Origine et histoire de l'Église Saint-André
L'église Saint-André est située rue Royale à Lille, dans le quartier du Vieux-Lille, dans le Nord de la France. La paroisse, attestée depuis le XIIIe siècle et fondée en 1233, avait d'abord son église hors de l'enceinte médiévale, le long de l'ancienne route d'Ypres (actuelle rue Saint-André). Une partie de la paroisse fut intégrée à l'agrandissement de 1670 et l'église resta proche du rempart, entre les actuelles rues Saint-André et du Rempart. L'ancienne église paroissiale, gravement endommagée par des obus lors du siège de 1708, fut détruite en 1784 et le culte transféré dans la chapelle du couvent des Carmes déchaussés. La chapelle des Carmes, convertie en église paroissiale Saint-André en 1795, remplace ainsi l'édifice détruit lorsque la nouvelle église paroissiale projetée ne fut pas réalisée. Les Carmes avaient néanmoins entrepris la construction d'une grande église en faisant appel à l'architecte lillois Thomas-Joseph Gombert; la première pierre fut bénie le 9 août 1701. Les travaux menés de 1701 à 1724 furent interrompus puis repris de 1753 à 1758 sous la direction du neveu de Gombert, François-Joseph Gombert ; le chœur fut achevé en 1755 et le campanile près du chœur édifié en 1756. L'édifice fut consacré le 13 janvier 1758. Fermée le 12 juillet 1794, l'église fut transformée en magasin et en grange avant d'être rendue au culte. Une tour-clocher fut ajoutée en façade en 1887 d'après des plans de l'architecte Louis-Marie Cordonnier ; le modèle en plâtre de cette tour est conservé dans l'église. L'église a été classée monument historique par arrêté du 17 octobre 1949. La façade en pierre de taille calcaire présente deux ordres superposés, ionique et corinthien, et porte deux statues de saint Pierre et saint André sculptées par Jules-Victor Heyde en 1889. La tour-clocher, en brique et pierre couronnée d'un dôme métallique, contraste avec les murs latéraux en brique et la couverture en ardoise. Le plan est allongé, sans transept, et comprend une nef de six travées séparée des bas-côtés par deux rangées de colonnes en pierre d'Ecaussine, un chœur de trois travées et des bas-côtés terminés par une absidiole ; l'édifice mesure 71 mètres de long, 23,5 mètres de large et la voûte atteint 28 mètres de hauteur, la tour-clocher mesurant 50 mètres. Le mobilier comprend de nombreux tableaux, notamment La guérison du paralytique et L'Annonciation d'Arnould de Vuez, L'Adoration des mages et La présentation de l'enfant Jésus au temple d'Otto van Veen, ainsi que des œuvres attribuées à Jacques Van Oost le Jeune, Guillaume Descamps et Franciscus ou Cornelis Norbertus Gysbrechts. Une fresque de Joseph Hussenot, L'extase des saints devant la Sainte Trinité, orne l'extrémité de la voûte en berceau et date de 1853. Le chœur conserve une grille en fer forgé posée en 1844, des vitraux réalisés par Charles Gaudelet d'après des dessins de Joseph Hussenot et des boiseries dues au menuisier Charles Buisine-Rigot et au sculpteur Félix Huidiez. À gauche du chœur, la chapelle de la Sainte-Vierge rappelle l'origine carmélite de l'église ; son retable comporte une grande peinture de Jacques Van Oost le Jeune représentant La remise du scapulaire à saint Simon Stock, surmontée du blason des Carmes, et les lambris portent quatre tableaux d'Alphonse Colas réalisés en 1850. Le buffet du grand orgue, sculpté en 1844 et provenant de l'abbaye de Loos, abrite un instrument de 36 jeux répartis sur trois claviers et un pédalier construit par la manufacture Merklin-Schütze en 1864 ; l'orgue de chœur, construit par la même manufacture en 1855, comporte un clavier et un pédalier. La chaire en chêne, sculptée en 1768 par Jean-Baptiste Danezan, présente un décor en demi-relief figurant notamment l'ange de la Vérité et les Vertus théologales tandis que la rampe de l'escalier illustre allégoriquement la Vérité naturelle et le Triomphe de la Foi. Un reclusoir attribué à Jeanne de Cambry était adossé à l'église, et l'édifice a vu exercer des prêtres tels que Victor Delannoy et son successeur Désiré-Joseph Dennel, ce dernier honoré d'un cénotaphe installé en 1892. Parmi les baptêmes célébrés à Saint-André figurent ceux du général Faidherbe en 1818, du cardinal Liénart en 1884 et du général de Gaulle le 22 novembre 1890; les obsèques nationales du général François de Négrier y furent célébrées en 1848.