Renaissance
1543 (≈ 1543)
Don de Blanche d’Aubeterre pour sa construction.
1793
Menace révolutionnaire
Menace révolutionnaire
1793 (≈ 1793)
Sauvetage par Marguerite Pelletreau.
1909
Classement MH
Classement MH
1909 (≈ 1909)
Clocher et abside protégés.
2000
Inscription MH
Inscription MH
2000 (≈ 2000)
Protection étendue à l’édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Abside ; clocher : classement par arrêté du 15 mars 1909 - Parties non protégées (cad. B 51) : inscription par arrêté du 5 décembre 2000
Personnages clés
| Robert de La Rochandry - Seigneur local |
Inhumé en 1529 devant l’autel. |
| Blanche d’Aubeterre - Bienfaitrice |
Finança la façade en 1543. |
| Marguerite Geneviève Pelletreau - Sauveuse de l’église |
Empêcha sa destruction en 1793. |
Origine et histoire
L’église Saint-André de Clion, située dans le département de la Charente-Maritime en Nouvelle-Aquitaine, est un édifice religieux dont les origines remontent au XIIe siècle. Elle fut agrandie aux XIVe et XVIe siècles, combinant ainsi des éléments architecturaux romans, gothiques et Renaissance. Son plan irrégulier, composé de deux nefs inégales, reflète ces transformations successives. Le clocher quadrangulaire du XIIe siècle, orné de baies géminées, et l’abside semi-circulaire sont classés Monuments historiques depuis 1909, tandis que le reste de l’édifice est inscrit depuis 2000.
L’église servit de sépulture à la famille seigneuriale des La Rochandry : en 1529, Robert de La Rochandry y fut inhumé devant l’autel. Un épisode marquant de son histoire eut lieu en 1793, lors de la Révolution française, lorsqu’une troupe menaça de la détruire. Elle fut sauvée grâce à l’intervention courageuse de Marguerite Geneviève Pelletreau, veuve du notaire Jean-Jacques Landreau de Saint-Paul, qui, malgré son infirmité, protesta avec véhémence contre ces actes de vandalisme, forçant les assaillants à renoncer.
Une inscription murale du XIIe siècle, « A LAVACOLLA », évoque un lieu emblématique du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle en Espagne. Ce toponyme, signifiant « lave couilles » en latin médiéval, désignait un gué où les pèlerins se purifiaaient avant d’entrer dans la ville sainte. Cette référence souligne le rôle de Clion comme étape ou lieu de dévotion sur les routes jacquaires, bien que distant géographiquement de Compostelle.
La façade Renaissance, érigée en 1543 grâce à un don de 30 livres de Blanche d’Aubeterre (veuve du seigneur de Clion), remplace l’originelle et arbore des statuettes mutilées représentant saint Pierre, saint André, le Christ et les évangélistes. À l’intérieur, la nef principale, voûtée d’ogives et de liernes, communique avec la nef latérale (chapelle Notre-Dame) par des arcades ogivales reposant sur des piliers cylindriques. Ces aménagements du XVe et XVIe siècles visaient à agrandir l’édifice pour accueillir davantage de fidèles.
Le chœur, marqué par une travée droite et une abside semi-circulaire dotée de contreforts-colonnes, illustre la transition entre les styles roman et gothique. Le clocher, surélevé et coiffé d’un toit pyramidal en ardoise, domine l’ensemble. Son décor sobre, limité à des colonnettes jumelées, contraste avec la richesse sculpturale de la façade. Ces éléments architecturaux, ainsi que son histoire mouvementée, font de l’église Saint-André un témoignage précieux du patrimoine religieux et seigneurial de la Saintonge.
Enfin, l’édifice incarne aussi les tensions entre préservation et destruction durant les périodes révolutionnaires. L’intervention de Marguerite Pelletreau, figure locale anonyme devenue héroïne malgré son handicap, rappelle l’attachement des communautés à leur patrimoine, même dans les temps troubles. Aujourd’hui, l’église reste un lieu de culte et de mémoire, où se croisent histoire locale, dévotion jacquaire et architecture pluriséculaire.