Frise chronologique
1721
Achèvement de l'église
Achèvement de l'église
1721 (≈ 1721)
Construction sur une chapelle médiévale préexistante.
1857
Fusion communale
Fusion communale
1857 (≈ 1857)
Création de Sant'Andréa-di-Bozio par Arbitro, Rebbia, Piedicorte-di-Bozio.
1863
Décor intérieur
Décor intérieur
1863 (≈ 1863)
Réalisation du décor polychrome actuel.
1993
Inscription MH
Inscription MH
1993 (≈ 1993)
Église inscrite à l'inventaire des Monuments Historiques.
1995 et 2006
Classement d'œuvres
Classement d'œuvres
1995 et 2006 (≈ 2006)
Statue *Christ en croix* (1995) et tableau *La Crucifixion* (2006).
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. A 208) : inscription par arrêté du 23 juin 1993
Personnages clés
| Santis Marc'Antonio - Peintre napolitain |
Auteur de *La Crucifixion* (1661) classée MH. |
| Santos Manfredi - Philanthrope et propriétaire terrien |
Né en 1867 à Sant'Andréa-di-Bozio, actif en Argentine. |
| Charles Thomas - Officier et résistant FFI |
Marié en 1936 dans l'église, fusillé en 1944. |
Origine et histoire
L'église Saint-André de Sant'Andréa-di-Bozio, surnommée la « Cathédrale du Bozio », est une église piévane édifiée à 870 mètres d'altitude, isolée dans une châtaigneraie. Construite sur l'emplacement d'une chapelle médiévale, elle fut achevée en 1721 et restaurée à plusieurs reprises au XIXe siècle. Son décor intérieur, daté de 1863, et son clocher de 37 mètres, visible depuis une grande partie du Bozio et de la région de Corte, en font un monument emblématique de la microrégion. L'édifice abrite deux œuvres classées : un tableau La Crucifixion (1661) signé Santis Marc'Antonio et une statue Christ en croix (XVIe siècle ?).
La commune de Sant'Andréa-di-Bozio, créée en 1857 par la fusion des villages d'Arbitro, Rebbia et Piedicorte-di-Bozio, est située dans l'ancienne piève de Bozio, en Castagniccia. Cette région montagneuse, marquée par une végétation contrastée (maquis, châtaigneraies, chênes verts), a connu un déclin démographique marqué, passant d'une centaine d'élèves dans trois écoles au milieu du XXe siècle à seulement 55 habitants en 2023. L'église, inscrite aux Monuments Historiques en 1993, reste un symbole de l'histoire religieuse et communautaire de cette zone rurale corse.
Le site de Sant'Andréa-di-Bozio est également remarquable pour son patrimoine naturel, intégré au parc naturel régional de Corse et protégé par des arrêtés de biotope, comme celui de Punta Alta (1998). La commune, adhérente à ce parc, préserve un environnement forestier dense, avec des châtaigneraies et des milieux semi-naturels couvrant 100 % de son territoire. L'église, propriété communale, incarne ainsi à la fois le patrimoine architectural, historique et paysager de la Haute-Corse intérieure.
Parmi les personnages liés à la commune, Santos Manfredi (1867–?), né à Sant'Andréa-di-Bozio, fut un philanthrope et grand propriétaire agricole en Argentine. Charles Thomas, officier et résistant français fusillé en 1944, y épousa en 1936 Estelle Ginefri, une habitante du village. Ces figures illustrent les liens entre cette petite commune corse et des destins marquants du XIXe et XXe siècles.
L'église Saint-André, avec son plan en nef unique coupée d'un transept surélevé et son chevet à pignon, reflète une architecture sobre mais monumentale pour la région. Sa façade, rythmée par des pilastres et surmontée d'un fronton triangulaire, ainsi que sa coupole sur pendentifs, témoignent d'une influence baroque adaptée au contexte local. Le bâtiment, couvert de lauze, domine un paysage de collines et de vallons, où les ruisseaux comme celui de Pasquale rappellent des épisodes historiques, telle la victoire de Pascal Paoli sur Marius Emmanuel Matra en 1768.
Aujourd'hui, Sant'Andréa-di-Bozio, classée comme commune rurale à habitat très dispersé, reste attachée à ses traditions, comme en témoigne la fête patronale du 30 novembre, Sant'Andria l'Apostulu. L'église, seul lieu de culte catholique de la commune relevant du diocèse d'Ajaccio, continue de jouer un rôle central dans la vie locale, malgré la désertification progressive de cette partie de la Castagniccia.