Frise chronologique
931
Première mention d'une église
Première mention d'une église
931 (≈ 931)
Église primitive aujourd'hui disparue.
11 juin 1368
Consécration de l'autel Saint-Jean-Baptiste
Consécration de l'autel Saint-Jean-Baptiste
11 juin 1368 (≈ 1368)
Fin de la première campagne de travaux.
1393
Pose de la première pierre du chevet
Pose de la première pierre du chevet
1393 (≈ 1393)
Début de la deuxième campagne de reconstruction.
Fin XVe siècle
Ajout du portail flamboyant
Ajout du portail flamboyant
Fin XVe siècle (≈ 1595)
Modification de l'entrée principale.
XVIIe siècle
Construction du porche nord
Construction du porche nord
XVIIe siècle (≈ 1750)
Extension de l'édifice.
1897-1898
Destruction d'une travée de nef
Destruction d'une travée de nef
1897-1898 (≈ 1898)
Élargissement de la route principale.
27 septembre 1972
Classement monument historique
Classement monument historique
27 septembre 1972 (≈ 1972)
Protection officielle de l'édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. AB 85) : classement par arrêté du 27 septembre 1972
Personnages clés
| Jean Fabri - Évêque |
Consacre l'autel Saint-Jean-Baptiste en 1368. |
| Clément V - Pape |
Mentionne l'église dans une bulle de 1309. |
| Abbé de Sorèze - Subdélégué du pape |
Unit l'église à l'abbaye en 1384. |
Origine et histoire
L'église Saint-André de Montolieu, située dans le département de l'Aude en région Occitanie, est un édifice religieux dont les origines remontent au moins au XIIIe siècle. Les premières mentions d'une église sur ce site datent de 931, mais l'édifice actuel résulte principalement de reconstructions aux XIVe et XVIe siècles, avec des modifications majeures au XIXe siècle. Classée monument historique depuis le 27 septembre 1972, elle conserve des traces de son passé médiéval, comme une chapelle du XIIIe siècle et un chevet pentagonal voûté d'ogives terminées en 1368.
L'architecture de l'église révèle deux campagnes de reconstruction distinctes, visibles dans les arcs diaphragmes et les ogives. La nef, initialement couverte d'une charpente apparente, compte aujourd'hui sept travées après la destruction d'une travée en 1897-1898 pour élargir la route. Le clocher, haut de 38 mètres, est adossé au sud de la nef et abrite un porche voûté, autrefois utilisé comme prison communale. À l'intérieur, la clef de voûte du chevet représente saint Jean-Baptiste, tandis que des statues médiévales de la Vierge à l'Enfant et des peintures anciennes, comme celle de l'Archange Saint-Michel, ornent les murs.
L'histoire de l'église est liée à celle de l'abbaye bénédictine de Montolieu, fondée sur les vestiges des villae romaines Addarii et Sigarii. Une pierre tumulaire incrustée dans le mur méridional porte encore l'inscription Valsiguier, rappelant ce passé antique. Au XIVe siècle, l'église paroissiale fut unie à l'abbaye par l'abbé de Sorèze, et des travaux majeurs furent entrepris, comme l'atteste la pose de la première pierre du chevet en 1393. Le portail flamboyant, ajouté à la fin du XVe siècle, et le porche nord, construit au XVIIe siècle, témoignent des évolutions architecturales ultérieures.
Parmi les éléments remarquables, deux statues de la Vierge à l'Enfant — l'une en bois polychrome au-dessus du porche, l'autre en pierre calcaire récemment restaurée — illustrent le patrimoine artistique de l'édifice. Le maître-autel en marbre et les toiles anciennes, comme celle représentant saint Michel terrassant le démon, ajoutent à la richesse décorative. Malgré les transformations, dont la suppression de la façade occidentale au XIXe siècle, l'église conserve des vestiges de son histoire complexe, comme une pierre inscrite en minuscule gothique du XIVe siècle sur un contrefort du chevet.
La protection de l'édifice en 1972 a permis de préserver ce témoignage architectural et historique. Aujourd'hui, l'église Saint-André reste un lieu de culte et un patrimoine emblématique de Montolieu, reflétant près de mille ans d'histoire religieuse et communautaire en Occitanie. Son clocher dominant le village et ses décors intérieurs en font un site remarquable, à la fois lieu de mémoire et de vie locale.